Le Zoo

L’auteur : Gin PHILLIPS est l’auteur de 5 romans. Le Zoo est son premier thriller qui sera bientôt adapté au cinéma par Warner Bros. Elle vit à Birmingham en Alabama.

Le Zoo est traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pascale HAAS, édité en France aux éditions Robert Laffont en 2017 et en poche 10/18 en septembre 2018.

Ce livre a obtenu le prix Transfuge du meilleur polar étranger.

Le résumé de l’éditeur : Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de 4 ans, Lincoln, profitent des dernières minutes dans leur coin préféré, à l’écart des visiteurs. Mais quand Joan se décide à pousser gentiment Lincoln vers la sortie, ce qu’elle découvre la force à rebrousser chemin en courant et à s’enfoncer dans le zoo désormais désert, son fils dans les bras. Dans un parc d’attractions transformé en ménagerie mortelle, pendant les 3 plus longues heures de sa vie, Joan va découvrir jusqu’où elle est prête à aller pour sauver Lincoln…

Mon Avis : J’ai lu ce thriller en quelques heures (284 pages) et je suis déçue… Le résumé de la 4ème de couverture m’avait emballé, notamment l’originalité du lieu où se déroule tout le roman : un zoo. Les quelques premières pages sont prometteuses puis … c’est lent… trop lent… il faut attendre la page 180 pour que le rythme s’accélère enfin mais sans pour autant m’avoir vraiment embarquée. Je n’ai pas souhaité lâcher le livre (je n’aime pas ça !) et la curiosité de connaître la fin m’a fait aller jusqu’au bout. Malgré tout j’ai refermé ce thriller en restant sur ma faim. Peu de suspense alors que le sujet et les situations décrites s’y prêtent… Il y avait les ingrédients de base, à mon avis, pour faire une petite bombe. Il va être adapté au cinéma et je suis vraiment curieuse de voir ce que le réalisateur va en faire. Je suis rarement emballée de regarder les adaptations de livres sur petit ou grand écran mais là … à voir… Le résumé pouvait laisser aussi supposer une part de surnaturel dans les événements qui allaient se produire mais il n’en est rien. Je ne suis pas à la recherche de ça dans un thriller, au contraire, mais là elle aurait peut-être été bienvenue. Je ne peux pas en dire plus pour ne pas spoiler l’intrigue mais le fait que l’action se passe dans un zoo n’a finalement pas d’intérêt, les animaux n’ont pas de rôle dans ce livre. Cela aurait pu se passer dans un parc d’attractions, un supermarché ou un centre commercial… Dommage…

Helena

L’auteur : Jérémy FEL est un écrivain français dont le premier roman, Les loups à leur porte, est paru en 2015 (Rivages). Avant la parution de son premier roman, l’auteur était scénariste de courts-métrages. Helena est paru fin août 2018 chez le même éditeur.

Le résumé de l’éditeur : Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, 17 ans, il ne parvient pas à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena…

Mon avis : 732 pages que j’aurais pu dévorer d’une traite si j’en avais eu le temps tellement ce thriller est prenant. Il démarre très fort avec les 5 premières pages, puis il faut attendre un peu plus d’une centaine de pages plus calme, le temps de la mise en place des personnages, leur vie, leur environnement dans l’Amérique profonde. Malgré ce calme apparent le lecteur est dès le départ plongé dans une atmosphère trouble et avancer coûte que coûte dans la lecture est une évidence. Fan de Stephen King, j’y ai retrouvé avec délectation cette atmosphère particulière. Le thème principal est jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Le hasard va faire que les personnages vont se rencontrer et à partir de là tout explose. Les retournements sont surprenants, les victimes deviennent bourreaux, certaines scènes sont très violentes. Wahouuu … Après le drame, si on peut nommer les événements ainsi, le rythme retombe un peu mais l’auteur a créé une telle atmosphère et des personnages tellement instables psychologiquement que le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin. Fin où l’on découvre qui est Helena… Car le titre de chaque chapitre est le prénom de l’un des personnages mais jamais d’Helena… Habile car là encore on se demande tout au long de la lecture mais qui est Helena ? Pourquoi ce titre ?

C’est glauque, c’est morbide mais c’est du grand thriller ! Je le recommande vivement et je suis d’ores et déjà cliente du prochain roman de Jérémy Fel.

Extrait : « Une série de détonations se firent entendre à l’extérieur. Des coups de fusil. Tommy jeta un regard vers l’entrée où l’on voyait, par-delà un espace juste assez large pour qu’il puisse s’y faufiler, les champs de blé déformés par des vaguelettes de chaleur. Il ne bougea plus et tendit l’oreille pour discerner quelque éclat de voix qui trahirait la présence d’étrangers dans les parages. Une fois certain qu’il ne risquait rien, il sortit un couteau de son sac à dos et en caressa la lame avec l’index, ressentant l’envie soudaine, devant tant de netteté, de la lécher pour y laisser l’empreinte de sa salive. Puis, ne parvenant plus à se contenir, il la pressa contre la gorge du chien, qu’il trancha d’un geste sec, le sang qui gicla de la blessure lui éclaboussant les cuisses. Il ne s’était pas attendu à ce qu’il en sorte autant en une seule fois, comme s’il avait été concentré dans la partie supérieure de l’animal. Tommy retira son T-shirt à l’effigie des Royals et le balança un peu plus loin, près de son jean et de ses baskets brunies par la terre. Il était maintenant entièrement nu. C’était ainsi qu’il se sentait le plus à l’aise pour mutiler la chair, et sa mère ne le laisserait plus jamais en paix si elle découvrait des taches de sang sur ses vêtements ».

 

Ambitions assassines

L’auteur : Claire Bauchart est diplômée de Sciences Po et journaliste pour la presse féminine. « Ambitions assassines » a été publié en 2018 aux Editions du Rocher. Elle a également publié en 2014 aux éditions Michalon, la biographie d’une femme de voyou, « Moi, Lilou, hors la loi », un livre d’entretien « Ma mort m’appartient » de Jean-Luc Romero aux éditions Michalon en 2015. et enfin en 2016, « Valsent les jours » chez Grrr… Art Editions.

Merci à Claire Bauchart pour sa confiance, et de m’avoir adressé son roman.

L’histoire : Mélanie Aubant, comédienne prometteuse de 28 ans, meurt brutalement écrasée par la chute d’un projecteur, en plein tournage du prochain long métrage dont elle est la tête d’affiche. Une heure plus tard la nouvelle de sa disparition est relayée par toutes les chaînes d’information. Un retentissement qui sème le trouble dans la campagne de Ghislain Dupuis, pressenti pour remporter l’élection à la Mairie de Paris dix jours plus tard. Simple coïncidence ? Pascaline Elbert, journaliste chargée d’écrire un papier sur l’actrice, va, malgré elle, découvrir un lourd secret susceptible de changer la donne du prochain scrutin.

Mon avis : Contrairement à ce que pourrait laisser supposer la première de couverture avec ce sublime talon aiguille rouge sang et le sous-titre, le sujet est bien une élection politique et non une élection de miss ou autre concours de beauté. Ce roman se lit vite, seulement 160 pages et je l’aurais lu d’une traite si je ne lisais pas plusieurs livres en même temps et si les vacances n’étaient pas terminées… J’ai tout de suite accrochée au personnage de Pascaline, journaliste et maman d’une petite fille, qui a du mal à jongler entre son travail prenant, son enfant et un mari pas très compréhensif, lui-même très pris par son job. Elle fait de son mieux, comme beaucoup de femmes, pour essayer de tout gérer. Elle doit aussi faire face à la rivalité au sein de sa rédaction, la direction du service politique, considéré comme le plus « prestigieux » lui échappe au profit d’un collègue masculin qui lui n’a pas à quitter son boulot pour aller chercher son enfant à la crèche car il est malade ! Bien que j’ai dès le départ deviné le déroulé et la fin possible du roman, j’ai pris un réel plaisir à avancer avec Pascaline dans sa quête de découvrir la vérité. Coulisses d’une campagne politique, adultère, manipulation et fraude électorale sont les ingrédients de ce roman qui m’a fait passer un très bon moment. Le style est fluide, dynamique. Ce qu’il manque ? Plus de suspens, plus de détails, des personnages plus creusés, une intrigue plus étoffée qui emmèneraient le lecteur sur de fausses pistes.

Extrait : « Tous semblaient s’être engouffrés dans une sorte de trou noir, et étaients atteints de paralysie, ce mercredi 10 mars, dans l’espace Jean-Villeroy des Studios de paname. A peine osait-on respirer. Deux jambes longues et fines, dépassaient de l’énorme mas de ferraille. Quelques centimètres carrés de la petite robe printanière portée par la comédienne s’échappaient des débris de l’appareil. Certains des spectateurs de ce sinistre spectacle voyaient déjà ces bouts de tissus se teinter de sang ».