A nu Paris

A nu Paris est un recueil de textes courts de Igor Quézel-Perron paru le 11 octobre 2019 aux éditions Envolume. 151 pages.

Les illustrations sont de Louise Hourcade et la Préface de Pierre Josse, rédacteur en chef du Guide du routard.

Photo Irène de Rosen

Né à Lyon, Igor Quézel-Perron-Perron est venu à l’écriture par l’amour des langues, dont le russe, d’où il tire quelques origines, et le haïku. Il investit d’autres territoires, comme le roman. Il est aussi blogueur : https://www.iqpoesie.com/

Des textes courts, une balade poétique dans les rues de Paris en même temps que les méandres des émotions d’un homme accompagné de son chien, à la recherche de Lola, qu’il finit par rencontrer. Aux croisements, des lieux et des impressions s’entrelacent dans un récit unique.

Avant le sommeil, il se passera quelques minutes. Quelques minutes de ma vie, qui vont disparaître à jamais. Un temps inutile, improductif. Je n’apprendrai rien. Je ne bâtirai rien. Je ne saurai pas le peindre. Un temps blanc, sur un fond blanc. Je ne pourrai pas en faire une anecdote.

Un recueil étonnant de textes courts et de jolies illustrations de Louise Hourcade, qui amènent le lecteur dans les rues et dans différents lieux de Paris. Un style poétique, entre prose, vers et nouvelle. Des phrases très courtes, une pointe d’ironie parfois, et de dérision, de l’émotion, l’auteur nous emporte avec ces petites fictions parfois un peu déjantées. Une mystérieuse Lola apparaît au fil des textes, qui est-elle ? Une très belle plume que j’ai eu plaisir à découvrir. La jolie couverture gaufrée et illustrée en fait un bel objet à offrir.

Rue de Rivoli. Je tends mon sourire. Nous sommes du même cuir, Parisiens pour la vie, ou pour un jour. Le bitume me renvoie une chaleur sale. Le soleil devrait avoir honte de sortir comme ça. Des taches de couleur s’approchent. j’ai tant de choses à leur dire. Pas facile avec tous ces gens, les mains pleines d’objectifs, les têtes comme des besaces.

Beaugrenelle. Ces tours sont nées fixes. Un fléau de sérénité. On leur avait promis un rôle de midinette, de totem, de vigie vers l’avenir. L’avenir les a dépassées. A leur pied, en dépit de l’ombre, on n’a pas envie de s’embrasser. Leur laideur accroche le ciel. L’architecte les a construites dans sa tête, comme un homme. L’audace, ça devait être beau. L’erreur, c’est la hauteur sans cap. Tu leur opposes ta beauté Lola, ta légèreté. Le vent soulève ta jupe. Elles doivent être jalouses.


Une réflexion sur “A nu Paris

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