Tu verras maman, tu seras bien

Tu verras maman, tu seras bien est un document de Jean Arcelin, paru chez XO Editions en mars 2019. 520 pages.

Jean Arcelin a 53 ans et pendant près de trois ans il a dirigé un EHPAD dans le sud de la France, où il vit, avant de renoncer, épuisé par un trop-plein d’émotions et révolté par la faiblesse des moyens mis à sa disposition. Il a côtoyé le pire mais aussi le beau : l’existence de vieilles personnes isolées, le plus souvent sans visites, qui s’accrochent à la vie, se réconfortent, reconstituent des parcelles de bonheur. Des femmes et des hommes qui l’ont ému aux larmes, l’ont fait rire aussi, et dont il raconte avec tendresse le quotidien. En refermant le livre, on pensera longtemps à cette vielle dame apeurée, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui vit une histoire d’amour magnifique avec un homme handicapé ; un homme qui lui dit pour la rassurer : « Je serai ta tête, tu seras mes jambes ! » On s’insurgera surtout contre ces entreprises qui, par souci d’économie, laissent « nos vieux » trop souvent seuls, livrés à eux-mêmes faute de personnel, humiliés par le manque de soins et d’attention. « Comme si la société toute entière, affirme Jean Arcelin, voulait les enterrer vivants… »

Jean Arcelin a écrit ce livre pour « éveiller les consciences, faire exister nos Anciens, proposer des actions simples aux pouvoirs publics et aider les familles à faire les bons choix ».

… les démences, la fin de vie, ça fait fuir. Et ces résidents n’ont à offrir que leur présence, insupportable pour beaucoup. Les familles pensent que c’est foutu, ça sert plus à rien. Mais c’est faux et incroyablement égoïste ! Jusqu’au bout, les visites, les caresses c’est essentiel. Parfois j’entends : « Ce n’est plus ma mère, je ne la reconnais pas, je l’ai perdue…  » et les gens s’éloignent. Ca me rend folle. On ne perd personne… La vie continue. Différente, difficile, dans la maladie, mais elle continue. Oui, ce n’est plus la femme qui te prenait dans ses bras en te disant qu’elle t’aime, mais c’est toujours ta mère. Elle souffre de la maladie d’Alzheimer. Chaque jour, son cerveau se nécrose un peu plus, mais elle pense encore, elle ressent, elle vit, et à l’intérieur, elle se bat, le corps lutte toujours contre la maladie, et plus que tout, c’est maintenant qu’elle a besoin de toi… « 

Ce document est poignant et très intéressant. L’auteur raconte son expérience de directeur d’EHPAD, sa vérité. Il évoque la pression de la hiérarchie qui ne voit que la rentabilité sans aucune compassion pour les résidents et les personnels, le manque de moyens. Mais il met aussi en lumière les femmes et les hommes qui travaillent dans ces structures et qui ont à cœur de bien faire leur métier. Le récit est aussi plein d’anecdotes positives, de petits moments de bonheur. A la fin du livre, Jean Arcelin donne des conseils pour choisir un EHPAD et propose des solutions concrètes pour relever l’un des plus grand défis de nos sociétés vieillissantes.

Les maisons de retraite sont peuplées de femmes et d’hommes admirables, modestes, petites mains nourricières, héros inconnus, qui chaque jour, tissent la chaîne humaine, en prenant soin de personnes âgées vulnérables. Ils offrent leur énergie, leur patience, avec le sourire, naturellement. Beaucoup incarnent l’abnégation.


J’écris pour qu’on se souvienne de nos vieux, merveilleux, parce que leur cause est moins bien défendue que celle des animaux. #je-suis-vieux : voilà le slogan d’un t-shirt coloré, d’un mouvement que j’aimerais porter !

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