Même les monstres

Même les monstres, de Thierry ILLOUZ, est édité aux Editions L’Iconoclaste et en librairie depuis septembre 2018.

L’auteur : Thierry ILLOUZ est né en Algérie, Avocat, pénaliste, romancier et dramaturge, il est l’auteur de quatre romans, dont La nuit commencera (2014 aux Editions Buchet-Chastel), couronné par le prix littéraire 2015 des Sables d’Olonne (Festival Simenon).

Le résumé de l’éditeur : « Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. »

Il est avocat pénaliste depuis 30 ans. Enfant des cités, sa vocation est née dans son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry ILLOUZ lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre.

Mon avis : 106 pages lues d’une traite. Ce récit est une magnifique réflexion sur la justice, sur l’injustice, un plaidoyer pour le droit à être défendu. Du haut de ses 30 ans d’expérience, mais avec humilité, l’auteur nous livre ce qu’il a vu et vécu dans les tribunaux correctionnels, les bureaux des juges des enfants et de l’application des peines, les prisons… Il raconte cette misère sociale omniprésente, les affaires qui l’ont marqué et pourquoi il défend non pas le crime mais l’homme avec son passé, ce passé qui a amené petit à petit ce dernier à devenir « un monstre ». Défendre c’est comprendre.

Même si l’on est doté d’une bonne dose d’empathie, il est malgré tout difficile, en pensant aux récentes affaires qui concernent des crimes d’enfants d’entendre et de comprendre la démonstration de l’auteur… Le récit est en tous cas très clair, concis et accessible.

Extraits : « Une affaire parmi d’autres. J’ai repris ma course, et cette audience de comparutions immédiates. Pendant mes premières années de barreau, ces audiences me torturaient, elles me hantaient des jours durant. La nuit je refaisais mes plaidoiries, je corrigeais, je reprenais. Les peines prononcées ne me satisfaisaient jamais ; j’aurais voulu obtenir moins, qu’elle que soit la sentence, c’était toujours trop. Je souffrais infiniment, j’espérais à chaque fois que les juges reconnaîtraient l’inutilité de la peine. Elle n’avait pour moi aucune utilité sur l’acte, elle ne le rachetait jamais, elle ne le punissait jamais. »

« Je crois à l’écoute, je crois à l’indulgence. La sévérité ne m’effraie pas mais la violence, oui, celle des hommes et celle des institutions. J’ai appris à circuler dans l’enceinte des tribunaux, mais le poids de leur architecture continue de me peser. Ces édifices vous surplombent, vous en imposent. Ce sont les lieux du jugement et chacun de leur recoins traduit ce pouvoir. Il y a un vocabulaire des espaces que l’on sent en entrant dans une salle des pas perdus, des espaces plus forts que nous. Est-ce bien cela qu’il faut comprendre de la justice, ce plus fort que nous, ce poing qui s’abat ? »


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