Summer

Summer est un roman de Monica SABOLO, paru en 2017 aux Editions JC Lattès puis aux Editions Le livre de poche en janvier 2019. 283 pages pour l’édition poche.

L’auteure : Monica SABOLO est une romancière française née à Milan en Italie. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle est journaliste et a travaillé pour Elle, 20 ans et Voici. Elle a reçu le Prix de Flore en 2013 pour Tout cela n’a rien à voir avec moi et le Grand Prix de la SGDL en 2015 pour Crans-Montana (Sources : Babelio et Éditions JC Lattès).

Résumé : Lors d’un pique-nique au bord du Lac Léman, Summer Wassner, 19 ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet, Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

Mon avis : J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de poche 2019 pour la sélection du mois de février. Je l’ai lu d’une traite car l’écriture est vraiment très belle, poétique et donc fluide. Malheureusement je n’ai pas été sensible au récit. Le personnage de Benjamin n’a jamais réussi à m’émouvoir malgré ses tourments. La fin ne m’a pas surprise, je m’y attendais. Il est par contre indéniable que Monica SABOLO a un réel talent pour décrire cette famille pleine de secrets et de mensonges dans une atmosphère particulière entre thriller et poésie.

Extrait : « J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terres jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée. »

La fin de la solitude

La fin de la solitude est un roman de Benedict WELLS paru en 2016, traduit en français chez Slatkine&Cie en 2017. 341 pages.

Sélection du Prix des Lecteurs 2019 du Livre de Poche.

L’auteur : Benedict WELLS est né en 1984 à Munich. Autodidacte, il n’a jamais fait d’études et à 19 ans, il décide de se consacrer entièrement à l’écriture. Un choix vite couronné de succès : en 2008, il publie Becks letzter Sommer, salué par la presse, qui reçoit le Prix bavarois des arts de de la culture. Avec La fin de la solitude, son quatrième roman, il acquiert une grande notoriété et est numéro un des ventes pendant plusieurs mois. Son dernier roman, Le dernier été, est paru fin août 2018 aux Editions Slatkine&Cie.

Le résumé : Liz, Marty et Jules sont inséparables. Jusqu’au jour où ils perdent leurs parents dans un tragique accident de voiture dans le sud de la France. Placés dans le même pensionnat, ils deviennent vite des étrangers les uns pour les autres, s’enfermant chacun dans une forme de solitude. Jules est le plus solitaire des trois lorsqu’il rencontre Alva, qui devient sa seule amie. Son obsession. Vingt ans plus tard, Jules se réveille d’un coma de quelques jours. À la lisière de l’inconscient, il se souvient.

Mon avis : J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix des Lecteurs 2019 du Livre de Poche, dans la catégorie Littérature, comme je l’ai déjà indiqué dans mon précédent article. Je ne connaissais pas cet auteur et le résumé ne me tentait pas plus que ça. Et bien je me suis laissée complètement emportée par le récit et les personnages. Tout d’abord lentement, doucement, les 100 premières pages puis je n’ai pas pu le lâcher et j’ai lu le livre d’une traite. Le lecteur suit trois orphelins sur 34 années, deux frères et une sœur, de leur enfance après le drame qui les frappe, jusqu’à l’âge adulte. Je me suis particulièrement attachée à Jules pour qui il faudra des dizaines d’années pour arriver à aimer et vivre sa vie comme elle est. Le personnage de Marty aurait mérité d’être plus approfondi tout comme celui de Liz que j’ai trouvé trop superficiel. La fin est très émouvante, j’ai même versé une larme… Ce livre invite à la réflexion sur le sens de la vie, la mort, la gestion du deuil, le destin. Le style est fluide, doux, les mots et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte. Je lirai Le dernier été, publié en août 2018, sans aucun doute sans même en avoir lu le résumé.

Extraits : « Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. On ne sait jamais quand il se retournera contre vous. »

« Mais l’important, ce n’étaient pas les histoires, c’était le regard sur ma vie antérieure. C que j’étais incapable de dire, je le couchais sur le papier. Quand je parlais, je pensais les choses, alors que quand j’écrivais, je les ressentais. »

« La vie n’est pas un jeu sans gagnant ni perdant. Elle ne nous doit rien et les choses arrivent comme ça. Parfois c’est juste et tout a un sens, et parfois tellement injuste qu’on doute de tout. j’ai arraché son masque au destin et, en dessous, je n’ai trouvé que le hasard. »

Concours pour le paradis

Concours pour le paradis, de Clélia RENUCCI, est paru le 22/08/2018 aux Editions Albin Michel.

L’auteur : Clélia RENUCCI, 33 ans,  est doctorante en littérature française et enseignante. Elle vit à New York et il s’agit de son premier roman.

Résumé de l’éditeur : « Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. » Dans le décor de la spectaculaire Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia RENUCCI fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

Mon avis : J’ai beaucoup vu ce roman sur les réseaux sociaux, dans les médias et j’attendais pour éventuellement le lire. De passage chez mon bouquiniste, je tombe sur un exemplaire d’occasion et je décide de l’acheter, bien que dépourvu de sa belle sur-couverture. J’ai lu les 266 pages en une soirée et je me suis retrouvée plongée dans une période de l’Histoire que je ne connaissais pas, le XVIème siècle de Titien et Véronèse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la Grande salle du Conseil du Palais des Doges à Venise et mon ignorance était totale quant à la genèse de cette toile monumentale qu’est le Paradis de Tintoret. L’auteure nous conte l’histoire de cette œuvre, née à la suite d’un gigantesque incendie qui ravagea le Palais des Doges et notamment une fresque du XIVème siècle, Le couronnement de la Vierge au Paradis. 1577, un concours est lancé afin de réaliser une immense toile pour la salle du Grand Conseil, elle ne sera achevée qu’en 1592. C’est extrêmement bien documenté, Clélia RENUCCI nous conte les rivalités entre Le Tintoret et Véronèse, les deux peintres aux caractères totalement opposés. On est embarqué dans le milieu artistique de l’époque mais aussi politique et c’est aussi l’envers du décor que l’on découvre : mensonges, manipulations, rivalités. Les personnages sont hauts en couleur, le style de l’auteure est moderne, dynamique. Je suis sortie moins ignare de cette lecture, sans m’être ennuyée un seul instant et rien que pour cela je vous le conseille que vous soyez amateur d’Histoire, d’Art ou pas du tout.

Extraits : « Le pape Grégoire XIII en pâlira de jalousie, sa Chapelle Sixtine et son fresquiste Michel-Ange seront relégués au rang de survivance pittoresques… « 

« Demain peut-être saurons-nous lire dans le visage de ses anges rayonnants l’expression de ce que fut Venise. On retrouvera alors dans l’éclat de leurs batailles le talent des artistes qui se sont succédés pour nous inciter tous, un jour, à regarder le Paradis en face. »

La marelle

La marelle, de Samantha BAILLY, est paru le 23 octobre 2018 en version numérique uniquement et en autoédition afin de comparer avec l’édition traditionnelle. Ce qui a suscité des réactions positives mais aussi des insultes de la part de libraires.

L’auteur : Samantha BAILLY, née en 1988, a publié son premier roman a 19 ans, Oraison, salué par le Prix Imaginales des Lycéens en 2011. Détentrice d’un Master en Littérature Comparée et détentrice d’un Master professionnel en édition, elle travaille durant 2 ans dans une entreprise de jeux vidéo en tant que rédactrice. Auteur de romans de Fantasy, de romans contemporains, de contes, de scénarios de mangas et de films, elle navigue entre tous les genres qui interpellent son imaginaire. Son projet majeur est la construction d’une fresque d’ouvrages sur sa génération et son rapport au réel, entamée avec le roman Les Stagiaires (2014), dont les droits ont été cédés au cinéma, qui est suivi des titres À durée déterminée (2017) et Indéterminés (2018) chez JC Lattès.  Elle tente de déchiffrer à travers la fiction les mécanismes qui vont de pair avec ce que l’on nomme « la génération Y ». Aujourd’hui elle vit à Paris et en 2017 elle est élue présidente de la Charte des auteurs  et illustrateurs jeunesse.

Source : http://www.samantha-bailly.com/

Résumé de l’auteur : « J’ai toujours voulu être lue. Trouver un homme qui, comme moi, serait un lecteur averti, qui chercherait à déchiffrer, à lire entre les mots, à traquer les auréoles de poésie qui viennent parfois tacher le monde. Je ne voulais pas l’un de ces flâneurs qui sautent des chapitres, non. J’attendais celui qui prendrait l’histoire dans l’ordre ou le désordre, mais qui saurait recomposer le puzzle. Avant de te rencontrer, j’avais oublié combien j’aimais lire les visages, les peaux, les silences. Et puis je t’ai perdu. Parce que j’avais accepté le jeu. Ce jeu de la marelle, avec toi. » Sarah va bientôt avoir trente ans. Tout lui réussit : un poste prestigieux dans l’univers prisé de la mode, une bande d’amis qui brûle la chandelle par les deux bouts, une vie de couple épanouie. C’est alors qu’un soir, elle tombe sur un livre : Marelle, de Julio Cortazar. Cette trouvaille est un séisme. Ce livre n’est pas n’importe lequel : les pages sont annotées de sa main et de celle d’un homme qu’elle a aimé bien des années plus tôt. Le passé ressurgit sans crier gare, et avec lui, les fantômes d’une passion aussi intense qu’insensée. Elle et lui avaient décidé de jouer à un jeu. Le jeu d’une passion véritable, sans se révéler leurs identités, un jeu qui devait rester en périphérie de leurs existences, ne jamais s’inviter dans la réalité. Bouleversée par ce livre qu’elle est incapable d’oublier, dernière trace de cette passion enfouie, Sarah va se lancer dans une enquête éperdue pour retrouver celui dont elle ignore tout, sinon que de l’aimer l’a marquée d’une brûlure indélébile. Naviguant entre passé et présent, La Marelle est un aller-retour permanent entre la terre du pragmatisme et le ciel des idéaux, où se consument, se refroidissent et reprennent les flammes de toutes les passions, créatives, professionnelles et amoureuses. Un roman qui parle du feu en chacun d’entre nous.

Mon avis : Après la lecture de La tresse et du dernier livre de Baptiste Beaulieu, j’avais envie de légèreté. Je suis le compte de Samantha BAILLY sur Instagram et j’ai pensé que La marelle serait parfait. Et je ne me suis pas trompée ! Ce roman est un bonbon que j’ai dévoré en quelques heures. Un bonbon qui fait du bien ! Une fois de plus je suis sortie de ma zone de confort car ce n’est pas le genre d’histoire qui m’attire. J’avais bien aimé aussi le fait que l’auteure fasse voter les internautes pour le choix de la couverture et j’ai dans ma pile à lire un autre roman, A durer déterminée, que j’envisage de lire aussi entre 2 livres plus sombres. J’ai aimé suivre Sarah, Nathaniel, Clo, Nam et Marion, l’amie Canadienne. Il y a de l’humour et je me suis laissée totalement embarquée.

Toutes les histoires d’amour du monde

Toutes les histoires d’amour du monde, de Baptiste BEAULIEU est paru le 17/10/2018 aux Editions Mazarine. 478 pages.

L’auteur : Baptiste BEAULIEU est romancier et médecin et il est l’auteur de plusieurs best-sellers, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (prix France Culture « Lire dans le noir »). Alors vous ne serez plus jamais triste (prix Méditerranée des lycéens 2016). La Ballade de l’enfant gris (Grand prix de l’Académie Française de pharmacie). Son blog Alors voilà compte plus de 8 millions de visiteurs. Il est également chroniqueur sur France Inter dans « Grand bien vous fasse ! ».

Le résumé de l’éditeur : Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie. Jean, lui, tombe des nues : Moïse son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt. Qui est cette femme ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ? Naviguant entre les grands drames du XXème siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Mon avis : J’ai lu les précédents livres de Baptiste BEAULIEU donc je savais déjà que j’allais retrouver sa belle écriture et que je ne serai pas déçue. Déjà, rien que la première de couverture est magnifique. Commencé hier après-midi, je viens de le refermer et….quel beau livre !! A la lecture du résumé je ne m’attendais pas à être si touchée par cette histoire. Une magnifique bouteille à la mer ! L’auteur a en fait retrouvé il y a 5 ans, 10 ans après la mort de son grand-père, des carnets adressés à une inconnue. Ces carnets renferment le récit d’une vie entière de souvenirs. Les chapitres alternent le passé avec le récit du grand-père et aujourd’hui. Une typographie différente marque également cette alternance. L’intérêt du livre est aussi historique, avec la traversée des époques (Première et deuxième guerre mondiale notamment). C’est au fil des pages que l’émotion grandit pour atteindre son paroxysme dans les derniers chapitres et je le referme les larmes aux yeux en pensant à Anne-Lise. Où êtes-vous ?

Extrait : « Le mystère de votre histoire te revient encore et encore. Tu es éclaboussé de rayons : la robe de la fille, le sourire de la fillette… tout te tasse au fond du siège, comme on casse les os aux défunts pour les emboiter dans la caisse. Tu aurais pu être un grand-père aimant et chaleureux, tu ne seras qu’un homme-cailloux calcifié par les remords, recroquevillé loin des vivants. C’est à cet instant précis que tu es mort de ta vie. »

La tresse

La tresse, de Laëtitia COLOMBANI est paru aux éditions Grasset en mai 2017 et en poche en 2018. Primé plusieurs fois : Prix Relay des voyageurs lecteurs, Trophée littéraire des Femmes de l’économie, Globe de crystal du meilleur roman.

L’auteur : Laëtitia COLOMBANI est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, A la folie… pas du tout et Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre. La tresse est son premier roman.

Résumé de l’éditeur : Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Inde : Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile : Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada : Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Mon avis : 238 pages lues d’une traite. Ce roman faisait partie de ma pile à lire depuis juillet dernier. Je le voyais partout cet été sur Instagram et les blogs et je n’ai pas souhaité le lire de suite. Les avis étaient tous très positifs, enthousiastes mais je n’étais pas pressée. Je pensais qu’il s’agirait d’une lecture légère et sympathique et là… je me suis pris une claque ! Je ne m’attendais pas du tout à être touchée à ce point par ces trois destins et la fin m’a vraiment émue ! Cette fin que l’on commence à deviner dans les derniers chapitres et que j’ai trouvé incroyable… Je ne veux pas trop en dévoiler mais ces trois femmes sont reliées par leurs cheveux (d’où le titre)… Trois destins de femmes fortes en trois lieux du monde. Un véritable coup de coeur, je conseille vraiment ce roman ! Les chapitres sont courts et alternent l’histoire de Smita, Giulia et Sarah, l’écriture est fluide, je n’ai pas pu lâcher ce roman tant que je ne l’avais pas terminé.

Extrait : « Sarah a toujours été maîtresse de ses choix, des orientations de sa vie, elle était une executive woman comme on dit ici, littéralement une personne jouissant d’une position dominante dans une entreprise ou une compagnie, qui prend des décisions et les fait appliquer. Dorénavant, elle subit. Elle se sent trahie, comme une femme répudiée qu’on renvoie parce qu’elle n’a pas donné ce qu’on attendait d’elle, parce qu’on la juge inapte, insuffisante, stérile. Elle qui a vaincu le plafond de verre se heurte aujourd’hui à ce mur invisible qui sépare le monde des bien-portants de celui des malades, des faibles, des vulnérables, auquel elle appartient désormais. Johnson et ses pairs sont en train de l’enterrer. »

364 jours pour t’oublier

Les auteures : Audrey KEYSERS est diplômée d’un DESS Management des Services Publics de l’IEP de Bordeaux et d’un DEA Services de l’information et de la Communication. Elle est actuellement secrétaire générale adjointe d’une mission interministérielle dans les services du Premier Ministre. Elle a publié en 2012 Football féminin. La femme est l’avenir du foot aux éditions du Bord de l’eau et 3 ans et 9 mois chez Max Milo en janvier 2017.

Sandra SITBON est diplômée d’HEC et a occupé différents postes au sein de BNP Paribas, dont plus de 10 ans au sein d’équipes spécialisées sur le secteur des médias et télécom. Elle est actuellement responsable du développement au sein d’une PME innovante. C’est son premier roman.

Ce roman m’a été envoyé par Audrey KEYSERS et je l’en remercie !

Résumé :  Sandra est une jeune trentenaire parisienne, est assistante juridique dans un cabinet d’avocats. Elle partage sa vie avec Jean-Sébastien, un homme ombrageux au douloureux passé, qui est aussi le frère de sa cheffe. Un célèbre photographe débarque au cabinet pour attaquer un magazine et défendre les droits de ses photos. Sandra va tomber sous son charme mais une relation très particulière va se mettre en place…

Mon avis : Je suivais le compte Instagram d’Audrey KEYSERS qui m’a proposé de m’envoyer son roman. Le thème « romance » n’est pas ma tasse thé mais je suis curieuse et ouverte. La lecture du résumé de la 4ème de couverture, qui à mon sens en dit trop, a cependant suscité mon intérêt. L’écriture est fluide et le roman se lit rapidement (un peu plus de 200 pages). Il s’agit d’une histoire d’adultère et au départ je me suis dit « pourvu que les auteures ne tombent pas dans les clichés, je vais m’ennuyer ». Et bonne surprise, la relation qui se met en place entre Sandra et Raphaël est plutôt originale. Le mari, Jean-Sébastien apparaît peu sympathique même si le drame terrible qu’il a vécut (et dont on apprend les détails vers la fin du livre) peut excuser son attitude. Sandra manque de confiance en elle, dans son couple mais aussi dans son travail. C’est elle qui est pourtant l’instigatrice de la fréquence particulière des rendez-vous avec son amant. La fin est bienveillante pour Sandra mais laisse la porte ouverte vers une suite peut-être ?

Helena

L’auteur : Jérémy FEL est un écrivain français dont le premier roman, Les loups à leur porte, est paru en 2015 (Rivages). Avant la parution de son premier roman, l’auteur était scénariste de courts-métrages. Helena est paru fin août 2018 chez le même éditeur.

Le résumé de l’éditeur : Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, 17 ans, il ne parvient pas à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena…

Mon avis : 732 pages que j’aurais pu dévorer d’une traite si j’en avais eu le temps tellement ce thriller est prenant. Il démarre très fort avec les 5 premières pages, puis il faut attendre un peu plus d’une centaine de pages plus calme, le temps de la mise en place des personnages, leur vie, leur environnement dans l’Amérique profonde. Malgré ce calme apparent le lecteur est dès le départ plongé dans une atmosphère trouble et avancer coûte que coûte dans la lecture est une évidence. Fan de Stephen King, j’y ai retrouvé avec délectation cette atmosphère particulière. Le thème principal est jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Le hasard va faire que les personnages vont se rencontrer et à partir de là tout explose. Les retournements sont surprenants, les victimes deviennent bourreaux, certaines scènes sont très violentes. Wahouuu … Après le drame, si on peut nommer les événements ainsi, le rythme retombe un peu mais l’auteur a créé une telle atmosphère et des personnages tellement instables psychologiquement que le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin. Fin où l’on découvre qui est Helena… Car le titre de chaque chapitre est le prénom de l’un des personnages mais jamais d’Helena… Habile car là encore on se demande tout au long de la lecture mais qui est Helena ? Pourquoi ce titre ?

C’est glauque, c’est morbide mais c’est du grand thriller ! Je le recommande vivement et je suis d’ores et déjà cliente du prochain roman de Jérémy Fel.

Extrait : « Une série de détonations se firent entendre à l’extérieur. Des coups de fusil. Tommy jeta un regard vers l’entrée où l’on voyait, par-delà un espace juste assez large pour qu’il puisse s’y faufiler, les champs de blé déformés par des vaguelettes de chaleur. Il ne bougea plus et tendit l’oreille pour discerner quelque éclat de voix qui trahirait la présence d’étrangers dans les parages. Une fois certain qu’il ne risquait rien, il sortit un couteau de son sac à dos et en caressa la lame avec l’index, ressentant l’envie soudaine, devant tant de netteté, de la lécher pour y laisser l’empreinte de sa salive. Puis, ne parvenant plus à se contenir, il la pressa contre la gorge du chien, qu’il trancha d’un geste sec, le sang qui gicla de la blessure lui éclaboussant les cuisses. Il ne s’était pas attendu à ce qu’il en sorte autant en une seule fois, comme s’il avait été concentré dans la partie supérieure de l’animal. Tommy retira son T-shirt à l’effigie des Royals et le balança un peu plus loin, près de son jean et de ses baskets brunies par la terre. Il était maintenant entièrement nu. C’était ainsi qu’il se sentait le plus à l’aise pour mutiler la chair, et sa mère ne le laisserait plus jamais en paix si elle découvrait des taches de sang sur ses vêtements ».

 

Ambitions assassines

L’auteur : Claire Bauchart est diplômée de Sciences Po et journaliste pour la presse féminine. « Ambitions assassines » a été publié en 2018 aux Editions du Rocher. Elle a également publié en 2014 aux éditions Michalon, la biographie d’une femme de voyou, « Moi, Lilou, hors la loi », un livre d’entretien « Ma mort m’appartient » de Jean-Luc Romero aux éditions Michalon en 2015. et enfin en 2016, « Valsent les jours » chez Grrr… Art Editions.

Merci à Claire Bauchart pour sa confiance, et de m’avoir adressé son roman.

L’histoire : Mélanie Aubant, comédienne prometteuse de 28 ans, meurt brutalement écrasée par la chute d’un projecteur, en plein tournage du prochain long métrage dont elle est la tête d’affiche. Une heure plus tard la nouvelle de sa disparition est relayée par toutes les chaînes d’information. Un retentissement qui sème le trouble dans la campagne de Ghislain Dupuis, pressenti pour remporter l’élection à la Mairie de Paris dix jours plus tard. Simple coïncidence ? Pascaline Elbert, journaliste chargée d’écrire un papier sur l’actrice, va, malgré elle, découvrir un lourd secret susceptible de changer la donne du prochain scrutin.

Mon avis : Contrairement à ce que pourrait laisser supposer la première de couverture avec ce sublime talon aiguille rouge sang et le sous-titre, le sujet est bien une élection politique et non une élection de miss ou autre concours de beauté. Ce roman se lit vite, seulement 160 pages et je l’aurais lu d’une traite si je ne lisais pas plusieurs livres en même temps et si les vacances n’étaient pas terminées… J’ai tout de suite accrochée au personnage de Pascaline, journaliste et maman d’une petite fille, qui a du mal à jongler entre son travail prenant, son enfant et un mari pas très compréhensif, lui-même très pris par son job. Elle fait de son mieux, comme beaucoup de femmes, pour essayer de tout gérer. Elle doit aussi faire face à la rivalité au sein de sa rédaction, la direction du service politique, considéré comme le plus « prestigieux » lui échappe au profit d’un collègue masculin qui lui n’a pas à quitter son boulot pour aller chercher son enfant à la crèche car il est malade ! Bien que j’ai dès le départ deviné le déroulé et la fin possible du roman, j’ai pris un réel plaisir à avancer avec Pascaline dans sa quête de découvrir la vérité. Coulisses d’une campagne politique, adultère, manipulation et fraude électorale sont les ingrédients de ce roman qui m’a fait passer un très bon moment. Le style est fluide, dynamique. Ce qu’il manque ? Plus de suspens, plus de détails, des personnages plus creusés, une intrigue plus étoffée qui emmèneraient le lecteur sur de fausses pistes.

Extrait : « Tous semblaient s’être engouffrés dans une sorte de trou noir, et étaients atteints de paralysie, ce mercredi 10 mars, dans l’espace Jean-Villeroy des Studios de paname. A peine osait-on respirer. Deux jambes longues et fines, dépassaient de l’énorme mas de ferraille. Quelques centimètres carrés de la petite robe printanière portée par la comédienne s’échappaient des débris de l’appareil. Certains des spectateurs de ce sinistre spectacle voyaient déjà ces bouts de tissus se teinter de sang ».

La perfection du revers

L’auteur : Manuel SORIANO est né à Buenos Aires en 1977 et vit à Montevideo depuis 2005. Il dirige une maison d’édition de livres pour la jeunesse et est l’auteur de plusieurs recueils de contes. « La perfection du revers » a été publié chez ACTES SUD. Il a reçu le prix Clarins du roman 2015.

L’histoire : C’est le récit de la vie de Patricia Lukastic, prodige du tennis argentin dans les années 90, poussée par son père à une carrière de haut niveau, qui a dû mettre un terme à sa prometteuse carrière à 21 ans à cause d’une blessure aux vertèbres. Elle fait appel à un écrivain argentin afin qu’il écrive sa biographie, alors qu’elle a maintenant une quarantaine d’années et qu’elle vit retirée, oubliée du monde du tennis et loin de tout, avec des chiens comme seule compagnie.

Mon avis : La jolie couverture et le thème du roman m’ont tout de suite attirée. Fan de tennis dans ces années là j’ai eu plaisir à lire les détails techniques de jeu et à retrouver les noms et carrières des stars de l’époque : Steffi Graf, Lindsey Davenport, Monica Seles et même André Agassi. Le roman se lit comme une biographie bien que le personnage de Patricia Lukastic soit totalement fictif. Les chapitres alternent sur son enfance, son adolescence, les premiers pas au plus haut niveau et le dernier tournoi. C’est le récit d’une gamine sacrifiée pour un rêve de gloire, surtout celui de son père qui vit par procuration sa propre ambition. J’ai lu ce livre rapidement et avec plaisir mais je l’ai trouvé un peu lisse. Le thème laissait supposer que l’émotion serait au rendez-vous … et bien j’ai été déçue sur ce point là. Cela reste néanmoins un bon moment de lecture.

Extrait : « … l’univers du début des années 1990 – les tenues, les attitudes, les coiffures, les publicités, les couleurs, la typographie des magazines – me paraît incroyablement lointain. Sur une photo, Luka tient un fragile trophée au-dessus de sa tête : cheveux jaune paille aux racines sombres, frange effilée qui tombe au milieu du front, impossible de distinguer comment finit la coupe derrière mais je soupçonne une ligne horizontale abrupte et parfaite, un peu en dessous des épaules. À côté d’elle, un homme d’une soixantaine d’années portant un pantalon gris, une cravate à rayures et un blouson de sport bleu avec un écusson plus clair au niveau de la poche. L’homme sourit et regarde Luka. S’il n’est pas en train d’applaudir, il arbore néanmoins une expression de reconnaissance absolue. Je pense un instant qu’il peut s’agir du père, mais il n’a pas l’air polonais et ne ressemble pas à Luka. À dire vrai, il a la dégaine qu’on peut attendre de l’organisateur d’un modeste tournoi de tennis de cette époque. Il vient probablement de lui remettre le trophée et ressent cette satisfaction profonde de la tâche accomplie. Luka, à l’inverse, ne sourit pas, ne dévoile pas ses dents. Elle a la poitrine plate et une jupette blanche aux motifs bleus qui lui donne l’air d’un moussaillon, version féminine. La photo n’est pas datée, mais Luka a treize ans tout au plus. »