Gabriële

Gabriële est un récit d’Anne et Claire BEREST, paru aux Editions Stock en 2017 et en janvier 2019 aux Editions Le Livre de poche. J’ai reçu ce livre dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019 catégorie Littérature. 445 pages pour la version poche.

Les auteures : Anne et Claire BEREST sont deux sœurs romancières et arrières petites filles de Gabriële Buffet-Picabia. Avant de devenir écrivain, Anne BEREST a dirigé la revue du théâtre du Rond-Point. Elle publie son premier roman en 2010, La fille de son père. Suivent Les Patriarches (Grasset, 2012), Sagan 1954 (Stock, 2014) et Recherche femme parfaite (Grasset, 2015). Claire BEREST publie son premier roman, Mikado, à 27 ans et a été professeur de français. Suivront deux autres romans : L’Orchestre vide (Stock, 2012) et Bellevue (Stock, 2016) et deux essais : La lutte des classes. Pourquoi j’ai démissionné de l’Education Nationale (Léo Scherr, 2012) et Enfants perdus, enquête à la brigade des mineurs (Plein jour, 2014 et Pocket, 2015).

Le résumé : Septembre 1908. Gabriële Buffet, une jeune femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, un peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient la « femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Etival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début du XXème siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.

Mon avis : Gabriële est une lecture que je n’aurais sans doute pas découverte si je ne n’avais pas fait partie des membres du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2019. Ecrit à quatre mains par les arrières petites filles de Gabriële Buffet-Picabia, ce récit fut une belle surprise. J’ai aimé la plongée dans les années 1900 et dans le monde de l’Art de cette époque et j’ai beaucoup appris car le travail de recherche et de documentation est très poussé. C’est aussi ce qui me plait dans une lecture, apprendre ! Le récit est agrémenté de quelques photos de Gabriële et Francis et les commentaires des deux auteures en fin de chapitre sur leurs impressions, leurs échanges de souvenirs contribuent au plaisir que j’ai eu à la lecture. Le personnage de Gabriële est détonnant pour son époque : passionnée de musique c’est une femme libre, indépendante, qui ne vit que pour elle jusqu’à la rencontre avec Picabia qu’elle va aimer de façon inconditionnelle et qu’elle va inspirer ainsi que d’autres artistes de ce siècle (Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire). Plusieurs fois mère, elle semble peu enclin aux sentiments maternels. Le lecteur découvre une époque riche au niveau artistique et une femme dont l’Histoire (avec un grand H) parle peu et décédée à plus de 104 ans. J’ai découvert également l’œuvre de Francis Picabia à travers ce livre et je suis allée la découvrir sur Internet : https://www.picabia.com/

Extraits : « Mais comment pourrait-elle comprendre que Gabriële n’a que faire de l’homme, elle n’est là que pour l’artiste. Elle le lui laisse, l’embarras d’un mari ! Elle ne garde que l’esprit. »

« L’astringent goût du bizarre se pose déjà sur les lèvres de l’enfant, et toute sa vie elle signera de ce prénom, mais en variant les écritures, Gabriële, Gabrièle ou Gabrielle. Elle ne se soumettra à aucune loi, pas même celle de l’orthographe. »

« Francis Picabia la réalise en juin 1909, au retour de son voyage de noces en Espagne. Pour la première fois, un peintre peint quelque chose qui ne représente RIEN. Avant Picasso. Avant Kandinsky. »

J’ai survécu à ma mère

J’ai survécu à ma mère, survivre à la maltraitance : l’histoire vraie d’une fillette martyrisée est un récit autobiographique de Victoria SPRY, paru aux Editions City en 2016 pour la traduction française. Il a été publié en Grande-Bretagne sous le titre Tortured. 373 pages.

L’auteur : Victoria SPRY a aujourd’hui 28 ans. Depuis la fin de son calvaire il y a 10 ans, elle a enfin appris à lire, écrire et est allée à l’université. Victoria construit aujourd’hui une vie de famille normale avec son compagnon et ses chiens.

Le résumé : « Si tu parles, jamais personne ne te croira ». Aux yeux de tout le monde, la mère de la petite Victoria est dévouée et aimante. Elle affiche l’image lisse et tranquille d’une famille parfaite. Mais une fois la porte de la maison refermée, elle se transforme en un véritable bourreau, un monstre cruel. Dès l’âge de 3 ans, Victoria subit la colère de cette mère terrible : elle est battue, humiliée et maltraitée. Son enfer est quotidien, son calvaire inimaginable. La femme qui devrait l’aimer et la protéger la roue de coups, lui fait avaler du détergent ou l’attache nue dans la cave en plein hiver… Ce véritable martyre va durer 18 ans. Dix-huit très longues années. Jusqu’au jour où Victoria aura le courage de dénoncer son bourreau. Avant de se reconstruire tant bien que mal et de commencer à vivre. Enfin.

Mon avis : Ce livre était dans ma Pile A Lire depuis cet été. Je l’ai lu d’une traite ou presque. Il s’agit d’une histoire vraie, bouleversante. Victoria SPRY raconte son enfer quotidien et c’est insoutenable. Dès les premières pages du récit les horreurs commencent et se succèdent sans répit… Est-on dans un thriller ? Non il s’agit bien de la réalité, la cruauté humaine ne manque pas d’imagination… Tortures jusqu’à la frontière de la vie avec la mort, emprise psychologique, sa  « mère » fait passer Victoria pour une autiste aux yeux de tous, des médecins et lui assène qu’elle est l’enfant du Diable. Les questions que l’on se pose : comment est-ce possible ? Comment Eunice, la « mère » a t’elle pu manipuler et berner les services sociaux, le corps médical ?… Eunice Spry a été condamnée à 14 ans de prison, 26 chefs d’accusation, en sortira au bout de 7 en 2014 à l’âge de 71 ans. La reconstruction de Victoria sera longue, difficile et ce qui m’a marqué dans ce récit c’est sa force mentale, de vouloir et pouvoir accéder à une vie normale et heureuse malgré les souvenirs précis et bien ancrés des tortures physiques et psychologiques subies pendant 18 interminables années.

A voir sur YouTube, la vidéo « L’histoire de Victoria, Alloma et Christopher Spry ».

Ma chair et mon sang

Ma chair et mon sang est un récit de Dalila DOUFENE, publié en 2018 aux Editions Baudelaire. Il s’agit de son premier manuscrit.

L’auteure : J’ai été contactée sur Instagram par Dalila DOUFENE (@dalyjuste) qui m’a présenté son livre. Le thème m’a intéressée et je l’ai donc acheté. L’auteure est une jeune femme qui a été victime d’abandon, ce qui n’a pas été sans conséquences. Maman d’une petite fille dont le papa n’a pas souhaité la reconnaître, elle nous livre son histoire.

Le résumé : « Alors il m’ordonna d’avorter, sans même communiquer avec moi, voilà sa requête, se débarrasser du problème ni vu ni connu. Cette fois c’est moi qui en ai eu assez de ces conneries, la vie ce n’était pas se débarrasser d’un enfant en un claquement de doigt. Je me suis levée, je venais de comprendre que je n’avais pas eu affaire à un homme en face de moi, mais à un gamin capricieux… ».

Mon avis : Cette biographie se lit rapidement, 75 pages très bien écrites. J’ai aimé le combat de cette jeune maman, étonnante de maturité, qui se bat pour que sa fille soit reconnue par son père. Un père qui réfute cette paternité mais au-delà de ça nie avoir eu une relation avec la maman et refusera toujours de se soumettre à un test ADN. La justice est saisie et l’auteure nous raconte les avancées de l’affaire, les espoirs et les déceptions. Ce qui m’a marqué dans cette biographie, c’est le sens des responsabilités de cette jeune maman, qui se bat seule, avec ses moyens en ayant toujours en tête qu’une seule chose, le bien-être psychologique, affectif de sa petite fille. Livre à lire et à offrir !

Extrait : « …je me démènerai toute ma vie pour qu’enfin justice soit faite, d’une part pour elle, qu’elle sache qui elle est, qui sont ses parents, quels choix ils ont fait ».

« Chaque histoire est différente mais a le même point commun : l’enfant est victime. Et tôt ou tard, à l’aboutissement de nos actions, qu’elles soient positives ou négatives, la facture nous sera tendue ».

Mark Zuckerberg, la biographie

Mark Zuckerberg, la biographie de Daniel ICHBIAH est paru en octobre 2018 aux Editions de La Martinière. 322 pages.

L’auteur : Daniel ICHBIAH est écrivain et journaliste français, spécialiste des nouvelles technologies. Il s’agit ici de son troisième ouvrage consacré aux succes stories de la Silicon Valley, après les biographies de références Bill Gates et la saga Microsoft et Les 4 vies de Steve Jobs. Il a également publié un livre sur l’histoire de Google, de la saga des jeux vidéo mais aussi des biographies musicales.

Son site et son blog

Résumé de l’éditeur : A 18 ans, Zuckerberg refuse une offre de Microsoft qui aurait pu le rendre millionnaire, préférant suivre des études à Harvard. A l’université il conçoit Facebook et fait mouche. Devenu milliardaire à 24 ans, il rachète WhatsApp, Instagram… des services utilisés par plus de 2 milliards de personnes ! Troisième fortune mondiale en 2018, il compte parmi les donateurs les plus généreux de la planète. On lui prête même l’ambition de devenir président des Etats-Unis… Une trajectoire supersonique sans équivalent à ce jour. Oui mais… Derrière les professions de foi humanistes – « un monde ouvert et connecté » – et l’altruisme revendiqué de son PDG, que cache vraiment le projet Facebook ? Quel rôle a t-il joué dans l’élection de Donald Trump, l’explosion des fake news ? Que deviennent les données récoltées auprès des utilisateurs ? Zuckerberg se servirait-il de Facebook comme d’un cheval de Troie au cœur de nos démocraties – quand on sait qu’il revendique sans état d’âme  » la domination mondiale ? » Ou tel un Frankenstein du XXIème siècle, a t-il été dépassé par sa créature ?

Mon avis : Férue de nouvelles technologies, j’ai déjà dans ma bibliothèque quelques biographies et livres sur Steve Jobs notamment. Les récits sur le sujet m’intéressent particulièrement et quand j’ai vu celui-ci chez mon libraire, je n’ai pas hésité. Tout d’abord l’auteur est un grand spécialiste de la Silicon Valley et des nouvelles technologies. Pour construire son livre il a recoupé des témoignages de proches, retranscrit les messages privés et les réunions en huis clos et récolté des milliers d’informations, pour délivrer une biographie complète et actualisée. Daniel ICHBIAH fait un portrait du fondateur de Facebook de ses débuts à aujourd’hui et aux révélations Cambridge Analytica. Je l’ai lu en quelques heures avec plaisir. Qui est vraiment Mark Zuckerberg ? Un geek génial qui a été dépassé par ce qu’il a créé ? Un véritable altruiste ? Un requin aux dents longues qui veut réellement dominer le monde ? En refermant ce livre très bien documenté je me suis fait ma propre opinion, plutôt bienveillante sur le personnage. Quelle sera la votre ? Je conseille vivement cette lecture si le sujet vous intéresse et plus globalement les nouvelles technologies, le sujet de la vie privée et de la récupération/vente des données personnelles, les services de renseignement et les réseaux sociaux…

Extraits : « J’ai fait toutes les erreurs que vous pourriez faire. Quand j’ai démarré, j’étais très jeune et inexpérimenté. J’ai commis des erreurs techniques et des erreurs de Business. J’ai embauché les mauvaises personnes. J’ai probablement lancé plus de produits qui ont échoué que la plupart des gens dans leur vie. Mark Zuckerberg, sur CNN, le 22 mars 2018. »

« Nous pensions que Mark allait l’adorer. Or, le jour de la démo, il s’est mis à crier : ‘C’est de la daube ! Recommence tout !’ Il a balancé un verre d’eau sur l’ordinateur de Putnam. » et s’est éclipsé, laissant les programmeurs en état de choc. « 

« Je vais vous décevoir, en dehors du boulot, il ne fait rien d’extraordinaire… Qu’y a-t-il de plus frappant concernant Zuckerberg ? C’est de voir à quel point il mène une vie ordinaire… «