Les gens dans l’enveloppe

J’ai terminé le livre hier soir tard et c’est un gros coup de coeur !

L’histoire :  En juin 2012, l’auteure a acheté sur un site d’enchères à un brocanteur un lot de 250 photographies d’une famille dont elle ne sait évidemment rien. Les photos lui sont expédiées dans une grosse enveloppe blanche. Dans l’enveloppe, des inconnus. Une idée vient à Isabelle Monnin, écrire un roman sur la base de ces photos puis enquêter afin de retrouver ces personnes. Elle va en parler à son meilleur ami, Alex Beaupain, qui va en faire des chansons. Le livre est donc composé de trois parties : un roman, un album photo et une enquête.

Mon avis : La partie roman – Coup de coeur non pas pour le récit de la vie inventée de chacun des personnages des photos mais pour le style. Les phrases sont courtes, mais il y a de si beaux passages ! C’est poétique, émouvant même ! Je me suis attachée aux personnages alors que j’ai trouvé l’histoire un peu banale… L’enquête – J’ai dévoré cette partie, on partage l’enthousiasme de l’auteure à chercher les personnes des photos et c’est tout aussi émouvant. Un livre vraiment original, une jolie surprise ! Il me reste à découvrir les chansons.

Quelques extraits : « Autour de la table s’assoient les années. Il faudrait leur mettre des verres mais ils sont tous sales.On ne boira pas. Sur leurs genoux se hissent les mensonges, les manqués, cette assignation cachée sous les buissons, et les longs rires aussi – Mimi imitait la mère et elles riaient jusqu’au dormir. Autour de la table s’assoient les années ; sur leurs genoux, bien droits se tiennent les souvenirs. Elle va manger bientôt ».

« Quand il n’y aura plus du tout d’eau en elle, quand tout sera vide, lu et mangé, elle redeviendra bois. Ses bras, ses jambes, des branches noueuses. Ses mains, l’écorce de ses mains. Son visage de tronc creux. Elle se couchera sur la table en chêne, son père, sa mère, ses frères des forêts. Elle attendra. Sous l’écorce soulevée, des vermisseaux ».

« Elle voudrait parfois se coudre. Coudre ses paupières, manger les photos et puis coudre sa bouche. Se coudre pour tout garder dedans ».