Interview Mathieu Tazo, auteur

Mathieu Tazo

Un rendez-vous régulier afin de découvrir un ou une auteur(e) : 10 questions, 10 réponses. Mathieu Tazo, auteur du roman Au nom des Pères, s’est prêté au jeux et je l’en remercie. Il s’agit de son troisième roman. Ses deux premiers romans, La dynamique des fluides et Un Caillou dans la chaussure ont été publiés aux éditions Daphnis et Chloé, en 2014 et 2015.
La Dynamique des fluides a été primée au Prix Tangente des Lycéens 2017.

Bonjour Mathieu, qui êtes-vous ?

Bonjour Claire, je suis un auteur de roman qui ne se satisfait pas de cette définition ! Je suis plutôt la somme des expériences que j’ai vécues. Plus jeune, j’ai pratiqué le football en junior à Toulon, au niveau national. Puis, j’ai étudié à Paris et au Canada. J’ai travaillé au Pérou. J’ai eu la chance de voyager, notamment au Bénin d’où ma femme est originaire. J’ai vécu à Londres et, aujourd’hui, je vis à New York. Et j’ai publié trois romans qui empruntent toujours un peu de ces expériences diverses.

Quand avez-vous eu envie de devenir écrivain ?

Plus que de devenir écrivain, je me souviens surtout avoir eu envie d’écrire et ne pas avoir su comment m’y prendre. C’était il y une quinzaine d’années, je vivais à Paris. J’ai alors poussé la porte d’un atelier d’écriture avec l’objectif de voir si cela me plaisait et si j’en étais capable. Un an après, je me lançais dans mon premier roman qui ne fut publié que bien plus tard, en 2015, après une réécriture complète ! Entre temps, j’avais créé un blog sur lequel j’écrivais une histoire avec des épisodes mensuels et mon premier roman avait été publié en 2014.

Travaillez-vous sur un ordinateur ou sur papier ? Avez-vous des rituels ? Prenez-vous des notes ?

J’écris principalement la nuit, entre 22h et minuit, quand tout est calme. Je travaille directement sur l’ordinateur, afin de pouvoir plus facilement travailler mon texte et d’accéder à Internet pour des recherches. En revanche, je prends des notes sur un cahier et je reste à l’affût de tout ce que je lis dans la presse, dans les livres et de ce que je vois dans la vie. Parfois, je note une idée qui ne me sert que des années plus tard, comme, par exemple, la prosopagnosie, ce mal dont souffre l’héroïne d’ « Au nom des pères » qui l’empêche de reconnaître les visages. Un jour, je me suis dit que cela pourrait être un bon élément romanesque. Deux ans plus tard, je m’en suis souvenu !

Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant d’écrire ? Rédigez-vous un plan ou laissez-vous vos doigts courir sur le clavier ?

J’improvise au sein d’un plan structuré. Je cherche le bon équilibre entre, d’un côté, définir un plan préalable à l’écriture qui permet de travailler les enchaînements, les personnages, de mener les recherches nécessaires et, de l’autre, laisser l’imagination et les associations d’idées s’exprimer en cours de route. Il n’y a aucune raison que toutes les bonnes idées surgissent avant de commencer à écrire. Il faut leur laisser le temps d’éclore. Et puis, écrire, c’est s’embarquer dans de longues heures au progrès lent : c’est plus agréable de laisser de la place à l’improvisation.

En combien de temps avez-vous écrit « Au nom des pères » ?

Au nom des pères m’a pris 4 ans. Le travail de recherche sur les deux guerres mondiales m’a demandé beaucoup de temps car je voulais être précis, juste et pertinent dans l’enchaînement des événements et dans la description de la vie quotidienne à ces époques. J’ai lu des livres, des documents. Internet regorge aussi d’informations. C’était important pour moi d’être fidèle à la réalité.

Parlez-nous un peu de ce roman, comment est né ce récit, quelle a été votre source d’inspiration ?

Je m’intéresse beaucoup à l’histoire, notamment à celle du 20ème siècle. Originaire de Toulon, j’avais envie d’écrire sur les événements de 1942 qui, de l’Occupation de la zone sud par les Allemands au sabordage de la flotte française dans le port de Toulon, changèrent le cours de la guerre. J’étais avide d’apprendre sur les résistants, comment ils étaient organisés, quelles actions ils menaient. En étudiant cette période, je me suis rendu compte d’un fait pourtant évident : avec 25-30 ans d’écart entre les deux guerres, les pères des jeunes résistants de 1940-45 étaient des soldats dans les tranchées en 1914-18. Cette filiation directe qui relie les deux guerres les plus meurtrières et la transmission de la haine franco-allemande d’une génération à l’autre m’a donné l’idée d’Au nom des pères. J’ai voulu écrire une histoire sur l’amitié qui prenne le contre-pied de l’Histoire.

Comment savez-vous qu’un texte est achevé ?

Un texte est-il jamais achevé ? Disons plutôt qu’il faut bien s’arrêter à un moment. Et ce moment, pour moi, intervient quand toutes les nouvelles idées de correction n’apportent plus aucune valeur. Elles ne deviennent qu’un moyen de se rassurer. C’est le signal imparable qu’il est temps de souhaiter bonne chance à son texte !

Que souhaitez-vous transmettre à travers vos écrits ?

Je souhaite que les lecteurs soient intéressés par l’histoire, par son enjeu, son évolution et son dénouement et par le thème abordé qui soulève toujours quelques questions morales auxquelles je me garde bien de répondre. Les personnages sont là pour découvrir les différentes facettes de ces questions. Et, par projection, nous pouvons nous demander comment nous réagirions en pareilles circonstances.

Vous avez écrit 2 romans avant « Au nom des Pères », pouvez-vous nous en parler un peu ? A-t-il été facile de les publier ?

Mon premier roman La dynamique des fluides a été publié en 2014 aux éditions Daphnis et Chloé ; il raconte l’histoire de frères jumeaux qui, orphelins et séparés en grandissant, se remettent en quête de leur fraternité. Il a été primé au prix Tangente des Lycéens en 2017. Publié en 2014 chez le même éditeur, mon deuxième roman, Un caillou dans la chaussure est un roman noir sous le chaud soleil provençal. Il met en scène, dans un petit village, un homme confronté à la pire des responsabilités : celle d’un crime qu’il aurait voulu ne jamais commettre. Il a été publié en 2015. Au nom des pères vient, quant à lui, d’être publié aux Editions Publilivre. Il n’est jamais facile de publier un roman. Dans mon cas, ce sont des rencontres opportunes qui m’ont permis de trouver mes deux éditeurs qui ont cru dans mes textes.

Des projets d’écriture en cours ? Des salons et des séances de dédicaces prévues cette année ?

Je commence à travailler sur un nouveau projet de roman, une histoire qui se passera à New York où je vis aujourd’hui mais je ne sais dire combien de temps il me prendra à écrire ! A plus court terme, la promotion d’ Au nom des pères continue. Le prochain rendez-vous est à Paris, le samedi 28 septembre, de 11h à 14h, dans la librairie Les Nouveautés, dans la 10ème arrondissement.

Merci à vous !

Mathieu Tazo

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