La Ballade de l’enfant gris

Auteur : Baptiste Beaulieu

L’histoire : C’est l’histoire de Jo’, un jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit. C’est l’histoire de No’, un garçon de 7 ans, attachant et joueur, qui est atteint d’une maladie incurable et ne comprend pas sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l’hôpital. C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils. Un matin survient un drame qui lie pour toujours le destin de ces 3 êtres.

Il s’agit du troisième roman de l’auteur, inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients. Baptiste Beaulieu est médecin généraliste et l’auteur d’un premier livre remarqué (que j’ai lu aussi) « Alors voilà : les 1001 vies des Urgences » qui a connu un beau succès de librairie, a été traduit en 14 langues et a reçu le prix France Culture « Lire dans le noir ». Son roman « Vous ne serez plus jamais triste » (pas encore lu) a reçu le prix Méditerranée des Lycéens en 2016. Son blog « Alors voilà » compte plus de 2 millions de visiteurs.

« La Ballade de l’enfant gris » a reçu le Grand prix des lecteurs 2018 et le Grand prix littéraire de l’Académie Nationale de Pharmacie 2017.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai eu du mal à le lâcher ! C’est très bien écrit et je me suis immédiatement attachée aux personnages de Jo’ et du petit garçon. Le roman est construit en 4 parties , il débute par le moment fatidique, intitulé tout au long du livre : « La Déchirure ».

Ce premier chapitre est le point de départ de l’écriture du roman. Les chapitres s’alternent (un sur deux) : « Avant la Déchirure » et « Après la Déchirure ». D’ailleurs deux typographies différentes sont utilisées ! C’est original ! Malgré ce va-et-vient on ne perd pas le fil.

Jo’, le jeune interne en pédiatrie, part sur les traces du passé de la mère du petit garçon afin de comprendre pourquoi elle est si peu présente alors que son fils va mourir. On suit son périple et son enquête. Je suis restée scotchée au livre, j’avais moi aussi hâte de le découvrir… Mère indigne ou bien… Je ne peux rien dévoiler !

Récit émouvant… j’ai même versée une larme vers la fin du roman…  Je vous conseille ce roman !

Extraits : « A 9h58, Jo’ poussa mollement la porte du service quand son téléphone vibra. Sa mère lui annonça la nouvelle qui le fit vaciller. Il promit d’arriver au plus tôt, puis raccrocha. Il tremblait. Il était alors 10h02. A quelques mètres de la chambre 33, il se baissa pour boire à la fontaine à eau dans le couloir, heurta le robinet. « Fais pas ta chochotte ! » se gronda-t-il, une main posée sur son front qui saignait, l’autre sur la poignée de porte. Chambre 33…  » …

« A 10h04, Jo’ entra dans la chambre 33, vit Maria Tulith et son enfant de sept ans allongé sur le lit. A 10h10, il se produisit entre eux ce que Jonas appelerait la « Déchirure ». Toute sa vie il y aurait un avant et un après cette Déchirure. A cause d’elle, il partit en voyage, par-dessus les montagnes puis au-delà des mers, jusqu’au bout du monde, pour réinventer sa vie et trouver la vérité. Avec le fantôme de l’enfant ».

Les gens dans l’enveloppe

J’ai terminé le livre hier soir tard et c’est un gros coup de coeur !

L’histoire :  En juin 2012, l’auteure a acheté sur un site d’enchères à un brocanteur un lot de 250 photographies d’une famille dont elle ne sait évidemment rien. Les photos lui sont expédiées dans une grosse enveloppe blanche. Dans l’enveloppe, des inconnus. Une idée vient à Isabelle Monnin, écrire un roman sur la base de ces photos puis enquêter afin de retrouver ces personnes. Elle va en parler à son meilleur ami, Alex Beaupain, qui va en faire des chansons. Le livre est donc composé de trois parties : un roman, un album photo et une enquête.

Mon avis : La partie roman – Coup de coeur non pas pour le récit de la vie inventée de chacun des personnages des photos mais pour le style. Les phrases sont courtes, mais il y a de si beaux passages ! C’est poétique, émouvant même ! Je me suis attachée aux personnages alors que j’ai trouvé l’histoire un peu banale… L’enquête – J’ai dévoré cette partie, on partage l’enthousiasme de l’auteure à chercher les personnes des photos et c’est tout aussi émouvant. Un livre vraiment original, une jolie surprise ! Il me reste à découvrir les chansons.

Quelques extraits : « Autour de la table s’assoient les années. Il faudrait leur mettre des verres mais ils sont tous sales.On ne boira pas. Sur leurs genoux se hissent les mensonges, les manqués, cette assignation cachée sous les buissons, et les longs rires aussi – Mimi imitait la mère et elles riaient jusqu’au dormir. Autour de la table s’assoient les années ; sur leurs genoux, bien droits se tiennent les souvenirs. Elle va manger bientôt ».

« Quand il n’y aura plus du tout d’eau en elle, quand tout sera vide, lu et mangé, elle redeviendra bois. Ses bras, ses jambes, des branches noueuses. Ses mains, l’écorce de ses mains. Son visage de tronc creux. Elle se couchera sur la table en chêne, son père, sa mère, ses frères des forêts. Elle attendra. Sous l’écorce soulevée, des vermisseaux ».

« Elle voudrait parfois se coudre. Coudre ses paupières, manger les photos et puis coudre sa bouche. Se coudre pour tout garder dedans ».