Le fils de l’ours (Tome 1)

Le fils de l’ours (tome 1) test une bande-dessinée parue dans la Collection Aire Libre chez Dupuis le 15 octobre 2019. Lectorat : 15+. 72 pages en couleur. Format 237 x 310.

© P. Pinchart

Au scénario et au dessin : Né le 22 septembre 1956 à Liège, Jean-Claude Servais suit de 1974 à 1976 des études à l’Institut Saint-Luc de Liège en section Arts Graphiques. En 1975, il voit ses premières planches publiées, sous le pseudonyme de Jicé, dans la rubrique « Carte Blanche » du journal de SPIROU avant qu’il livre trois épisodes des voyages temporels de « Ronny Jackson », scénarisés par Terence et Jean-Marie Brouyère, et deux histoires de « L’Oncle Paul » (signées cette fois Gil Verse et scénarisées par Octave Joly). En 1977, il se tourne vers l’hebdomadaire TINTIN où il signe une série d’histoires authentiques sur des scénarios de Bom et d’Yves Duval.  Epurant son graphisme, il s’attaque en 1980, à un cycle d’histoires courtes sur le thème de la magie et de la sorcellerie : elles seront reprises dans l’album « La Tchalette » en 1982. Toujours dans TINTIN, il dessine « Isabelle », en 1983. Le mensuel à SUIVRE lui tend les bras. Avec l’aide du scénariste Gérard Dewamme, il y propose les récits fortement régionalistes de « Tendre Violette », puis « Les Saisons de la vie » au Lombard et « Les Voyages clos » chez Glénat. En 1989, avec le barde wallon et chanteur Julos Beaucarne, il entreprend une tentative onirique intitulée « L’Appel de Madame La Baronne ».

Servais décide ensuite de voler seul, de ses propres ailes, et rode son talent d’auteur complet dans quelques albums sans prolongations : « Iriacynthe » chez Jonas, « L’Almanach » et « La Petite Reine » pour Casterman, « Pour l’amour de Guenièvre » dans JE BOUQUINE, puis chez Helyode. En 1992, il s’attaque aux deux volets de « Lova », l’histoire d’une fillette élevée par les loups, pour la prestigieuse collection « Aire Libre ». Il y reviendra en 1998 avec « Fanchon ». En parallèle, il anime une passionnante série de récits presque complètement authentiques, inspirés de faits-divers historiques, pour sa série « La Mémoire des arbres » dans la collection « Repérages Dupuis ». Ils évoquent des drames humains situés dans la Gaume et les Ardennes belges, une région sauvage et somptueuse qu’il affectionne plus que tout et qui lui vaut son surnom « d’homme des bois ». Dessinateur réaliste et sensible, dans la tradition des grands graveurs du XIXème siècle, amoureux de la nature, Servais est un merveilleux conteur. (Le fils de l’ours par Servais © Dupuis 2019).

Lorsque l’Empereur Charles III le Gros répudie sa femme Richarde en 880, elle retourne dans son Alsace natale suite à une vision. Là où une ourse gratte la terre pour enterrer son petit, elle devra construire une abbaye. Quelques années plus tard, l’abbaye d’Andlau sort de terre et sera liée à cet animal, roi des forêts. Bien des années plus tard, en 1760, en plein coeur de la vallée de Munster, un village festoie. Le fils encore jeune du plus important fermier de la région ne laisse pas le coeur d’Eva et de Maria insensible. Ces jumelles, que tout oppose pourtant, le trouvent charmant. Mais le père du garçon ne voit pas cela d’un bon oeil et il interdit fermement à son fils de les côtoyer. Mais les interdits sont faits pour être bravés, et à 18 ans, il est difficile de penser au lendemain. Lorsqu’un ours est aperçu dans la vallée, les chasseurs décident de traquer la bête. Mais Eva compte bien le voir avant, d’autant qu’elle connaît la légende d’Andlau et souhaite rencontrer ce gigantesque animal pour de vrai. Maria, moins sereine, va la suivre bien malgré elle. Se noue alors sous les frondaisons et dans la montagne le destin entremêlé de ces humains et de ces animaux.

Encore un bel album avec des dessins magnifiques. Jean-Claude Servais narre ici des contes alsaciens portés par un dessin évocateur et poétique. Une histoire tragique et sublime qui permet de saisir à quel point nos régions gardent encore bien des secrets. Ici, l’auteur, scénariste et dessinateur, mêle l’histoire de Richarde, la reine déchue qui fonda le couvent d’Andlau sur la dépouille d’un ourson, les légendes qui courent dans la vallée des ours au coeur des Vosges alsaciennes et bien sûr une histoire d’amour contrariée et tragique entre une montreuse d’ours et un paysan. Cet album est conseillé pour un lectorat de plus de 15 ans.

Signature originale de l’auteur

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