Le Signal

Le Signal est un roman de Maxime CHATTAM, édité aux Editions Albin Michel en octobre 2018. 740 pages.

L’auteur : Maxime CHATTAM est l’un de noms de plume de Maxime DROUOT, il est né en France en 1976. Il a publié plusieurs romans policiers et thrillers. Il est connu pour ses grands cycles de romans, dont La Trilogie du Mal. Il est le spécialiste du genre en France. Maxime CHATTAM fait partie du collectif d’écrivains La Ligue de l’Imaginaire, qui comporte notamment Franck THILLIEZ et Bernard WEBER. Il connaît rapidement le succès. Son premier thriller, Le Cinquième règne, publié en 2003 par les éditions du Masque sous le pseudonyme de Maxime WILLIAMS, remporte le prix Fantastic’Arts du festival de Gérardmer. Le premier volet de sa Trilogie du Mal, L’Âme du Mal, reçoit quant à lui le Grand Prix Sang d’Encre en 2002. Loué par les fans de thriller, il grimpe au sommet des ventes à la sortie de chaque nouveau roman. (Source : site Fnac).

Résumé de l’éditeur : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Mon avis : Il s’agit du premier roman de Maxime CHATTAM que je lis. C’est un auteur très connu, qui a du succès, mais jusqu’à présent je n’ai jamais été attirée, je ne sais pas pourquoi… Trop de fantastique peut-être, ai-je pensé ?  Le Signal m’a tenté après avoir vu un teaser sur le compte Instagram de l’éditeur et lu le résumé. Une fois en librairie, la belle couverture noire et argent et la relecture du résumé…et bien j’ai craqué et je me suis dit « pourquoi pas, je tente ». J’ai littéralement plongé dans ce thriller de plus de 700 pages dès les premières lignes et je l’ai dévoré ce week-end. Je suis fan de Stephen KING et je ne lui ai pas encore trouvé d’équivalent (je n’ai pas tout lu non plus !) mais l’objectif dès le départ était de ne surtout pas comparer. Stephen KING est le maître de l’horreur et de l’épouvante mais je ne suis pas du tout partie avec l’idée que Le Signal serait obligatoirement moins bien. Malgré les quelques clichés que l’on retrouve dans ce thriller j’ai adoré. Le thème de la maison hantée dans une petite ville repliée sur elle-même, la bande de copains ado… classique…  J’ai retrouvé aussi des détails qui m’ont fait penser à plusieurs romans de Stephen KING, je ne sais pas si c’est volontaire de la part de l’auteur… J’imagine que oui. On peut dire que Le Signal « fait le job » ! Je me suis attachée aux personnages, j’ai aimé le style de l’auteur et tout en lisant je visualisais les scènes comme au cinéma, je me suis laissée embarquée totalement dans l’histoire. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas. Le seul bémol, une scène censée être gore m’a fait sourire… et ce n’est en principe pas le but… (une scène dans une baignoire, je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler). En tous cas, Je lirai surement un autre roman, voir plusieurs, de cet auteur, reste à savoir lequel.

Extrait : « Quelque chose attira brusquement l’attention de Duane dans le rétroviseur intérieur. Il ne vit pourtant rien une fois les yeux levés dans sa direction. Qu’avait-il cru percevoir ? Le suivait-on ? Non, c’était impossible, il l’aurait repéré depuis longtemps, et puis rouler sans aucun phare, si rapidement, sur une route dangereuse, ce n’était pas possible… Un filet de sueur froide longea alors sa colonne vertébrale… Ses  pupilles passaient de l’asphalte craquelé devant lui aux rétroviseurs pour s’assurer qu’il n’y avait pas un autre véhicule dans son sillage. Rien. Seulement le vide obscur à trois cent soixante degrés… Puis il sentit de nouveau un mouvement dans le rétroviseur central. Il comprit. Tout son corps se tendit sur son siège. C’était à l’intérieur ! Quelqu’un derrière lui sur la banquette ou dans l’espace qui servait de coffre. »

Mark Zuckerberg, la biographie

Mark Zuckerberg, la biographie de Daniel ICHBIAH est paru en octobre 2018 aux Editions de La Martinière. 322 pages.

L’auteur : Daniel ICHBIAH est écrivain et journaliste français, spécialiste des nouvelles technologies. Il s’agit ici de son troisième ouvrage consacré aux succes stories de la Silicon Valley, après les biographies de références Bill Gates et la saga Microsoft et Les 4 vies de Steve Jobs. Il a également publié un livre sur l’histoire de Google, de la saga des jeux vidéo mais aussi des biographies musicales.

Son site et son blog

Résumé de l’éditeur : A 18 ans, Zuckerberg refuse une offre de Microsoft qui aurait pu le rendre millionnaire, préférant suivre des études à Harvard. A l’université il conçoit Facebook et fait mouche. Devenu milliardaire à 24 ans, il rachète WhatsApp, Instagram… des services utilisés par plus de 2 milliards de personnes ! Troisième fortune mondiale en 2018, il compte parmi les donateurs les plus généreux de la planète. On lui prête même l’ambition de devenir président des Etats-Unis… Une trajectoire supersonique sans équivalent à ce jour. Oui mais… Derrière les professions de foi humanistes – « un monde ouvert et connecté » – et l’altruisme revendiqué de son PDG, que cache vraiment le projet Facebook ? Quel rôle a t-il joué dans l’élection de Donald Trump, l’explosion des fake news ? Que deviennent les données récoltées auprès des utilisateurs ? Zuckerberg se servirait-il de Facebook comme d’un cheval de Troie au cœur de nos démocraties – quand on sait qu’il revendique sans état d’âme  » la domination mondiale ? » Ou tel un Frankenstein du XXIème siècle, a t-il été dépassé par sa créature ?

Mon avis : Férue de nouvelles technologies, j’ai déjà dans ma bibliothèque quelques biographies et livres sur Steve Jobs notamment. Les récits sur le sujet m’intéressent particulièrement et quand j’ai vu celui-ci chez mon libraire, je n’ai pas hésité. Tout d’abord l’auteur est un grand spécialiste de la Silicon Valley et des nouvelles technologies. Pour construire son livre il a recoupé des témoignages de proches, retranscrit les messages privés et les réunions en huis clos et récolté des milliers d’informations, pour délivrer une biographie complète et actualisée. Daniel ICHBIAH fait un portrait du fondateur de Facebook de ses débuts à aujourd’hui et aux révélations Cambridge Analytica. Je l’ai lu en quelques heures avec plaisir. Qui est vraiment Mark Zuckerberg ? Un geek génial qui a été dépassé par ce qu’il a créé ? Un véritable altruiste ? Un requin aux dents longues qui veut réellement dominer le monde ? En refermant ce livre très bien documenté je me suis fait ma propre opinion, plutôt bienveillante sur le personnage. Quelle sera la votre ? Je conseille vivement cette lecture si le sujet vous intéresse et plus globalement les nouvelles technologies, le sujet de la vie privée et de la récupération/vente des données personnelles, les services de renseignement et les réseaux sociaux…

Extraits : « J’ai fait toutes les erreurs que vous pourriez faire. Quand j’ai démarré, j’étais très jeune et inexpérimenté. J’ai commis des erreurs techniques et des erreurs de Business. J’ai embauché les mauvaises personnes. J’ai probablement lancé plus de produits qui ont échoué que la plupart des gens dans leur vie. Mark Zuckerberg, sur CNN, le 22 mars 2018. »

« Nous pensions que Mark allait l’adorer. Or, le jour de la démo, il s’est mis à crier : ‘C’est de la daube ! Recommence tout !’ Il a balancé un verre d’eau sur l’ordinateur de Putnam. » et s’est éclipsé, laissant les programmeurs en état de choc. « 

« Je vais vous décevoir, en dehors du boulot, il ne fait rien d’extraordinaire… Qu’y a-t-il de plus frappant concernant Zuckerberg ? C’est de voir à quel point il mène une vie ordinaire… « 

Concours pour le paradis

Concours pour le paradis, de Clélia RENUCCI, est paru le 22/08/2018 aux Editions Albin Michel.

L’auteur : Clélia RENUCCI, 33 ans,  est doctorante en littérature française et enseignante. Elle vit à New York et il s’agit de son premier roman.

Résumé de l’éditeur : « Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. » Dans le décor de la spectaculaire Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia RENUCCI fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis : J’ai beaucoup vu ce roman sur les réseaux sociaux, dans les médias et j’attendais pour éventuellement le lire. De passage chez mon bouquiniste, je tombe sur un exemplaire d’occasion et je décide de l’acheter, bien que dépourvu de sa belle sur-couverture. J’ai lu les 266 pages en une soirée et je me suis retrouvée plongée dans une période de l’Histoire que je ne connaissais pas, le XVIème siècle de Titien et Véronèse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la Grande salle du Conseil du Palais des Doges à Venise et mon ignorance était totale quant à la genèse de cette toile monumentale qu’est le Paradis de Tintoret. L’auteure nous conte l’histoire de cette œuvre, née à la suite d’un gigantesque incendie qui ravagea le Palais des Doges et notamment une fresque du XIVème siècle, Le couronnement de la Vierge au Paradis. 1577, un concours est lancé afin de réaliser une immense toile pour la salle du Grand Conseil, elle ne sera achevée qu’en 1592. C’est extrêmement bien documenté, Clélia RENUCCI nous conte les rivalités entre Le Tintoret et Véronèse, les deux peintres aux caractères totalement opposés. On est embarqué dans le milieu artistique de l’époque mais aussi politique et c’est aussi l’envers du décor que l’on découvre : mensonges, manipulations, rivalités. Les personnages sont hauts en couleur, le style de l’auteure est moderne, dynamique. Je suis sortie moins ignare de cette lecture, sans m’être ennuyée un seul instant et rien que pour cela je vous le conseille que vous soyez amateur d’Histoire, d’Art ou pas du tout.

Extraits : « Le pape Grégoire XIII en pâlira de jalousie, sa Chapelle Sixtine et son fresquiste Michel-Ange seront relégués au rang de survivance pittoresques… « 

« Demain peut-être saurons-nous lire dans le visage de ses anges rayonnants l’expression de ce que fut Venise. On retrouvera alors dans l’éclat de leurs batailles le talent des artistes qui se sont succédés pour nous inciter tous, un jour, à regarder le Paradis en face. »

La marelle

La marelle, de Samantha BAILLY, est paru le 23 octobre 2018 en version numérique uniquement et en autoédition afin de comparer avec l’édition traditionnelle. Ce qui a suscité des réactions positives mais aussi des insultes de la part de libraires.

L’auteur : Samantha BAILLY, née en 1988, a publié son premier roman a 19 ans, Oraison, salué par le Prix Imaginales des Lycéens en 2011. Détentrice d’un Master en Littérature Comparée et détentrice d’un Master professionnel en édition, elle travaille durant 2 ans dans une entreprise de jeux vidéo en tant que rédactrice. Auteur de romans de Fantasy, de romans contemporains, de contes, de scénarios de mangas et de films, elle navigue entre tous les genres qui interpellent son imaginaire. Son projet majeur est la construction d’une fresque d’ouvrages sur sa génération et son rapport au réel, entamée avec le roman Les Stagiaires (2014), dont les droits ont été cédés au cinéma, qui est suivi des titres À durée déterminée (2017) et Indéterminés (2018) chez JC Lattès.  Elle tente de déchiffrer à travers la fiction les mécanismes qui vont de pair avec ce que l’on nomme « la génération Y ». Aujourd’hui elle vit à Paris et en 2017 elle est élue présidente de la Charte des auteurs  et illustrateurs jeunesse.

Source : http://www.samantha-bailly.com/

Résumé de l’auteur : « J’ai toujours voulu être lue. Trouver un homme qui, comme moi, serait un lecteur averti, qui chercherait à déchiffrer, à lire entre les mots, à traquer les auréoles de poésie qui viennent parfois tacher le monde. Je ne voulais pas l’un de ces flâneurs qui sautent des chapitres, non. J’attendais celui qui prendrait l’histoire dans l’ordre ou le désordre, mais qui saurait recomposer le puzzle. Avant de te rencontrer, j’avais oublié combien j’aimais lire les visages, les peaux, les silences. Et puis je t’ai perdu. Parce que j’avais accepté le jeu. Ce jeu de la marelle, avec toi. » Sarah va bientôt avoir trente ans. Tout lui réussit : un poste prestigieux dans l’univers prisé de la mode, une bande d’amis qui brûle la chandelle par les deux bouts, une vie de couple épanouie. C’est alors qu’un soir, elle tombe sur un livre : Marelle, de Julio Cortazar. Cette trouvaille est un séisme. Ce livre n’est pas n’importe lequel : les pages sont annotées de sa main et de celle d’un homme qu’elle a aimé bien des années plus tôt. Le passé ressurgit sans crier gare, et avec lui, les fantômes d’une passion aussi intense qu’insensée. Elle et lui avaient décidé de jouer à un jeu. Le jeu d’une passion véritable, sans se révéler leurs identités, un jeu qui devait rester en périphérie de leurs existences, ne jamais s’inviter dans la réalité. Bouleversée par ce livre qu’elle est incapable d’oublier, dernière trace de cette passion enfouie, Sarah va se lancer dans une enquête éperdue pour retrouver celui dont elle ignore tout, sinon que de l’aimer l’a marquée d’une brûlure indélébile. Naviguant entre passé et présent, La Marelle est un aller-retour permanent entre la terre du pragmatisme et le ciel des idéaux, où se consument, se refroidissent et reprennent les flammes de toutes les passions, créatives, professionnelles et amoureuses. Un roman qui parle du feu en chacun d’entre nous.

Mon avis : Après la lecture de La tresse et du dernier livre de Baptiste Beaulieu, j’avais envie de légèreté. Je suis le compte de Samantha BAILLY sur Instagram et j’ai pensé que La marelle serait parfait. Et je ne me suis pas trompée ! Ce roman est un bonbon que j’ai dévoré en quelques heures. Un bonbon qui fait du bien ! Une fois de plus je suis sortie de ma zone de confort car ce n’est pas le genre d’histoire qui m’attire. J’avais bien aimé aussi le fait que l’auteure fasse voter les internautes pour le choix de la couverture et j’ai dans ma pile à lire un autre roman, A durer déterminée, que j’envisage de lire aussi entre 2 livres plus sombres. J’ai aimé suivre Sarah, Nathaniel, Clo, Nam et Marion, l’amie Canadienne. Il y a de l’humour et je me suis laissée totalement embarquée.

Toutes les histoires d’amour du monde

Toutes les histoires d’amour du monde, de Baptiste BEAULIEU est paru le 17/10/2018 aux Editions Mazarine. 478 pages.

L’auteur : Baptiste BEAULIEU est romancier et médecin et il est l’auteur de plusieurs best-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le noir »). Alors vous ne serez plus jamais triste (prix Méditerranée des lycéens 2016). La Ballade de l’enfant gris (Grand prix de l’Académie Française de pharmacie). Son blog Alors voilà compte plus de 8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur sur France Inter dans « Grand bien vous fasse ! ».

Le résumé de l’éditeur : Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ? Naviguant entre les grands drames du XXème siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Mon avis : J’ai lu les précédents livres de Baptiste BEAULIEU donc je savais déjà que j’allais retrouver sa belle écriture et que je ne serai pas déçue. Déjà, rien que la première de couverture est magnifique. Commencé hier après-midi, je viens de le refermer et….quel beau livre !! A la lecture du résumé je ne m’attendais pas à être si touchée par cette histoire. Une magnifique bouteille à la mer ! L’auteur a en fait retrouvé il y a 5 ans, 10 ans après la mort de son grand-père, des carnets adressés à une inconnue. Ces carnets renferment le récit d’une vie entière de souvenirs. Les chapitres alternent le passé avec le récit du grand-père et aujourd’hui. Une typographie différente marque également cette alternance. L’intérêt du livre est aussi historique, avec la traversée des époques (Première et deuxième guerre mondiale notamment). C’est au fil des pages que l’émotion grandit pour atteindre son paroxysme dans les derniers chapitres et je le referme les larmes aux yeux en pensant à Anne-Lise. Où êtes-vous ?

Extrait : « Le mystère de votre histoire te revient encore et encore. Tu es éclaboussé de rayons : la robe de la fille, le sourire de la fillette… tout te tasse au fond du siège, comme on casse les os aux défunts pour les emboiter dans la caisse. Tu aurais pu être un grand-père aimant et chaleureux, tu ne seras qu’un homme-cailloux calcifié par les remords, recroquevillé loin des vivants. C’est à cet instant précis que tu es mort de ta vie. »

Modèle vivant

Modèle vivant est paru aux Editions Albin Michel fin août 2018.

L’auteur : Brièvement, Joann SFAR est un auteur de bande dessinée, illustrateur, romancier et réalisateur français. Il est notamment connu pour sa série (BD) Les chats du rabbin, qu’il a ensuite adapté au cinéma. Sa bibliograhie est plutôt dense et je vous invite à consulter le net si vous souhaitez en savoir d’avantage.

Résumé de l’éditeur : C’est l’histoire d’un professeur de dessin qui s’appelle Joan SFAR. La direction des Beaux-Arts le réveille aux aurores afin de régler le problème du harcèlement sexuel à l’école. Rien que ça ?

C’est l’histoire d’une époque qui ne veut plus qu’on la représente. Les modèles se révoltent, vous arrachent les pinceaux des mains et vous disent : je vais le faire moi-même, mon portrait.

Mon avis : 217 pages lues assez rapidement mais j’ai été un peu déçue. Le résumé me semblait intéressant, avec un vrai sujet mais je me suis un peu perdue et j’ai le sentiment que l’auteur l’a survolé. Je n’ai pas accroché au style, qui m’a même parfois agacé. Une sensation aussi de tourner en rond, des répétitions d’un chapitre à l’autre. J’ai tenu à le lire jusqu’au bout car parfois il y avait quelques bonnes analyses, des anecdotes intéressantes, quelques bons mots. Quel regard poser sur un modèle s’il est un homme ou une femme ? Quelles sont les difficultés pour dessiner lorsqu’il y a de l’affect ? Où sont les limites ? L’auteur raconte son quotidien et il y avait vraiment matière à faire un livre sur le sujet ou alors je suis passée à côté…

Extrait : « Elle n’en a pas démordu, prétendant que le vieux Monsieur l’avait regardée. Fixement. Et que de son point de vue, c’était très grave. Je me suis refusé à dire aux modèles nus qu’ils n’ont pas le droit de regarder ceux et celles qui les dessinent. Sinon, à force de vouloir tout aseptiser, on va finir par devoir se résoudre à tuer les modèles, puis à les faire poser dans du formol, pour n’avoir plus rien à leur reprocher. »

La tresse

La tresse, de Laëtitia COLOMBANI est paru aux éditions Grasset en mai 2017 et en poche en 2018. Primé plusieurs fois : Prix Relay des voyageurs lecteurs, Trophée littéraire des Femmes de l’économie, Globe de crystal du meilleur roman.

L’auteur : Laëtitia COLOMBANI est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, A la folie… pas du tout et Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre. La tresse est son premier roman.

Résumé de l’éditeur : Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Inde : Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile : Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada : Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Mon avis : 238 pages lues d’une traite. Ce roman faisait partie de ma pile à lire depuis juillet dernier. Je le voyais partout cet été sur Instagram et les blogs et je n’ai pas souhaité le lire de suite. Les avis étaient tous très positifs, enthousiastes mais je n’étais pas pressée. Je pensais qu’il s’agirait d’une lecture légère et sympathique et là… je me suis pris une claque ! Je ne m’attendais pas du tout à être touchée à ce point par ces trois destins et la fin m’a vraiment émue ! Cette fin que l’on commence à deviner dans les derniers chapitres et que j’ai trouvé incroyable… Je ne veux pas trop en dévoiler mais ces trois femmes sont reliées par leurs cheveux (d’où le titre)… Trois destins de femmes fortes en trois lieux du monde. Un véritable coup de coeur, je conseille vraiment ce roman ! Les chapitres sont courts et alternent l’histoire de Smita, Giulia et Sarah, l’écriture est fluide, je n’ai pas pu lâcher ce roman tant que je ne l’avais pas terminé.

Extrait : « Sarah a toujours été maîtresse de ses choix, des orientations de sa vie, elle était une executive woman comme on dit ici, littéralement une personne jouissant d’une position dominante dans une entreprise ou une compagnie, qui prend des décisions et les fait appliquer. Dorénavant, elle subit. Elle se sent trahie, comme une femme répudiée qu’on renvoie parce qu’elle n’a pas donné ce qu’on attendait d’elle, parce qu’on la juge inapte, insuffisante, stérile. Elle qui a vaincu le plafond de verre se heurte aujourd’hui à ce mur invisible qui sépare le monde des bien-portants de celui des malades, des faibles, des vulnérables, auquel elle appartient désormais. Johnson et ses pairs sont en train de l’enterrer. »

Même les monstres

Même les monstres, de Thierry ILLOUZ, est édité aux Editions L’Iconoclaste et en librairie depuis septembre 2018.

L’auteur : Thierry ILLOUZ est né en Algérie, Avocat, pénaliste, romancier et dramaturge, il est l’auteur de quatre romans, dont La nuit commencera (2014 aux Editions Buchet-Chastel), couronné par le prix littéraire 2015 des Sables d’Olonne (Festival Simenon).

Le résumé de l’éditeur : « Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. »

Il est avocat pénaliste depuis 30 ans. Enfant des cités, sa vocation est née dans son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry ILLOUZ lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre.

Mon avis : 106 pages lues d’une traite. Ce récit est une magnifique réflexion sur la justice, sur l’injustice, un plaidoyer pour le droit à être défendu. Du haut de ses 30 ans d’expérience, mais avec humilité, l’auteur nous livre ce qu’il a vu et vécu dans les tribunaux correctionnels, les bureaux des juges des enfants et de l’application des peines, les prisons… Il raconte cette misère sociale omniprésente, les affaires qui l’ont marqué et pourquoi il défend non pas le crime mais l’homme avec son passé, ce passé qui a amené petit à petit ce dernier à devenir « un monstre ». Défendre c’est comprendre.

Même si l’on est doté d’une bonne dose d’empathie, il est malgré tout difficile, en pensant aux récentes affaires qui concernent des crimes d’enfants d’entendre et de comprendre la démonstration de l’auteur… Le récit est en tous cas très clair, concis et accessible.

Extraits : « Une affaire parmi d’autres. J’ai repris ma course, et cette audience de comparutions immédiates. Pendant mes premières années de barreau, ces audiences me torturaient, elles me hantaient des jours durant. La nuit je refaisais mes plaidoiries, je corrigeais, je reprenais. Les peines prononcées ne me satisfaisaient jamais ; j’aurais voulu obtenir moins, qu’elle que soit la sentence, c’était toujours trop. Je souffrais infiniment, j’espérais à chaque fois que les juges reconnaîtraient l’inutilité de la peine. Elle n’avait pour moi aucune utilité sur l’acte, elle ne le rachetait jamais, elle ne le punissait jamais. »

« Je crois à l’écoute, je crois à l’indulgence. La sévérité ne m’effraie pas mais la violence, oui, celle des hommes et celle des institutions. J’ai appris à circuler dans l’enceinte des tribunaux, mais le poids de leur architecture continue de me peser. Ces édifices vous surplombent, vous en imposent. Ce sont les lieux du jugement et chacun de leur recoins traduit ce pouvoir. Il y a un vocabulaire des espaces que l’on sent en entrant dans une salle des pas perdus, des espaces plus forts que nous. Est-ce bien cela qu’il faut comprendre de la justice, ce plus fort que nous, ce poing qui s’abat ? »

Organigramme

Organigramme, de Jacques PONS est paru aux Editions HUGO THRILLER en septembre 2018.

L’auteur : Jacques PONS est né en 1981, vit à Paris et travaille dans le milieu de la mode. Il s’agit de son premier roman. Coup de cœur RTL 2018.

Le résumé de l’éditeur : Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion Week, ce ne sont pas les mannequins mais les cadavres qui défilent… L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous… Dans ce milieu hostile ou tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Lagneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ? Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

Mon avis : J’ai acheté ce livre suite à la lecture de la 4ème de couverture. Un thriller dans le milieu de l’entreprise, je me suis dit que c’était plutôt original. L’action se passe au départ au Maroc lors du séminaire puis à Paris et Région parisienne. Je n’ai pas lu les 380 pages d’une traite par manque de temps mais j’ai apprécié cette lecture. C’est bien écrit mais j’ai trouvé que par moment cela manquait de dynamisme, notamment vers le milieu du roman. Je n’ai cependant pas eu le temps de m’ennuyer car le rythme repart. Il y a du suspens et j’avais quand même hâte d’avancer pour connaître enfin l’instigateur de ces crimes. Une fois le livre refermé je reste cependant un peu sur ma faim. Il manque, à mon sens, un peu plus de tension et je ne me suis pas spécialement attachée aux personnages. Il s’agit d’une entreprise du milieu de la mode mais l’intrigue pourrait se dérouler dans n’importe quel autre secteur car le sujet  principal n’est pas la. Il s’agit d’un premier roman cependant prometteur et ce que l’on en retient c’est le thème de la souffrance au travail car c’est aussi une critique du monde du travail.

Extrait : « Ils n’ont plus leur téléphone. Coupés du monde par la vanité d’une poignée de dirigeants qui jouent aux héros. Une fois tout le monde à l’intérieur, il me sera facile de subtiliser la télécommande de verrouillage de la salle. Angelo, ce saltimbanque du leadership, prononcera le discours de sa vie. Grisé par l’attention dévote que lui offrira son auditoire terrorisé, il ne remarquera pas mon geste en direction de sa poche quand je l’aiderai avec déférence à retirer sa veste. »

364 jours pour t’oublier

Les auteures : Audrey KEYSERS est diplômée d’un DESS Management des Services Publics de l’IEP de Bordeaux et d’un DEA Services de l’information et de la Communication. Elle est actuellement secrétaire générale adjointe d’une mission interministérielle dans les services du Premier Ministre. Elle a publié en 2012 Football féminin. La femme est l’avenir du foot aux éditions du Bord de l’eau et 3 ans et 9 mois chez Max Milo en janvier 2017.

Sandra SITBON est diplômée d’HEC et a occupé différents postes au sein de BNP Paribas, dont plus de 10 ans au sein d’équipes spécialisées sur le secteur des médias et télécom. Elle est actuellement responsable du développement au sein d’une PME innovante. C’est son premier roman.

Ce roman m’a été envoyé par Audrey KEYSERS et je l’en remercie !

Résumé :  Sandra est une jeune trentenaire parisienne, est assistante juridique dans un cabinet d’avocats. Elle partage sa vie avec Jean-Sébastien, un homme ombrageux au douloureux passé, qui est aussi le frère de sa cheffe. Un célèbre photographe débarque au cabinet pour attaquer un magazine et défendre les droits de ses photos. Sandra va tomber sous son charme mais une relation très particulière va se mettre en place…

Mon avis : Je suivais le compte Instagram d’Audrey KEYSERS qui m’a proposé de m’envoyer son roman. Le thème « romance » n’est pas ma tasse thé mais je suis curieuse et ouverte. La lecture du résumé de la 4ème de couverture, qui à mon sens en dit trop, a cependant suscité mon intérêt. L’écriture est fluide et le roman se lit rapidement (un peu plus de 200 pages). Il s’agit d’une histoire d’adultère et au départ je me suis dit « pourvu que les auteures ne tombent pas dans les clichés, je vais m’ennuyer ». Et bonne surprise, la relation qui se met en place entre Sandra et Raphaël est plutôt originale. Le mari, Jean-Sébastien apparaît peu sympathique même si le drame terrible qu’il a vécut (et dont on apprend les détails vers la fin du livre) peut excuser son attitude. Sandra manque de confiance en elle, dans son couple mais aussi dans son travail. C’est elle qui est pourtant l’instigatrice de la fréquence particulière des rendez-vous avec son amant. La fin est bienveillante pour Sandra mais laisse la porte ouverte vers une suite peut-être ?