C’est lundi aujourd’hui

C’est lundi aujourd’hui est un roman de Sytske Van Koeveringe, paru aux Editions NiL pour la traduction française en 2019 (2017 pour la version originale. 337 pages.

Sytske Van Koeveringe, née en 1988, est diplômée de la Gerrit Rietveld Académie, où elle s’est spécialisée en image et langage. Elle a publié des textes dans Fusie, De Gids, Hard//hoofd, MisterMotley et Das Magazin. Elle vit et travaille à Amsterdam où il lui arrive de faire des ménages. C’est lundi aujourd’hui est son premier roman.

Julia, 30 ans à peine, est une jeune femme solitaire qui gagne sa vie en faisant des ménages. En pénétrant dans leurs maisons, leurs appartements, elle se confronte à une galerie de personnages singuliers dont elle va observer les habitudes et les âmes au fur et à mesure qu’elle nettoie leurs intérieurs. Mais elle va aussi perdre pied. Pourquoi ne pas prendre possession de la baignoire de l’appartement 61, du salon de la 122-D, se nourrir quasi exclusivement de chips chipées ou dégustées une bouteille de rosé sur une terrasse qui ne lui appartient pas ?

Je referme ce roman à l’instant et j’ai été vraiment bluffée ! Je ne m’attendais pas à ça. J’ai acheté ce livre après avoir vu une vidéo sur Instagram d’une interview de l’auteure dans une librairie. Le résumé me plaisait également. Cela fait très longtemps que je n’ai pas lu un roman aussi étonnant, original ! Il est original pas sa structure, les chapitres sont numérotés curieusement et en fait chaque chapitre correspond à un appartement ou une maison. Vous avez donc le chapitre 8 par exemple, puis le chapitre 56 qui suit ou encore 122-D pour revenir au chapitre 8. Il s’agit bien sûr du numéro de l’habitation. Cela permet au lecteur de se situer et se rappeler qu’il revient dans tel ou tel lieu. Original par le style d’écriture, vif, rapide, saccadé parfois qui annihile toute émotion et maintient le lecteur en éveil dans une attention constante. Etonnant par son personnage principal, Julia, étrange jeune femme qui n’aime pas son métier, dépressive, insomniaque, qui se gave d’anti-douleurs et semble dépourvue d’affect ou du moins qui ne semble plus capable d’éprouver de sentiments. On la sent marquée par la relation qu’elle a avec ses parents entre une mère femme de ménage également et un père autoritaire qui espérait un autre avenir pour sa fille. Marquée aussi par un échec amoureux. Les différents protagonistes du roman sont tout aussi étonnants. Il s’agit d’un premier roman et c’est un coup de cœur pour ma part.

Extraits : « Je me déshabille et j’ouvre le robinet de la douche. J’attends que l’au soit chaude. Je me regarde dans la glace. J’ai l’air pâle. Ma poitrine, mon cou, ma mâchoire, mon nez, mes cheveux, progressivement, je m’efface. Je me suis transformée en buée ; disparue d’un coup, comme Madame Verzand. »

« Jack chante que je dois réaliser mes rêves. Je suis d’accord, je parcours la maison. Il chante que tout va mieux quand on est deux. Que rien n’st plus agréable que d’être ensemble avec son amour. Ca, j’en doute, je n’en vois guère d’exemple autour de moi. Je me demande de toute façon si c’es agréable d’être ensemble. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête de l’autre, pas même quand on lui demande à quoi il pense. Il ou elle peut choisir de mentir, ou de se taire. Comme Kamiel, qui ne parlait jamais de la pression à son travail. »


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