A vif

A vif – Journal d’une maman pas comme les autres est un récit de Ioulia S. Condroyer publié aux éditions du Cerf en octobre 2018. 238 pages.

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, Ioulia S. Condroyer travaille au sein d’un grand groupe agro-alimentaire.

Comment peut-on rencontrer la mort en donnant la vie ? Comment peut-on survivre à son enfant qui n’aura vu le jour que pour s’éteindre ? Comment surmonter le deuil de son enfant et continuer à être une maman ? Ce devait être le plus beau jour de son existence. Ce fut le commencement d’une plongée dans l’abîme. Grâce à l’écriture, Ioulia en est peu à peu remontée pour se reconstruire. En tant que femme, compagne, mère. En tant qu’être humain.

Que de belles lectures depuis ce début d’année 2019 ! Encore un récit dévoré en une soirée. Et quel récit ! Une maman qui vit l’impensable, l’horreur absolue, son bébé tant attendu depuis plusieurs années et déjà tant aimé qui vient à la vie, sans vie… Ioulia devient la Mamange du petit Simon et la descente aux enfers commence. Avec pudeur, sans voyeurisme, l’auteure nous raconte sa colère, sa douleur, son sentiment de culpabilité, sa lente reconstruction avec l’écriture. Une pointe d’humour aussi dans ce récit. Un livre sur le deuil périnatal pour aider les autres mamanges et papanges (car il ne faut pas oublier la douleur des papas) à ne pas sombrer. Bouleversant et plein d’espoir. Je remercie l’auteure pour m’avoir aussi fait découvrir le magnifique concerto pour violon opus 64 de Mendelssohn que je suis allée découvrir sur le net dès les premières pages. Sublime.

Extraits : « J’ai l’espoir qu’un jour, nous irons l’écouter dans une salle prestigieuse – la sale Pleyel à Paris, par exemple. Nous porterons de beaux habits de soirée comme pour un grand gala. La musique résonnera haut et fort jusqu’à Simon, et il sera un peu avec nous. Aujourd’hui, je n’ai que la force de l’écouter seule avec moi-même. Elle comble un peu ce vide qui s’est imposé à ma vie. C’est peut-être la seule chose qui me montre que mon coeur n’est pas totalement mort et qu’il continue de battre. Parce que quand je l’écoute, je suis avec Simon. Elle me donne encore la possibilité de continuer à rêver et d’imaginer que lorsque je l’écoute, lui aussi, il l’entend. »

« Avec mon mari, nous avons traversé des déserts de solitude, des océans de larmes. Nous avons apprivoisé le vide. Cet extrême-là reste immergé. Seuls lesaventuriers comme nous connaissent les prouesses de nos exploits etla démesure des sommets que nous franchissons chaque jour. Nous n’avons pas de photo selfie à partager, de médaille d’or à brandir, ni de coupe à soulever. Nos médailles invisibles, c’est l’amour et le souvenir de Simon. Notre trophée, c’est notre courage. Notre victoire, c’est d’avoir, malgré tout, choisi la Vie. »

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