Ces rêves qu’on piétine

Ces rêves qu’on piétine est un roman de Sébastien Spitzer est paru aux éditions de L’Observatoire en juin 2017 puis en janvier 2019 aux éditions Le Livre de Poche. Ce roman fait partie de la sélection du mois de mars pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019 dans la catégorie Littérature. 344 pages pour l’édition en poche.

Sébastien Spitzer est journaliste freelance pour TF1, M6 et Rolling Stone et Ces rêves qu’on piétine est son premier roman. Il a réalisé plusieurs enquêtes sur le Moyen-Orient, l’Afrique et les Etats-Unis. (Sources : Fnac.com, Babelio).

A la fin du mois d’avril 1945, Berlin est assiégé. La femme la plus puissante du IIIème Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme avec ses secrets. Au même moment, parmi les colonnes des survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers Juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille. Elle aurait pu le sauver. Elle s’appelle Magda Goebbels.

Ayant déjà lu quelques livres sur cette période je me suis dis « bon encore un livre sur ce pan terrible de l’Histoire ». Mais quel roman ! Un vrai coup de coup de cœur. L’auteur a savamment mêlé l’imaginaire au vraisemblable avec un travail de recherches important. Le récit est glaçant, appuyé par des phrases courtes, incisives. Le vocabulaire est riche et j’ai beaucoup apprécié le style de Sébastien Spitzer qui servait parfaitement l’histoire. Le lecteur passe tour à tour du bunker où se terre Magda Goebbels à la forêt polonaise avec une mère et sa fille Ava, petite fille à laquelle on s’attache immédiatement, qui fuient nazis et villageois. On suit également quelques déportés. Et puis il y a Richard Friedländer, père adoptif de Magda Goebbels, présent tout le long sous la forme de lettres (fictives). Elle le déteste car Juif et le fera déporter sans regret. Je suis ravie d’avoir découvert cette lecture et cet auteur dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Je vous le conseille, ce n’est pas un livre de plus sur la seconde guerre mondiale.

Extrait : « Reste la nuit. Epaisse. Lourde.Vide à tous ceux qui ont peur, à ceux qui désespèrent, se trompent. Cette nuit est aussi pleine que les autres. Féconde. Mystérieuse. Imprévisible. Elle s’est insinuée de l’autre côté des murs. L’heure des souffles de vie. L’heure des silences. »

« …Je n’ai rien construit. Je n’ai rien bâti. Ma vie ne tient plus qu’à l’hospitalité de Baruch. Mais tes fondations sont les heures que nous avons passées ensemble à interroger la vie, à balayer la mystique, à gratter les mots, les idées, les grands auteurs. A marcher sans rien dire pour écouter le silence. Je mérite bien d’être ton père, même à échelle réduite… »

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