Interview Marine Béliard, auteure

Photo Antoine Bougouin

Je vous propose désormais ce rendez-vous, la rencontre d’un auteur ou d’une auteure à travers 10 questions et 10 réponses. Je remercie Marine Béliard d’avoir eu la gentillesse de se prêter à l’exercice. Après des études de management culturel et de théâtre, Marine Béliard travaille comme responsable de projets culturels et vit à Paris. Elle est passionnée par les voyages, la littérature et le cinéma. Un été sous influence est son premier roman. Vous pouvez retrouver la chronique de ce dernier sur le blog dans la rubrique « Roman ».

Bonjour Marine, qui êtes-vous ?

Bonjour Claire ! Je suis née à Vannes en Bretagne. Je vis et travaille à Paris comme responsable de projets culturels et comédienne. J’ai notamment travaillé plusieurs années pour ma propre association, qui a développé un projet d’échange culturel avec la communauté indienne Munduruku en Amazonie brésilienne, autour des contes et de la tradition de transmission orale de la culture.

Quand avez-vous décidé de devenir écrivaine ?

Je n’ai en réalité rien décidé, je n’avais jamais pensé écrire un jour un roman. J’avais précédemment  co-écrit  le scénario d’un court-métrage, expérience qui m’avait fortement enthousiasmée. Pour ce premier livre Un été sous influence, il y a eu un déclic, une idée de départ que j’ai couchée sur le papier, sans imaginer que cela deviendrait un roman.  Ce déclic s’est fait suite à la disparition de David Bowie, que j’ai toujours beaucoup aimé et dont l’univers et la musique me fascinent.

Travaillez-vous sur un ordinateur ou sur papier ? Avez-vous des rituels ? Prenez-vous des notes ?

Je travaille sur ordinateur. En amont et pendant l’écriture, je fais aussi des recherches sur internet pour trouver des informations, des livres à lire, des films à visionner sur les lieux et époques dont je parle dans mon texte. Je note mes sources d’inspiration dans un carnet. Et de manière générale, tout ce que je vis m’inspire. Une œuvre dans une exposition, une personne croisée dans la rue, un regard, un geste, une sensation, une situation vécue, une ambiance particulière…  Je note beaucoup de choses intérieurement qui ressortent par la suite dans la phase d’écriture. J’écris de préférence le matin ou le soir, au calme.

Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant d’écrire ? Rédigez-vous un plan ou laissez-vous vos doigts courir sur le clavier ?

Pour ce premier roman, l’écriture a été assez instinctive. J’ai laissé venir naturellement la fin de l’histoire qui s’est dessinée rapidement. J’ai d’abord écrit la partie qui se déroule en 1975 autour des personnages de Zane et Ratna, puis la partie du personnage de Marie en 2016. J’ai ensuite réalisé le montage de ces deux histoires liées, en alternant les chapitres d’une époque à l’autre. En revanche, pour le deuxième roman que je suis en train d’écrire, ma démarche est différente. J’ai réalisé un plan relativement précis en listant déjà les différentes scènes que je pense écrire. Évidemment, cela n’est absolument pas figé, mais ce plan me donne le cheminement de l’intrigue, le squelette de mon histoire, qui est plus complexe et fait intervenir plus de personnages que celle de mon premier roman.

Pour l’écriture d’une scène en elle-même, j’utilise mon expérience de comédienne pour la construction des personnages. J’écris chaque scène comme une improvisation dirigée. Je travaille en amont l’état physique et psychologique de chaque personnage, ses objectifs, ses obstacles intérieurs/extérieurs… Et ensuite il y a donc une certaine liberté dans la phase d’écriture, je suis souvent surprise par mes personnages, je découvre de nouveaux aspects de leur personnalité.

En combien de temps avez-vous écrit Un été sous influence ?

En un an et demi. Je travaillais en même temps, je ne pouvais pas écrire tous les jours. Mais cela a été également bénéfique, j’ai parfois laissé « reposer » mon texte quelques semaines, pour m’y replonger ensuite, avec un certain recul et une vision différente.

Comment savez vous qu’un texte est achevé ?

J’ai fait relire mon texte à plusieurs personnes. J’ai écouté et pris en compte les retours de lecture, retouché et fait de nouveau relire mon texte. Et à un moment, j’ai senti que j’étais arrivée au bout de quelque chose, que je ne pouvais pas aller plus loin, que je n’avais pas envie de retoucher un mot de plus.

Où avez-vous trouvé votre inspiration pour le personnage de Zane, la mystérieuse star ?

Ce personnage est très librement inspiré de la période de vie de David Bowie à Los Angeles en 1975. Je me suis plongée dans de nombreuses biographies de Bowie qui parlaient de cette époque trouble pour le chanteur, je voulais être au plus près de son ressenti, de son mal-être. J’ai également visionné des interviews de Bowie à cette période-là. L’histoire est bien évidemment une fiction, mais je me suis appuyée sur des pensées, des sensations, des états réels. Et également des lieux réels où a évolué David Bowie à Los Angeles.

Que voulez-vous transmettre à travers ce roman ?

Plutôt que de transmettre, il s’agit pour moi d’inviter le lecteur à voyager (à travers différentes époques, différents lieux et pays), à plonger dans la tête de ces personnages, au plus près de leurs sentiments, leurs blessures, leurs angoisses, leurs secrets. Et de l’inviter à rêver.

Avez-vous été éditée rapidement ou bien le chemin a été difficile ?

J’ai eu la chance que cette aventure éditoriale soit assez rapide. En effet, suite à l’envoi de mon manuscrit dans quelques maisons d’édition, j’ai été rapidement contactée par une éditrice d’une maison d’édition qui avait apprécié mon texte et qui m’a donné de précieux conseils pour étoffer une partie. J’ai donc retravaillé certains passages de mon texte ce qui m’a permis d’obtenir la version finale. Par la suite, cette éditrice n’a pas réussi à lancer un projet d’édition pour mon roman dans sa maison. En parallèle, j’ai reçu une réponse positive des éditions L’Harmattan chez qui mon livre a ainsi été publié.

Avez-vous un projet de roman en cours ?

Oui, je suis en train d’écrire un deuxième roman. Il s’agit d’un polar psychologique qui se déroule dans le milieu de la contre-culture et du rock underground à New-York dans les années 70 et 80.

Merci beaucoup Claire d’avoir pris le temps de lire mon roman et de m’avoir proposé cette interview !

Merci à vous !

Photo Luka Keliou
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