Mes mots sont les fleurs de ton silence

L’auteur : Antoine PAJE est né en 1971 à Paris. Diplômé de l’ENSIA (AgroParisTech) il a été gérant de Société et a travaillé plusieurs années à l’étranger. Il est l’auteur d’un premier roman en 2014 « Et il me parla des cerisiers », puis d’un deuxième en 2015 « Et elle me parla d’un érable, du sourire, de l’eau et de l’éternité ». « Mes mots sont les fleurs de ton silence » est donc son troisième roman.

L’histoire : Arnaud n’écoute plus rien ni personne. Il a tout ce dont un homme accompli peut rêver : une épouse docile, des enfants qu’il aperçoit à peine au petit déjeuner, des maîtresses à disposition. Mais un jour il perd le contrôle de sa voiture. Plongé dans le coma, il reste alité, les yeux clos, apparemment inconscient. Et pourtant, il entend tout. Ses proches se succèdent à son chevet, dévoilant leur vrai visage. Il comprend à quel point il s’est trompé sur lui-même et sur les autres. Surviendront quelques cinglantes révélations et de magnifiques surprises. Et du silence vont éclore les fleurs les plus inattendues.

Mon avis : Un très joli titre et une belle couverture qui m’ont tout d’abord attirés. 222 pages dévorées. J’avais lu des avis mitigés sur ce roman et sur le personnage d’Arnaud et sa famille trop « cliché ». Je n’ai pas trouvé Arnaud caricatural, c’est un homme pris dans la routine de sa vie familiale et professionnelle et qui ne fait plus attention à ses proches, plus particulièrement sa femme et ses enfants, situation assez banale… Alors qu’il est dans le coma sur son lit d’hôpital inconscient en apparence, on découvre petit à petit les secrets des uns et des autres et Arnaud qui après chaque visite va détourner les yeux de son nombril…. Une belle écriture, fluide, tout comme le titre le laisse supposer à mon sens.

Extraits : « – Il s’appelle comment ? – Morin, Arnaud Morin. Un industriel du coin. – Arnaud eut l’impression que son coeur s’arrêtait de battre. Pourtant le moniteur situé à côté de sa tête, qu’il ne voyait pas, matérialisait un rythme cardiaque très régulier. Une jolie sinusoïde verte. Une succession de petites collines suivies de courts plateaux. La différence entre la vie et la mort. Et puis, l’obscurité. Et puis, le silence. Et puis, à nouveau le néant. »

« Le son étouffé de la porte qui se refermait derrière elle. Il sentit des larmes dévaler, tièdes, il ne savait trop où. En dedans de lui. Arnaud apprit ce jour là qu’un cerveau pouvait pleurer. »