Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie est un récit de Sylvain TESSON qui a été publié aux Editions Gallimard en 2011. Folio a édité pour les fêtes 2018 une jolie édition en format poche.

L’auteur : Sylvain Tesson est né en 1972, il est titulaire d’un DEA de géopolitique. C’est un voyageur, il a participé à de nombreuses expéditions, et un écrivain, notamment des nouvelles. Il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle 2009 pour Une vie à coucher dehors et le prix Médicis 2011 pour Dans les forêts de Sibérie. Il développe une passion peu commune pour l’escalade des toits et plus particulièrement ceux des églises et cathédrales. En 2014 il est d’ailleurs victime d’un grave traumatisme crânien suite à une chute de près de 10 mètres. Il est placé en coma artificiel. Trois mois après cet accident, voici comment il décrit cette épreuve : « Ces trois mois de repos, de sobriété, de silence, d’examen de moi-même ont été bénéfiques. Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. Je conserve une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870. J’ai aussi perdu l’ouïe à l’oreille droite mais, étant partisan du silence, que René Char appelait « l’étui de la vérité », je ne m’en plains pas. Notre société est devenue hystérique et bruyante »

Le résumé de l’éditeur : J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Pendant six mois, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité. Deux chiens, un poêle, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence. Tant qu’il y aura des cabanes au fond des forêts, rien ne sera tout à fait perdu.

Mon avis : Cette lecture est à recommander à tout le monde ! La forêt, la neige, la cabane de 3 mètres sur 3, du thé brulant, des livres et beaucoup de vodka, on se laisse bercer par les contemplations de l’auteur. Chapitre après chapitre, bourrés de références littéraires et philosophiques, j’ai été surprise du style de Sylvain TESSON, que je découvre avec cet ouvrage, très différents des habituels récits de voyages. Les réflexions de l’auteur : Apprivoiser le temps, regarder pousser les arbres, revenir aux vraies valeurs, oublier notre société de consommation, se recentrer sur l’essentiel (le tout par -30 degrés). Le petit moins de ce livre : quelques passages un peu ennuyant à mon sens qui relèvent d’un banal journal intime de voyage et qui contrastent furieusement avec la poésie et la richesse d’autres chapitres.

Extrait : « Je préfère les natures humaines qui ressemblent aux lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premières sont dures et froides en surface mais profondes, tourmentées et vivantes en dessous. Les secondes sont douces et spongieuses d’apparence mais leur fond est inerte et imperméable. »

« Insomnie. Regrets et découragements dansent en sabbat de sorcier dans ma boîte en os. Quand le soleil revient, à 4h30 du matin, la lumière chasse les chauve-souris et je m’endors enfin. Est-ce la fatigue ? Lorsque je me lève, à midi, je flotte dans un doux abrutissement. Perspective de félicité : la journée ne doit rien m’apporter de neuf. Personne à l’horizon, pas une tâche à accomplir, nul besoin à satisfaire, aucun salut à rendre. Quelques révérences vespérales éventuellement au phoque de 6h30 et à une escadre d’eiders. »

Charlatans

Charlatans est un roman de l’écrivain américain Robin COOK, publié en octobre 2018 aux Editions Albin Michel.

L’auteur : Robin COOK est médecin de formation, diplômé de l’Université de Columbia et excelle dans l’art de manier la plume. Il écrit des récits policiers inspirés de ses expériences dans le milieu médical. Ecrire des thrillers n’est pas son seul objectif, il souhaite aussi faire prendre conscience aux gens des enjeux éthiques et des dangers de la médecine moderne. L’auteur cible des thèmes controversés qui deviennent sujets à effrayer le commun des mortels dans ses best-sellers. Dons d’organes, transplants, fertilité, fertilisations in vitro,. ., tout passe entre les mains expertes du docteur. Une marque de fabrique qui fonctionne, à en croire le franc succès que ses écrits remportent depuis plus de trente ans. L’écrivain explique l’engouement du public par la portée des thèmes abordés en comparaison à certains thrillers moins réalistes. Certaines de ses histoires se voient projeter à l’écran (Source Evène). Il est l’auteur de nombreux titres comme Cobaye, Prescription mortelle, Vertiges, Facteur risque etc…

Résumé de l’éditeur : A la pointe de la technologie, le Boston Memorial Hospital est réputé pour l’excellence et la fiabilité de ses praticiens. Jusqu’à un incident, fatal : le décès d’un patient lors d’une banale intervention. Tout juste nommé chef des internes en chirurgie, Noah Rothauser est déterminé à prendre ses responsabilités pour préserver la réputation de son service. Mais avant, il lui faut faire toute la lumière sur ce drame : simple négligence médicale, mauvaise coordination entre le chirurgien et l’anesthésiste ou geste malveillant ? Lorsqu’un nouveau décès survient, puis un autre, Noah se heurte à une vérité qui dépasse l’entendement. Et si les médecins n’étaient pas ceux que vous croyez ? Bienvenue dans l’enfer de l’hôpital. Un enfer qui pourrait bien être le vôtre…

Mon avis : J’ai dévoré les 567 pages de ce thriller médical. Le prologue met de suite dans l’ambiance et on est plongé dans l’intrigue au sein du Memorial Boston Hospital dès les premières pages. Ambiance Urgences garantie, la série, pour ceux qui ont connu. La lecture est addictive, l’auteur est médecin donc les descriptions des situations médicales, les termes utilisés, sont précis et réalistes. L’auteur met en lumière dans ce roman et il l’explique dans l’épilogue, le problème des charlatans dans le milieu médical, des personnes qui se font passer pour des médecins sans en avoir le diplôme et plus globalement il dénonce aussi les faux profils sur les réseaux sociaux. Je me suis bien laissée embarquée au fil des pages, en suivant Noah le chef des internes, le personnage principal et la mystérieuse Ava, l’anesthésiste, qui est présente au moment des trois décès en salle d’opération. Difficile d’en dire plus sans dévoiler une partie de l’intrigue. Pour avoir lu d’autres titres de Robin COOK, ce n’est à mon avis pas le meilleur mais j’ai passé un très bon moment.

Extrait : « Le premier signe que quelque chose ne tournait pas rond fut un éclat de voix du Dr Mason à la trentième minute : – Merde, merde, merde ! grogna-t-il, agacé. C’est invraisemblable, ce truc ! – Les deux chirurgiens n’avaient jusqu’alors rien dit qui pût indiquer qu’ils avaient un problème. Ava se redressa pour regarder la table d’opération par-dessus l’arc d’anesthésie; De l’endroit où elle se tenait, elle ne distinguait pas la fenêtre du champ opératoire, mais il était clair, vu les gestes du Dr Mason, qu’il était confronté à une difficulté. – Essaie de libérer cette foute tripe de ton côté, tu veux ? dit-il à Andrews. L’Australien inclina le buste au-dessus du patient pour glisser un doigt dans l’incision. Ava comprit qu’il était perplexe, lui aussi, et tâtonnait, au sens propre, dans l’aine de Bruce Vincent. »

Le Manufacturier

Le Manufacturier de Mattias KÖPING est édité aux Editions Ring le 25 octobre 2018, 549 pages.

L’auteur : Mattias KÖPING est français, vit en Normandie et partage son temps entre deux passions, les arts martiaux et la littérature. Le Manufacturier est son deuxième roman, en 2016 il a publié Les démoniaques, thriller doublement primé.

Sa  Page facebook Mattias KÖPING

Son compte Instagram @mattiaskoping

Résumé de l’éditeur : Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilic tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub. Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper. Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangréné par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

Mon avis : Un beau pavé, 549 pages que j’ai mis du temps à lire non pas parce que ce livre ne me plaisait pas mais par un manque de temps certain depuis quelques semaines. Je viens enfin de le terminer et quelle claque ! Gros coup de cœur pour ce thriller de dingue ! Je ne connaissais pas cet auteur et je vais m’empresser de me procurer son premier bouquin. J’en ai lu du thriller et du polar, j’en oublierai beaucoup mais celui-ci restera une lecture marquante. Il est addictif, violent, âme sensible s’abstenir, l’auteur ne nous épargne pas ! C’est très noir mais j’ai apprécié aussi le travail de documentation sur le conflit serbo-croate et la guerre des Balkans. J’ai parfois fait une pause dans cette lecture, l’auteur nous plonge dans une inhumanité totale et j’ai éprouvé le besoin de lire autre chose, de plus léger et joyeux. Mattias KÖPING est un indéniable grand auteur de thriller.

Extraits : « Lieu inconnu – vendredi 6 janvier 2017, 22h13 – Enfin seul ! Un tombereau d’heures supplémentaires s’était déversé sur sa tête au bureau. Toute la semaine, Serge Vivardoux avait aspiré à cette soirée et à ce long Week-end d’hiver, à l’abri des frimas, bien au chaud dans sa tanière. Vivardoux était en congé pour quatre jours. Il venait de toucher sa prime et il comptait en profiter à mort. Il entrait en immersion continue dans sa bulle. Il composa le code d’entrée de son antre. Sitôt la porte entrouverte, les remugles lui fouettèrent les narines. Des relents de pieds douteux et de sueur rance empuantissaient la chambre jamais aérée […] A une vitesse prodigieuse, ses courtes saucisses aux ongles en deuil tapaient les lignes des adresses qui le plongeraient dans les profondeurs les secrètes du dark net […] Le hardcore c’est déjà démodé […] il était désormais un habitué des sites les plus odieux de hurtcore. »

« L’espèce humaine admirait ses convulsions en direct , partout et tout le temps, filmant sa fin prochaine sans rien tenter pour l’empêcher. »

Ma chair et mon sang

Ma chair et mon sang est un récit de Dalila DOUFENE, publié en 2018 aux Editions Baudelaire. Il s’agit de son premier manuscrit.

L’auteure : J’ai été contactée sur Instagram par Dalila DOUFENE (@dalyjuste) qui m’a présenté son livre. Le thème m’a intéressée et je l’ai donc acheté. L’auteure est une jeune femme qui a été victime d’abandon, ce qui n’a pas été sans conséquences. Maman d’une petite fille dont le papa n’a pas souhaité la reconnaître, elle nous livre son histoire.

Le résumé : « Alors il m’ordonna d’avorter, sans même communiquer avec moi, voilà sa requête, se débarrasser du problème ni vu ni connu. Cette fois c’est moi qui en ai eu assez de ces conneries, la vie ce n’était pas se débarrasser d’un enfant en un claquement de doigt. Je me suis levée, je venais de comprendre que je n’avais pas eu affaire à un homme en face de moi, mais à un gamin capricieux… ».

Mon avis : Cette biographie se lit rapidement, 75 pages très bien écrites. J’ai aimé le combat de cette jeune maman, étonnante de maturité, qui se bat pour que sa fille soit reconnue par son père. Un père qui réfute cette paternité mais au-delà de ça nie avoir eu une relation avec la maman et refusera toujours de se soumettre à un test ADN. La justice est saisie et l’auteure nous raconte les avancées de l’affaire, les espoirs et les déceptions. Ce qui m’a marqué dans cette biographie, c’est le sens des responsabilités de cette jeune maman, qui se bat seule, avec ses moyens en ayant toujours en tête qu’une seule chose, le bien-être psychologique, affectif de sa petite fille. Livre à lire et à offrir !

Extrait : « …je me démènerai toute ma vie pour qu’enfin justice soit faite, d’une part pour elle, qu’elle sache qui elle est, qui sont ses parents, quels choix ils ont fait ».

« Chaque histoire est différente mais a le même point commun : l’enfant est victime. Et tôt ou tard, à l’aboutissement de nos actions, qu’elles soient positives ou négatives, la facture nous sera tendue ».

Le fabricant de poupées de Cracovie

Le fabricant de poupée de Cracovie est un roman de R.M. ROMERO édité aux Editions Gallimard Jeunesse en septembre 2018. Il s’agit d’un roman conseillé à partir de 12 ans par l’éditeur. La traduction depuis l’anglais (Etats-Unis) est de Anne Krief. 364 pages.

L’auteur : R.M. ROMERO vit avec sa famille dans le Colorado, aux Etats-Unis. Sa visite de Cracovie et d’Oswiecim, lorsqu’elle était adolescente, l’a inspirée pour rédiger son premier roman. Quand elle n’est pas en train d’écrire ou de lire, elle étudie l’allemand et le polonais.

Le résumé de l’éditeur : Pologne, 1939. Un soir, une poupée du nom de Karolina prend vie dans l’atelier de Cyryl, le fabricant de jouets. La joie et le courage de la petite poupée enchantent le quotidien de l’homme solitaire. Karolina lui apprend que le monde des poupées d’où elle vient est en guerre, tout comme celui des hommes. En ces temps sombres et tourmentés, la magie de Karolina et de Cyryl suffira-t-elle à protéger ceux qu’ils aiment ? Oppression, survie, solidarité, résistance jusque dans le ghetto de Cracovie pendant la Seconde Guerre Mondiale : un conte singulier et merveilleux.

Mon avis : Il est très rare que je lise des romans jeunesse et c’est en faisant un tour dans le rayon dédié pour ma fille de 12 ans que je suis tombée sur ce livre. J’ai trouvé la couverture superbe, le titre et le résumé m’ont attirée. C’est au cours de l’été 2005 que l’auteure, adolescente, s’est rendue en Pologne, à Brzezinka (plus connu sous le nom d’Auschwitz-Birkenau), où plus d’un million de personnes ont été exterminées par les nazis. Ce qu’elle a vu l’a hantée pendant des années. A cette époque, peu d’américains se rendaient en Pologne qui faisait encore partie du bloc de l’Est. De retour aux Etats-Unis, elle a tenté de retranscrire à plusieurs reprises son expérience puis a fini par écrire une histoire qui s’y rapporte. L’auteure met en scène dans ce roman une magie qui malheureusement n’était pas présente en cette période de guerre. J’ai beaucoup aimé ce livre, une mélange de conte merveilleux et de réalité historique. Le merveilleux domine mais certains passages sont plus durs. La fin est surprenante pour un roman jeunesse et m’a profondément émue. L’écriture est belle, je conseille cette lecture aux ados mais aussi aux adultes.

Extrait : «  »On a toujours le choix ». Nous avons toujours le choix de participer à des actes odieux, de détourner le regard… ou de soulager les maux dont nous sommes témoins de part le monde, en faisant preuve de bravoure et de bonté. Je vous en prie, soyez bon. Je vous en prie, soyez brave. Je vous en prie, faites que cela n’arrive plus jamais ».

Good Morning, Mr. President

Good Morning, Mr. President, ma (folle) vie de sténo à la Maison-Blanche d’Obama de Rebecca DOREY-STEIN, est édité en septembre 2018 aux Editions NIL. La traduction est de Catherine Gibert. 444 pages. Il va être prochainement adapté au cinéma par les studios Universal.

L’auteur : Avant de travailler à la Maison-Blanche, Rebecca DOREY-STEIN était professeur d’anglais. Puis elle enchaine les petits boulots et multiplie les candidatures. Elle tombe alors sur une annonce postée sur Craigslist et décroche le job qui a bouleversé sa vie : en février 2012, elle est devient sténo pour la Maison Blanche dans l’équipe d’Obama. Elle démissionnera en 2017 et ne travaillera qu’1 mois avec Donald Trump. Pendant cette expérience elle trouve sa voie : l’écriture. A l’issue on lui a proposé un contrat de deux livres et le prochain sera une fiction.

Le résumé de l’éditeur : A 25 ans, Rebecca DOREY-STEIN en a assez de cumuler les petits boulots et les histoires d’amour désastreuses. Elle prend alors sa première décision d’adulte et répond à une annonce pour un vrai job à Washington. Quand elle apprend qu’il s’agit d’un poste à a Maison-Blanche, dans l’équipe de sténos d’Obama, c’est l’euphorie… et l’angoisse. Pendant 5 années folles, de 2012 à 2017, elle devient l’ombre du président, enregistreur et micro à la main. L’adrénaline, l’autodérision (et la vodka) sont les principaux carburants de ceux qui, comme elle, ont fait le choix de laisser leur vie derrière eux pour monter à bord de l’Air Force One au service du président le plus séduisant depuis Kennedy. Entre un point-presse à la Maison-Blanche et deux voyages au bout du monde, Rebecca apprend les ficelles du protocole, fête son anniversaire avec le président, et tombe amoureuse de celui qu’il ne fallait pas approcher.

Mon avis : La couverture rose bonbon, le thème et le fait que ce soit un récit et non un roman, c’est ce qu’il me fallait après des lectures très différentes. J’aime alterner un bon thriller ou un roman poignant avec un récit drôle et léger. J’ai dévoré les 444 pages avec je crois en permanence le sourire aux lèvres. On découvre le fonctionnement d’une équipe autour du président et c’est ce qui est le plus intéressant. J’ai moins accroché sur les états d’âmes amoureux de Rebecca mais c’est bien écrit, je ne me suis jamais ennuyée. Rebecca raconte avec légèreté le quotidien d’une jeune femme dynamique propulsée au plus près du pouvoir mais avec l’actualité beaucoup moins rose en toile de fond. La défaite d’Hillary Clinton en novembre 2016 et l’arrivée de Donald Trump à la présidence feront que Rebecca démissionnera et se lancera dans l’écriture. Le livre est en cours d’adaptation au cinéma, une comédie sympathique à la Bridget Jones en perspective.

Extrait : « Peu de temps après, Peggy m’annonce qu’il est temps pour moi de voler de mes propres ailes. En clair, que je voyage à bord d’Air Force One toute seule comme une grande. La veille de mon premier déplacement de plus de vingt-quatre heures en Oklahoma, je ne ferme pas l’œil de la nuit – non parce que je suis angoissée, ce que je suis aussi, mais parce que je suis en proie à une indécision carabinée quant au choix des tenues à emporter (…) Le lendemain matin, dans un accès de pure panique, je prends un ou deux pulls supplémentaires ainsi que deux paires de chaussures au cas où je croiserais un ouragan, des inondations ou un feu de forêt. J’emporte l’équivalent d’un mois de tenues pour une nuit et je me sens affreusement ridicule (…) Tandis que je cours ventre à terre dans le couloir en trainant mon sac derrière mois, j’entends Lisa crier mon nom. Attends ! dit-elle en me rattrapant. Tu pars avec ça ? me demande-t-elle avec un regard assassin pour mon sac. Lisa ne porte que des fringues de marque qui n’ont pas plus d’un mois. Par conséquent, elle voue une haine encore plus féroce encore à mon sac qu’à ma robe verte qui, par chance, a moins de dix ans. »

Le Signal

Le Signal est un roman de Maxime CHATTAM, édité aux Editions Albin Michel en octobre 2018. 740 pages.

L’auteur : Maxime CHATTAM est l’un de noms de plume de Maxime DROUOT, il est né en France en 1976. Il a publié plusieurs romans policiers et thrillers. Il est connu pour ses grands cycles de romans, dont La Trilogie du Mal. Il est le spécialiste du genre en France. Maxime CHATTAM fait partie du collectif d’écrivains La Ligue de l’Imaginaire, qui comporte notamment Franck THILLIEZ et Bernard WEBER. Il connaît rapidement le succès. Son premier thriller, Le Cinquième règne, publié en 2003 par les éditions du Masque sous le pseudonyme de Maxime WILLIAMS, remporte le prix Fantastic’Arts du festival de Gérardmer. Le premier volet de sa Trilogie du Mal, L’Âme du Mal, reçoit quant à lui le Grand Prix Sang d’Encre en 2002. Loué par les fans de thriller, il grimpe au sommet des ventes à la sortie de chaque nouveau roman. (Source : site Fnac).

Résumé de l’éditeur : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Mon avis : Il s’agit du premier roman de Maxime CHATTAM que je lis. C’est un auteur très connu, qui a du succès, mais jusqu’à présent je n’ai jamais été attirée, je ne sais pas pourquoi… Trop de fantastique peut-être, ai-je pensé ?  Le Signal m’a tenté après avoir vu un teaser sur le compte Instagram de l’éditeur et lu le résumé. Une fois en librairie, la belle couverture noire et argent et la relecture du résumé…et bien j’ai craqué et je me suis dit « pourquoi pas, je tente ». J’ai littéralement plongé dans ce thriller de plus de 700 pages dès les premières lignes et je l’ai dévoré ce week-end. Je suis fan de Stephen KING et je ne lui ai pas encore trouvé d’équivalent (je n’ai pas tout lu non plus !) mais l’objectif dès le départ était de ne surtout pas comparer. Stephen KING est le maître de l’horreur et de l’épouvante mais je ne suis pas du tout partie avec l’idée que Le Signal serait obligatoirement moins bien. Malgré les quelques clichés que l’on retrouve dans ce thriller j’ai adoré. Le thème de la maison hantée dans une petite ville repliée sur elle-même, la bande de copains ado… classique…  J’ai retrouvé aussi des détails qui m’ont fait penser à plusieurs romans de Stephen KING, je ne sais pas si c’est volontaire de la part de l’auteur… J’imagine que oui. On peut dire que Le Signal « fait le job » ! Je me suis attachée aux personnages, j’ai aimé le style de l’auteur et tout en lisant je visualisais les scènes comme au cinéma, je me suis laissée embarquée totalement dans l’histoire. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas. Le seul bémol, une scène censée être gore m’a fait sourire… et ce n’est en principe pas le but… (une scène dans une baignoire, je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler). En tous cas, Je lirai surement un autre roman, voir plusieurs, de cet auteur, reste à savoir lequel.

Extrait : « Quelque chose attira brusquement l’attention de Duane dans le rétroviseur intérieur. Il ne vit pourtant rien une fois les yeux levés dans sa direction. Qu’avait-il cru percevoir ? Le suivait-on ? Non, c’était impossible, il l’aurait repéré depuis longtemps, et puis rouler sans aucun phare, si rapidement, sur une route dangereuse, ce n’était pas possible… Un filet de sueur froide longea alors sa colonne vertébrale… Ses  pupilles passaient de l’asphalte craquelé devant lui aux rétroviseurs pour s’assurer qu’il n’y avait pas un autre véhicule dans son sillage. Rien. Seulement le vide obscur à trois cent soixante degrés… Puis il sentit de nouveau un mouvement dans le rétroviseur central. Il comprit. Tout son corps se tendit sur son siège. C’était à l’intérieur ! Quelqu’un derrière lui sur la banquette ou dans l’espace qui servait de coffre. »

Mark Zuckerberg, la biographie

Mark Zuckerberg, la biographie de Daniel ICHBIAH est paru en octobre 2018 aux Editions de La Martinière. 322 pages.

L’auteur : Daniel ICHBIAH est écrivain et journaliste français, spécialiste des nouvelles technologies. Il s’agit ici de son troisième ouvrage consacré aux succes stories de la Silicon Valley, après les biographies de références Bill Gates et la saga Microsoft et Les 4 vies de Steve Jobs. Il a également publié un livre sur l’histoire de Google, de la saga des jeux vidéo mais aussi des biographies musicales.

Son site et son blog

Résumé de l’éditeur : A 18 ans, Zuckerberg refuse une offre de Microsoft qui aurait pu le rendre millionnaire, préférant suivre des études à Harvard. A l’université il conçoit Facebook et fait mouche. Devenu milliardaire à 24 ans, il rachète WhatsApp, Instagram… des services utilisés par plus de 2 milliards de personnes ! Troisième fortune mondiale en 2018, il compte parmi les donateurs les plus généreux de la planète. On lui prête même l’ambition de devenir président des Etats-Unis… Une trajectoire supersonique sans équivalent à ce jour. Oui mais… Derrière les professions de foi humanistes – « un monde ouvert et connecté » – et l’altruisme revendiqué de son PDG, que cache vraiment le projet Facebook ? Quel rôle a t-il joué dans l’élection de Donald Trump, l’explosion des fake news ? Que deviennent les données récoltées auprès des utilisateurs ? Zuckerberg se servirait-il de Facebook comme d’un cheval de Troie au cœur de nos démocraties – quand on sait qu’il revendique sans état d’âme  » la domination mondiale ? » Ou tel un Frankenstein du XXIème siècle, a t-il été dépassé par sa créature ?

Mon avis : Férue de nouvelles technologies, j’ai déjà dans ma bibliothèque quelques biographies et livres sur Steve Jobs notamment. Les récits sur le sujet m’intéressent particulièrement et quand j’ai vu celui-ci chez mon libraire, je n’ai pas hésité. Tout d’abord l’auteur est un grand spécialiste de la Silicon Valley et des nouvelles technologies. Pour construire son livre il a recoupé des témoignages de proches, retranscrit les messages privés et les réunions en huis clos et récolté des milliers d’informations, pour délivrer une biographie complète et actualisée. Daniel ICHBIAH fait un portrait du fondateur de Facebook de ses débuts à aujourd’hui et aux révélations Cambridge Analytica. Je l’ai lu en quelques heures avec plaisir. Qui est vraiment Mark Zuckerberg ? Un geek génial qui a été dépassé par ce qu’il a créé ? Un véritable altruiste ? Un requin aux dents longues qui veut réellement dominer le monde ? En refermant ce livre très bien documenté je me suis fait ma propre opinion, plutôt bienveillante sur le personnage. Quelle sera la votre ? Je conseille vivement cette lecture si le sujet vous intéresse et plus globalement les nouvelles technologies, le sujet de la vie privée et de la récupération/vente des données personnelles, les services de renseignement et les réseaux sociaux…

Extraits : « J’ai fait toutes les erreurs que vous pourriez faire. Quand j’ai démarré, j’étais très jeune et inexpérimenté. J’ai commis des erreurs techniques et des erreurs de Business. J’ai embauché les mauvaises personnes. J’ai probablement lancé plus de produits qui ont échoué que la plupart des gens dans leur vie. Mark Zuckerberg, sur CNN, le 22 mars 2018. »

« Nous pensions que Mark allait l’adorer. Or, le jour de la démo, il s’est mis à crier : ‘C’est de la daube ! Recommence tout !’ Il a balancé un verre d’eau sur l’ordinateur de Putnam. » et s’est éclipsé, laissant les programmeurs en état de choc. « 

« Je vais vous décevoir, en dehors du boulot, il ne fait rien d’extraordinaire… Qu’y a-t-il de plus frappant concernant Zuckerberg ? C’est de voir à quel point il mène une vie ordinaire… « 

Concours pour le paradis

Concours pour le paradis, de Clélia RENUCCI, est paru le 22/08/2018 aux Editions Albin Michel.

L’auteur : Clélia RENUCCI, 33 ans,  est doctorante en littérature française et enseignante. Elle vit à New York et il s’agit de son premier roman.

Résumé de l’éditeur : « Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. » Dans le décor de la spectaculaire Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia RENUCCI fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis : J’ai beaucoup vu ce roman sur les réseaux sociaux, dans les médias et j’attendais pour éventuellement le lire. De passage chez mon bouquiniste, je tombe sur un exemplaire d’occasion et je décide de l’acheter, bien que dépourvu de sa belle sur-couverture. J’ai lu les 266 pages en une soirée et je me suis retrouvée plongée dans une période de l’Histoire que je ne connaissais pas, le XVIème siècle de Titien et Véronèse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la Grande salle du Conseil du Palais des Doges à Venise et mon ignorance était totale quant à la genèse de cette toile monumentale qu’est le Paradis de Tintoret. L’auteure nous conte l’histoire de cette œuvre, née à la suite d’un gigantesque incendie qui ravagea le Palais des Doges et notamment une fresque du XIVème siècle, Le couronnement de la Vierge au Paradis. 1577, un concours est lancé afin de réaliser une immense toile pour la salle du Grand Conseil, elle ne sera achevée qu’en 1592. C’est extrêmement bien documenté, Clélia RENUCCI nous conte les rivalités entre Le Tintoret et Véronèse, les deux peintres aux caractères totalement opposés. On est embarqué dans le milieu artistique de l’époque mais aussi politique et c’est aussi l’envers du décor que l’on découvre : mensonges, manipulations, rivalités. Les personnages sont hauts en couleur, le style de l’auteure est moderne, dynamique. Je suis sortie moins ignare de cette lecture, sans m’être ennuyée un seul instant et rien que pour cela je vous le conseille que vous soyez amateur d’Histoire, d’Art ou pas du tout.

Extraits : « Le pape Grégoire XIII en pâlira de jalousie, sa Chapelle Sixtine et son fresquiste Michel-Ange seront relégués au rang de survivance pittoresques… « 

« Demain peut-être saurons-nous lire dans le visage de ses anges rayonnants l’expression de ce que fut Venise. On retrouvera alors dans l’éclat de leurs batailles le talent des artistes qui se sont succédés pour nous inciter tous, un jour, à regarder le Paradis en face. »

La marelle

La marelle, de Samantha BAILLY, est paru le 23 octobre 2018 en version numérique uniquement et en autoédition afin de comparer avec l’édition traditionnelle. Ce qui a suscité des réactions positives mais aussi des insultes de la part de libraires.

L’auteur : Samantha BAILLY, née en 1988, a publié son premier roman a 19 ans, Oraison, salué par le Prix Imaginales des Lycéens en 2011. Détentrice d’un Master en Littérature Comparée et détentrice d’un Master professionnel en édition, elle travaille durant 2 ans dans une entreprise de jeux vidéo en tant que rédactrice. Auteur de romans de Fantasy, de romans contemporains, de contes, de scénarios de mangas et de films, elle navigue entre tous les genres qui interpellent son imaginaire. Son projet majeur est la construction d’une fresque d’ouvrages sur sa génération et son rapport au réel, entamée avec le roman Les Stagiaires (2014), dont les droits ont été cédés au cinéma, qui est suivi des titres À durée déterminée (2017) et Indéterminés (2018) chez JC Lattès.  Elle tente de déchiffrer à travers la fiction les mécanismes qui vont de pair avec ce que l’on nomme « la génération Y ». Aujourd’hui elle vit à Paris et en 2017 elle est élue présidente de la Charte des auteurs  et illustrateurs jeunesse.

Source : http://www.samantha-bailly.com/

Résumé de l’auteur : « J’ai toujours voulu être lue. Trouver un homme qui, comme moi, serait un lecteur averti, qui chercherait à déchiffrer, à lire entre les mots, à traquer les auréoles de poésie qui viennent parfois tacher le monde. Je ne voulais pas l’un de ces flâneurs qui sautent des chapitres, non. J’attendais celui qui prendrait l’histoire dans l’ordre ou le désordre, mais qui saurait recomposer le puzzle. Avant de te rencontrer, j’avais oublié combien j’aimais lire les visages, les peaux, les silences. Et puis je t’ai perdu. Parce que j’avais accepté le jeu. Ce jeu de la marelle, avec toi. » Sarah va bientôt avoir trente ans. Tout lui réussit : un poste prestigieux dans l’univers prisé de la mode, une bande d’amis qui brûle la chandelle par les deux bouts, une vie de couple épanouie. C’est alors qu’un soir, elle tombe sur un livre : Marelle, de Julio Cortazar. Cette trouvaille est un séisme. Ce livre n’est pas n’importe lequel : les pages sont annotées de sa main et de celle d’un homme qu’elle a aimé bien des années plus tôt. Le passé ressurgit sans crier gare, et avec lui, les fantômes d’une passion aussi intense qu’insensée. Elle et lui avaient décidé de jouer à un jeu. Le jeu d’une passion véritable, sans se révéler leurs identités, un jeu qui devait rester en périphérie de leurs existences, ne jamais s’inviter dans la réalité. Bouleversée par ce livre qu’elle est incapable d’oublier, dernière trace de cette passion enfouie, Sarah va se lancer dans une enquête éperdue pour retrouver celui dont elle ignore tout, sinon que de l’aimer l’a marquée d’une brûlure indélébile. Naviguant entre passé et présent, La Marelle est un aller-retour permanent entre la terre du pragmatisme et le ciel des idéaux, où se consument, se refroidissent et reprennent les flammes de toutes les passions, créatives, professionnelles et amoureuses. Un roman qui parle du feu en chacun d’entre nous.

Mon avis : Après la lecture de La tresse et du dernier livre de Baptiste Beaulieu, j’avais envie de légèreté. Je suis le compte de Samantha BAILLY sur Instagram et j’ai pensé que La marelle serait parfait. Et je ne me suis pas trompée ! Ce roman est un bonbon que j’ai dévoré en quelques heures. Un bonbon qui fait du bien ! Une fois de plus je suis sortie de ma zone de confort car ce n’est pas le genre d’histoire qui m’attire. J’avais bien aimé aussi le fait que l’auteure fasse voter les internautes pour le choix de la couverture et j’ai dans ma pile à lire un autre roman, A durer déterminée, que j’envisage de lire aussi entre 2 livres plus sombres. J’ai aimé suivre Sarah, Nathaniel, Clo, Nam et Marion, l’amie Canadienne. Il y a de l’humour et je me suis laissée totalement embarquée.