La petite fille sur la banquise

La petite fille sur la banquise est un récit autobiographique d’Adélaïde Bon paru aux éditions Grasset en mars 2018 puis aux éditions du Livre de Poche en mars 2019.

La petite fille sur la banquise a reçu le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019 dans la catégorie Document.

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Adélaïde Bon est comédienne et écrivaine née en 1981. Elle a été victime d’un viol à l’âge de neuf ans, en 1990. 25 ans après les faits, son violeur a été arrêté puis condamné à 18 ans de prison ferme. Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, elle affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.

« Elle ne sent pas les méduses s’immiscer en elle ce jour-là, elle ne sait pas qu’elles vont la déporter de sa route, l’attirer vers des profondeurs désertes et inhospitalières, entraver jusqu’au moindre de ses pas, la faire douter de ses poings, rétrécir année après année le monde qui l’entoure à une poche d’air sans issue. Personne ne la prévient, personne ne lui explique, le monde s’est tu. »
Quand ses parents trouvent Adélaïde muette et en pleurs, elle ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat et portent plainte contre X pour attouchements sexuels. Elle grandit sans rien laisser paraître, le sourire aux lèvres. Des années de souffrance et de solitude, à se battre contre les méduses.
Vingt-trois ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Un suspect a été arrêté. Tout s’accélère.

La petite fille sur la banquise a reçu le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019 dans la catégorie Document. Le sujet est difficile et j’ai été happée de suite par l’écriture brillante de l’auteure. Des phrases courtes et percutantes, comme des coups de poings, qui décrivent l’horreur puis la longue et difficile reconstruction. Adélaïde Bon se livre sans apitoiement, utilise le pronom « elle » pour certainement prendre de la distance. Une lecture difficile mais qui ouvre les consciences sur les conséquences psychologiques de tels actes et qui donne à réfléchir. Les chapitres concernant le procès sont aussi très difficiles mais nous éclairent sur les procédures judiciaires. Un beau témoignage sur la résilience.

Elle joue la fille formidable et le sourire éclatant à la perfection, alors ils assimilent les visages chiffonnés des matins blêmes aux états d’âme impérieux d’une artiste en devenir. Elle souffre de son isolement forcé et de son manque de sincérité en famille, mais elle ne sait pas franchir l’océan des larmes contenues. Elle est épuisée de se porter, d’endosser chaque matin ce corps qui pend sur son lit comme sur un cintre, de se hisser seule au bout de chaque journée et de s’endormir chaque soir avec l’angoisse du temps qui passe, vite, et qui ne l’attendra pas.


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