Grand Frère

Grand Frère est un roman de Mahir Guven, publié en octobre 2017 aux éditions Philippe Rey, puis publié aux éditions Le Libre de Poche en janvier 2019. 309 pages pour la version poche.

Goncourt du Premier roman 2018, Prix Première 2018 et Prix Régine Deforges du Premier roman 2018. Sélection du mois d’avril pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019.

Copyright philippe-rey.fr

De mère turque et de père kurde, réfugiés en France, Mahir Guven est né sans nationalité en 1986 à Nantes. Il a grandi entre la ville et les vignes auprès de sa grand-mère. Grand Frère est son premier roman. Il a attendu ses 10 ans pour avoir une identité nationale. Turque d’abord, française ensuite, à l’âge de 13 ans. Après des études de droit et d’économie, et une expérience dans le monde du conseil, il rejoint l’équipe du journal « Le 1 » avant son lancement. Aujourd’hui, il est directeur exécutif de l’hebdomadaire. (Sources : Philippe-rey.fr et Babelio).

La vie ? J’ai appris à la tutoyer en m’approchant de la mort. Je flirte avec l’une en pensant à l’autre. Tout le temps, depuis que l’autre chien, mon sang, ma chair, mon frère, est parti loin, là-bas, sur la terre des fous et des cinglés. Là où, pour une cigarette grillée, on te sabre la tête. En Terre Sainte. Dans le monde des gens normaux, on dit « en Syrie », d’une voix étouffée et le regard grave.

Grand Frère est chauffeur de VTC. Il s’est enfin trouvé une place dans la société, mais une question le tourmente. Son frère a disparu. Engagé comme infirmier en Syrie, il ne donne plus aucune nouvelle. Pourquoi est-il parti ? Un soir, on pense l’apercevoir dans une gare. Pourquoi serait-il rentré ?

Il s’agit du deuxième roman (sur trois) que je lis de la sélection d’avril du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019. Sans être un grand coup de cœur j’ai dévoré ce roman en quelques heures. Le style est percutant, ponctué d’argot qui donne force au récit (un lexique est présent à la fin du livre). L’auteur nous plonge dans l’histoire de deux frères, la trentaine, dont l’un « Grand Frère » est chauffeur de VTC et l’autre « Petit Frère » est infirmier et prend la décision de partir en Syrie. Mahir Guven raconte la jeunesse actuelle, les difficultés des jeunes de banlieue pour s’intégrer, l’attractivité de la radicalisation pour certains. C’est aussi une histoire d’amour, les liens familiaux, fraternels, plus forts que tout. c’est bien construit, les chapitres alternent les points de vue des deux frères. Le récit est aussi teinté d’humour et d’émotions. J’ai été surprise par la fin.

Sur la plaque à côté de la sculpture, on lisait F. Guimez. Peut-être le nom du mec qui a bricolé ce truc. Parfois, je comprends pas la vie. Nous, on se lève le matin pour faire tourner la carlingue, faire circuler la foule, pour ramasser des liasses et faire croquer la famille. Et y a eux. Ceux debout, l’esprit clair, assez zen pour cabosser de la ferraille et la refourguer à ceux dont les poches demandent qu’à s’alléger pour acheter un bout de rêve. Une drogue comme une autre. Chacun son délire, chacun sa came, chacun sa vie.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s