L’Outsider

L’Outsider est un roman policier d’horreur de Stephen KING paru aux Editions Albin Michel en février 2019. 570 pages.

Parfois, le mal prend le visage du bien. Le corps martyrisé d’un garçon de 11 ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent. Et si c’était vrai ?

Fan inconditionnelle de Stephen King, il était évident que j’achète le dernier roman traduit en français. Je l’ai dévoré ! Stephen King est vraiment le surdoué du genre et excelle, à mon sens, autant dans le polar que dans le thriller fantastique. L’Outsider nous plonge dès les premières pages dans le vif du sujet et de l’action et ensuite impossible de poser le livre. J’ai dû quand même m’y résoudre, vie de famille, boulot et vie sociale obligent… Le roman se découpe en deux phases : une première phase où l’on est dans du roman policier pur avec la découverte du crime horrible et l’enquête, puis on bascule dans le thriller fantastique. J’avais moins aimé les dernières romans : Docteur Sleep et Revival mais j’avais adoré sa trilogie Mr. Mercedes, Carnets noirs et Fin de ronde. On retrouve d’ailleurs le personnage d’Holly Gibney. Je referme donc ce livre et… vivement le suivant !

Extraits : « Samuels déballa son hamburger et souleva délicatement le petit pain pour regarder à l’intérieur – Oh, bon sang ! On dirait un prélèvement effectué par un médecin légiste sur un grand brûlé – Ce qui ne l’empêcha pas de mordre dedans. »

« La réalité est une fine couche de glace, mais la plupart des gens patinent dessus toute leur vie sans passer à travers, sauf à la toute fin. »

Le verdict

Le verdict, de Nick STONE, est un polar publié en novembre 2018 aux Editions Gallimard série noire. 710 pages.

Nick STONE est né à Cambridge en 1966 et vit aujourd’hui à Londres. Arès Tonton clarinette (2006), Voodoo Land (2007) et Cuba Libre (2011), Le verdict est son quatrième roman. Il a reçu le Prix SNCF du polar 2009 pour Tonton Clarinette.

Après une jeunesse pour le moins erratique, Terry Flint s’est marié, a eu deux enfants et occupe depuis quelques mois la fonction de greffier chez KRP, un important cabinet d’avocats. L’associée chargée des affaires pénales le désigne pour la seconder dans un procès qui promet d’être retentissant. Vernon James, tout juste élu « personnalité éthique » de l’année, est accusé d’avoir assassiné une jeune femme dans la suite de l’hôtel qu’il occupait après la remise de son prix. Mais ce que l’avocate ignore, c’est que par le passé Vernon a anéanti l’existence de Terry, dont il était pourtant le meilleur ami. Pour ne pas perdre son travail, Terry décide de ne rien dire. Mais sera-t-il capable de remplir sa mission sans se laisser submerger par son ressentiment ? Fera-t-il vraiment tout ce qui est en son pouvoir pour prouver l’innocence de leur client ?

Cette brique de 710 pages m’a tout de suite attirée par sa couverture dans le rayon Polars/thrillers de la librairie avec ce rouge sombre et cette perruque vu de dos. J’ai plongé directement et avec plaisir dans les arcanes de la justice britannique. L’intrigue est bonne car l’auteur nous conte l’enquête et le procès et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Je tournais les pages avec l’envie de connaître la suite. Il y a de nombreux rebondissements et le personnage de Terry est attachant. Le fait que l’accusé soit son ex-meilleur ami donne beaucoup d’intérêt à l’intrigue et au fait que le livre se dévore. Il ne faut pas se laisser impressionné par le volume du livre, les amateurs du genre aimeront, mais je conseille aussi cette lecture à ceux qui ne seraient pas tenté ou effrayé par le nombre de pages. A aucun moment je ne me suis perdue et je n’ai pas trouvé de longueur. Seul bémol, la fin un peu surprenante (mais en même temps c’est toujours mieux que de s’y attendre…) et peut-être un peu rapide dans ses conclusions mais avec déjà 710 pages déroulées… ce n’est pas si gênant !

L’ogre des Ardennes

L’ogre des Ardennes, les derniers secrets de Michel Fourniret est un livre de Stéphane Bourgoin paru aux Editions Grasset en novembre 2018. 288 pages.

L’auteur : Stéphane Bourgoin est un écrivain et libraire français né le 14 mars 1953 à Paris, spécialisé dans la criminologie et le roman policier.
Son intérêt pour les tueurs en série date de 1976, quand sa compagne est violée puis tuée par un criminel de ce type. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages publiés depuis 1983, dont la moitié traite du phénomène des tueurs en série. Ses enquêtes ont commencé vers 1979, depuis il a interrogé plus de 70 serial killers sur différents continents. Stéphane Bourgoin enseigne pendant plus de 12 ans à l’école de la Gendarmerie nationale à Fontainebleau. Il est aussi membre fondateur de l’association Victimes en Série (ViES). Son livre le plus connu est Serial Killers-Enquête sur les tueurs en série, publié par Grasset en 1991, livre traduit dans une quinzaine de langues. Dans le domaine du roman policier, il a dirigé plusieurs collections (Supercops, Super Poche, Série 33 ) et deux cent anthologies de nouvelles policières, fantastiques et de sciences fiction dont deux remportèrent le Trophée 813 du meilleur recueil de nouvelles de l’année, en 1982 et 1983.
En 1989, son ouvrage Polar : mode d’emploi remporte le prix Maurice Renault. Il a également beaucoup travaillé pour la télévision. Il réalise sa première émission pour France 3 consacrée aux tueurs en série Serial Killers : enquête sur une déviance en 1991. Depuis, il participe à de nombreux reportages pour TF1, Canal plus, Arte, M6, 13ème rue, W9, France 5, Téva, etc. En 2006, le magazine Envoyé spécial lui consacre un portrait. En 2010, la chaîne Planète commence la diffusion de la série Serial Killers, Stéphane Bourgoin enquête composée de quatre documentaires de 52 minutes. (Source : Fnac, Evene).

Le résumé : Pendant des années, il a agi en toute impunité. Depuis sa première condamnation en 1966, à l’âge de 24 ans, jusqu’à son arrestation en 2003, Michel Fourniret a laissé 11 victimes dans sillage meurtrier. Un prédateur sexuel qui a su profiter, durant presque 40 ans, du manque de communication entre les différents services de police et des failles du système judiciaire. A l’une de ses victimes en 2003, Michel Fourniret affirme  : « Je suis pire que Dutroux ». En mai 2008, il écope d’une réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour sept assassinats, viols et enlèvements. Son épouse et complice Monique Olivier est aussi condamnée à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans. En février 2018, « l’ogre des Ardennes » reconnait les assassinats de Marie-Angèle Domece et de Joanna Parrish, tuées en 1998 et 1990, pour lesquels il doit encore passer en jugement. En novembre 2018, il est jugé pour le meurtre de Farida Hamiche, commis le 12 avril 1988, pour s’emparer du trésor du « Gang des postiches ». Mais le passé criminel de Fourniret recèle encore beaucoup de zones d’ombre, notamment entre 1990 et 2000.
Ce livre-témoignage retrace le terrible parcours du couple Fourniret-Olivier, mais il donne aussi la parole aux victimes et à leurs proches, aux enquêteurs, aux magistrats et avocats parties prenantes dans la traque d’un des pires tueurs en série ayant sévi en France et en Belgique.

Mon avis : Il s’agit d’un livre témoignage très bien construit avec trois grandes parties. La première est constituée de paroles de victimes, la seconde de paroles d’enquêteurs et la troisième de paroles d’experts. En annexe, le test de Rosenzweig exécuté par Michel Fourniret puis Monique Olivier. Le test de frustation PF de Rosenzweig utilise comme matériel des dessins de bandes dessinées que le candidat doit compléter en fonction de la réponse qu’il jugera la plus appropriée par rapport à une situation conflictuelle et la lecture des deux tests est assez révélatrice de la personnalité de ces deux monstres. C’est donc un document très complet que nous livre l’auteur sur ce couple infernal. Stéphane Bourgoin s’est entouré de Jean-Luc Ployé, le psychiatre en charge du couple, de Maître Gérard Chemla, avocat des parties civiles, de la famille Leroy, victime de Michel Fourniret, et des journalistes Philippe Dufresne et Mathieu Livoreil, qui ont suivi l’affaire pour le quotidien L’Union-L’Ardennais.

Note de l’auteur : « Ecrire, tourner des reportages et participer à des conférences sur les tueurs en série me permet d’évacuer et de mettre toute cette noirceur à distance. Avec Michel Fourniret et Monique Olivier, je n’y suis pas parvenu… ».

Summer

Summer est un roman de Monica SABOLO, paru en 2017 aux Editions JC Lattès puis aux Editions Le livre de poche en janvier 2019. 283 pages pour l’édition poche.

L’auteure : Monica SABOLO est une romancière française née à Milan en Italie. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle est journaliste et a travaillé pour Elle, 20 ans et Voici. Elle a reçu le Prix de Flore en 2013 pour Tout cela n’a rien à voir avec moi et le Grand Prix de la SGDL en 2015 pour Crans-Montana (Sources : Babelio et Éditions JC Lattès).

Résumé : Lors d’un pique-nique au bord du Lac Léman, Summer Wassner, 19 ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet, Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

Mon avis : J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de poche 2019 pour la sélection du mois de février. Je l’ai lu d’une traite car l’écriture est vraiment très belle, poétique et donc fluide. Malheureusement je n’ai pas été sensible au récit. Le personnage de Benjamin n’a jamais réussi à m’émouvoir malgré ses tourments. La fin ne m’a pas surprise, je m’y attendais. Il est par contre indéniable que Monica SABOLO a un réel talent pour décrire cette famille pleine de secrets et de mensonges dans une atmosphère particulière entre thriller et poésie.

Extrait : « J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terres jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée. »

Gabriële

Gabriële est un récit d’Anne et Claire BEREST, paru aux Editions Stock en 2017 et en janvier 2019 aux Editions Le Livre de poche. J’ai reçu ce livre dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019 catégorie Littérature. 445 pages pour la version poche.

Les auteures : Anne et Claire BEREST sont deux sœurs romancières et arrières petites filles de Gabriële Buffet-Picabia. Avant de devenir écrivain, Anne BEREST a dirigé la revue du théâtre du Rond-Point. Elle publie son premier roman en 2010, La fille de son père. Suivent Les Patriarches (Grasset, 2012), Sagan 1954 (Stock, 2014) et Recherche femme parfaite (Grasset, 2015). Claire BEREST publie son premier roman, Mikado, à 27 ans et a été professeur de français. Suivront deux autres romans : L’Orchestre vide (Stock, 2012) et Bellevue (Stock, 2016) et deux essais : La lutte des classes. Pourquoi j’ai démissionné de l’Education Nationale (Léo Scherr, 2012) et Enfants perdus, enquête à la brigade des mineurs (Plein jour, 2014 et Pocket, 2015).

Le résumé : Septembre 1908. Gabriële Buffet, une jeune femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, un peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient la « femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Etival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début du XXème siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.

Mon avis : Gabriële est une lecture que je n’aurais sans doute pas découverte si je ne n’avais pas fait partie des membres du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019. Ecrit à quatre mains par les arrières petites filles de Gabriële Buffet-Picabia, ce récit fut une belle surprise. J’ai aimé la plongée dans les années 1900 et dans le monde de l’Art de cette époque et j’ai beaucoup appris car le travail de recherche et de documentation est très poussé. C’est aussi ce qui me plait dans une lecture, apprendre ! Le récit est agrémenté de quelques photos de Gabriële et Francis et les commentaires des deux auteures en fin de chapitre sur leurs impressions, leurs échanges de souvenirs contribuent au plaisir que j’ai eu à la lecture. Le personnage de Gabriële est détonnant pour son époque : passionnée de musique c’est une femme libre, indépendante, qui ne vit que pour elle jusqu’à la rencontre avec Picabia qu’elle va aimer de façon inconditionnelle et qu’elle va inspirer ainsi que d’autres artistes de ce siècle (Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire). Plusieurs fois mère, elle semble peu enclin aux sentiments maternels. Le lecteur découvre une époque riche au niveau artistique et une femme dont l’Histoire (avec un grand H) parle peu et décédée à plus de 104 ans. J’ai découvert également l’œuvre de Francis Picabia à travers ce livre et je suis allée la découvrir sur Internet : https://www.picabia.com/

Extraits : « Mais comment pourrait-elle comprendre que Gabriële n’a que faire de l’homme, elle n’est là que pour l’artiste. Elle le lui laisse, l’embarras d’un mari ! Elle ne garde que l’esprit. »

« L’astringent goût du bizarre se pose déjà sur les lèvres de l’enfant, et toute sa vie elle signera de ce prénom, mais en variant les écritures, Gabriële, Gabrièle ou Gabrielle. Elle ne se soumettra à aucune loi, pas même celle de l’orthographe. »

« Francis Picabia la réalise en juin 1909, au retour de son voyage de noces en Espagne. Pour la première fois, un peintre peint quelque chose qui ne représente RIEN. Avant Picasso. Avant Kandinsky. »