A l’encre de nos vies

A l’encre de nos vies est un récit de Chantal Nauleau Gantier paru aux éditions L’Harmattan en mai 2019 dans la Collection Rue des Ecoles. 130 pages.

Chantal Nauleau Gantier est née le 6 juillet 1951 à Legé en Loire-Atlantique. Elle a vécu et travaillé à Orléans puis en Picardie. Infirmière en service de psychiatrie puis cadre de santé chargée d’enseignement auprès d’étudiants infirmiers, elle est aujourd’hui à la retraite. Mère de trois enfants, grand-mère de huit petits enfants, elle est veuve depuis huit ans. bénévole de la Ligue contre le cancer, elle essaie de promouvoir l’écoute et les soins apportés aux malades et à leurs proches. Elle a animé des ateliers d’écriture en psychiatrie, en prison, en maison de retraite. Elle anime actuellement un atelier à l’association La graineterie. Elle se consacre également à des associations caritatives autour de l’accompagnement des personnes agées et des migrants.

Qui connait la douleur, la frayeur de ceux qui souffrent du cancer et la détresse de ceux qui les accompagnent ? Chantal Nauleau Gantier livre ici un récit personnel et sensible qui retrace l’histoire de son mari Michel décédé d’un cancer en 2011. Confronté aux manques et aux contradictions des soins à l’hôpital, Michel confiait à son épouse la tâche difficile de raconter et de comprendre. Ainsi, l’auteure aborde également la difficile question de l’éthique autour des soins palliatifs. Elle évoque en parallèle le long et difficile chemin de son deuil. L’auteure a souhaité avant tout relayer la force d’homme et de citoyen de son mari, sa formidable envie de transmettre et d’être reconnu.

Un dernier regard, le pommier en fleurs fait une pluie de couleurs. Comme au début d’une création, c’est une chose qui recommence. Tu me donnes une seconde vie dont je te fais le co-entrepreneur. Pour toujours, Chantal.

Je savais que j’allais être touchée par le récit de Chantal Nauleau Gantier car je pressentais retrouver des émotions et des situations que ma mère avait dû vivre pendant les deux années de la maladie de mon père, ainsi que des proches avec un propre membre de leur famille. J’ai beaucoup de mal à écrire ses quelques lignes tant l’émotion resurgit. L’auteure évoque avec tant de poésie et de douceur son difficile parcours auquel tant de malades et d’aidants sont confrontés que cela en est bouleversant. Elle et son mari, eux-mêmes travaillant dans le secteur hospitalier, se retrouvent face aux contradictions, à la lenteur des soins, au manque d’empathie de certains praticiens, aux manques de moyens d’un système lui-même en souffrance. Sans jamais tomber dans le voyeurisme, l’auteure raconte son mari, l’homme qu’il est, ses souffrances, ses espoirs, la déchéance physique et les douleurs, les soins palliatifs, l’accompagnement des personnes en fin de vie, la mort, le difficile travail de deuil. C’est aussi une magnifique déclaration d’amour à l’homme de sa vie. Chantal Nauleau Gantier a une plume magnifique.

La souffrance reste plus difficilement soignable et compte pour autant dans l’effondrement de l’être. La souffrance est affaire de culture, de résistance, d’histoire et de représentations. La souffrance se vit différemment pour chacun. Aucun traitement médicamenteux ne peut y répondre simplement.

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