Chaque printemps sera plus beau

Chaque printemps sera plus beau est un recueil de poèmes d’Agnès Marin, paru aux éditions Complicités en 2018. 79 pages.

Fille de comédiens, Agnès Marin a publié plusieurs romans à la tonalité intimiste, où elle rend hommage à la place de la femme dans la société contemporaine. Elle est aussi l’auteure de recueils de poésie et de pièces de théâtre.

J’ai découvert Agnès Marin à travers son roman Sous l’amandier en fleurs paru aux éditions L’Harmattan en 2017. Je lis peu de poésie excepté les « classiques » et quelques textes sur lesquels je tombe par hasard le plus souvent. Je n’ai pas lu ce recueil d’une traite, les poèmes, à mon sens, ne se lisent pas les uns après les autres. Le livre d’Agnès Marin était dans mon sac à chaque petite escapade à la campagne et je lisais un texte de temps en temps, lentement, pour en apprécier chaque mot. La lenteur va bien à la poésie. Les thèmes abordés dans ses poèmes : l’enfance, le lien parent-enfant, la nature, les saisons, les sentiments, la beauté, l’amour… En face de certains textes, un dessin aux traits fins et aux couleurs pastelles, signés de l’auteure. Les vers sont mélodieux et on se laisse aller à regarder le temps s’écouler paresseusement.

LE ROUGE-GORGE

Comme ton bec fin qui emporte mon pain,

Comme ta robe brune de moine anachorète,

Contre le port altier de ton aile en épée,

Contre ton chant flûté dans l’arbre mort de froid,

Contre ta gorge rouge d’un sang qui ne coule pas,

Et pour le jour où nous ne serons plus là,

Je te donne,

O douce enluminure de ma fenêtre,

La flamme inextinguible

De mon cœur de poète.

Agnès Marin

DONNE-MOI, MON ANNEE

Donne-moi, mon année,

Tout ce que tu contiens :

Ton printemps, ton été,

Ton automne, ton hiver.

Que je goûte,

A l’aune des saisons,

Ton infini présent,

Donne-moi, toi qui est tant de fois passée,

Tout ce dont j’ai besoin

Pour grandir, pour aimer,

La course lente de ton soleil

Sur mes blés mûrs,

Ton souffle renouvelé

Chaque matin

A la source du jour,

Pour que je puisse enfin,

O infinie patience,

Etre le fruit que tu espères.

Agnès Marin

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