L’ogre des Ardennes

L’ogre des Ardennes, les derniers secrets de Michel Fourniret est un livre de Stéphane Bourgoin paru aux Editions Grasset en novembre 2018. 288 pages.

L’auteur : Stéphane Bourgoin est un écrivain et libraire français né le 14 mars 1953 à Paris, spécialisé dans la criminologie et le roman policier.
Son intérêt pour les tueurs en série date de 1976, quand sa compagne est violée puis tuée par un criminel de ce type. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages publiés depuis 1983, dont la moitié traite du phénomène des tueurs en série. Ses enquêtes ont commencé vers 1979, depuis il a interrogé plus de 70 serial killers sur différents continents. Stéphane Bourgoin enseigne pendant plus de 12 ans à l’école de la Gendarmerie nationale à Fontainebleau. Il est aussi membre fondateur de l’association Victimes en Série (ViES). Son livre le plus connu est Serial Killers-Enquête sur les tueurs en série, publié par Grasset en 1991, livre traduit dans une quinzaine de langues. Dans le domaine du roman policier, il a dirigé plusieurs collections (Supercops, Super Poche, Série 33 ) et deux cent anthologies de nouvelles policières, fantastiques et de sciences fiction dont deux remportèrent le Trophée 813 du meilleur recueil de nouvelles de l’année, en 1982 et 1983.
En 1989, son ouvrage Polar : mode d’emploi remporte le prix Maurice Renault. Il a également beaucoup travaillé pour la télévision. Il réalise sa première émission pour France 3 consacrée aux tueurs en série Serial Killers : enquête sur une déviance en 1991. Depuis, il participe à de nombreux reportages pour TF1, Canal plus, Arte, M6, 13ème rue, W9, France 5, Téva, etc. En 2006, le magazine Envoyé spécial lui consacre un portrait. En 2010, la chaîne Planète commence la diffusion de la série Serial Killers, Stéphane Bourgoin enquête composée de quatre documentaires de 52 minutes. (Source : Fnac, Evene).

Le résumé : Pendant des années, il a agi en toute impunité. Depuis sa première condamnation en 1966, à l’âge de 24 ans, jusqu’à son arrestation en 2003, Michel Fourniret a laissé 11 victimes dans sillage meurtrier. Un prédateur sexuel qui a su profiter, durant presque 40 ans, du manque de communication entre les différents services de police et des failles du système judiciaire. A l’une de ses victimes en 2003, Michel Fourniret affirme  : « Je suis pire que Dutroux ». En mai 2008, il écope d’une réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour sept assassinats, viols et enlèvements. Son épouse et complice Monique Olivier est aussi condamnée à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans. En février 2018, « l’ogre des Ardennes » reconnait les assassinats de Marie-Angèle Domece et de Joanna Parrish, tuées en 1998 et 1990, pour lesquels il doit encore passer en jugement. En novembre 2018, il est jugé pour le meurtre de Farida Hamiche, commis le 12 avril 1988, pour s’emparer du trésor du « Gang des postiches ». Mais le passé criminel de Fourniret recèle encore beaucoup de zones d’ombre, notamment entre 1990 et 2000.
Ce livre-témoignage retrace le terrible parcours du couple Fourniret-Olivier, mais il donne aussi la parole aux victimes et à leurs proches, aux enquêteurs, aux magistrats et avocats parties prenantes dans la traque d’un des pires tueurs en série ayant sévi en France et en Belgique.

Mon avis : Il s’agit d’un livre témoignage très bien construit avec trois grandes parties. La première est constituée de paroles de victimes, la seconde de paroles d’enquêteurs et la troisième de paroles d’experts. En annexe, le test de Rosenzweig exécuté par Michel Fourniret puis Monique Olivier. Le test de frustation PF de Rosenzweig utilise comme matériel des dessins de bandes dessinées que le candidat doit compléter en fonction de la réponse qu’il jugera la plus appropriée par rapport à une situation conflictuelle et la lecture des deux tests est assez révélatrice de la personnalité de ces deux monstres. C’est donc un document très complet que nous livre l’auteur sur ce couple infernal. Stéphane Bourgoin s’est entouré de Jean-Luc Ployé, le psychiatre en charge du couple, de Maître Gérard Chemla, avocat des parties civiles, de la famille Leroy, victime de Michel Fourniret, et des journalistes Philippe Dufresne et Mathieu Livoreil, qui ont suivi l’affaire pour le quotidien L’Union-L’Ardennais.

Note de l’auteur : « Ecrire, tourner des reportages et participer à des conférences sur les tueurs en série me permet d’évacuer et de mettre toute cette noirceur à distance. Avec Michel Fourniret et Monique Olivier, je n’y suis pas parvenu… ».

Summer

Summer est un roman de Monica SABOLO, paru en 2017 aux Editions JC Lattès puis aux Editions Le livre de poche en janvier 2019. 283 pages pour l’édition poche.

L’auteure : Monica SABOLO est une romancière française née à Milan en Italie. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle est journaliste et a travaillé pour Elle, 20 ans et Voici. Elle a reçu le Prix de Flore en 2013 pour Tout cela n’a rien à voir avec moi et le Grand Prix de la SGDL en 2015 pour Crans-Montana (Sources : Babelio et Éditions JC Lattès).

Résumé : Lors d’un pique-nique au bord du Lac Léman, Summer Wassner, 19 ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet, Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

Mon avis : J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de poche 2019 pour la sélection du mois de février. Je l’ai lu d’une traite car l’écriture est vraiment très belle, poétique et donc fluide. Malheureusement je n’ai pas été sensible au récit. Le personnage de Benjamin n’a jamais réussi à m’émouvoir malgré ses tourments. La fin ne m’a pas surprise, je m’y attendais. Il est par contre indéniable que Monica SABOLO a un réel talent pour décrire cette famille pleine de secrets et de mensonges dans une atmosphère particulière entre thriller et poésie.

Extrait : « J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terres jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée. »