L’Outsider

L’Outsider est un roman policier d’horreur de Stephen KING paru aux Editions Albin Michel en février 2019. 570 pages.

Parfois, le mal prend le visage du bien. Le corps martyrisé d’un garçon de 11 ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent. Et si c’était vrai ?

Fan inconditionnelle de Stephen King, il était évident que j’achète le dernier roman traduit en français. Je l’ai dévoré ! Stephen King est vraiment le surdoué du genre et excelle, à mon sens, autant dans le polar que dans le thriller fantastique. L’Outsider nous plonge dès les premières pages dans le vif du sujet et de l’action et ensuite impossible de poser le livre. J’ai dû quand même m’y résoudre, vie de famille, boulot et vie sociale obligent… Le roman se découpe en deux phases : une première phase où l’on est dans du roman policier pur avec la découverte du crime horrible et l’enquête, puis on bascule dans le thriller fantastique. J’avais moins aimé les dernières romans : Docteur Sleep et Revival mais j’avais adoré sa trilogie Mr. Mercedes, Carnets noirs et Fin de ronde. On retrouve d’ailleurs le personnage d’Holly Gibney. Je referme donc ce livre et… vivement le suivant !

Extraits : « Samuels déballa son hamburger et souleva délicatement le petit pain pour regarder à l’intérieur – Oh, bon sang ! On dirait un prélèvement effectué par un médecin légiste sur un grand brûlé – Ce qui ne l’empêcha pas de mordre dedans. »

« La réalité est une fine couche de glace, mais la plupart des gens patinent dessus toute leur vie sans passer à travers, sauf à la toute fin. »

Summer

Summer est un roman de Monica SABOLO, paru en 2017 aux Editions JC Lattès puis aux Editions Le livre de poche en janvier 2019. 283 pages pour l’édition poche.

L’auteure : Monica SABOLO est une romancière française née à Milan en Italie. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle est journaliste et a travaillé pour Elle, 20 ans et Voici. Elle a reçu le Prix de Flore en 2013 pour Tout cela n’a rien à voir avec moi et le Grand Prix de la SGDL en 2015 pour Crans-Montana (Sources : Babelio et Éditions JC Lattès).

Résumé : Lors d’un pique-nique au bord du Lac Léman, Summer Wassner, 19 ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet, Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantômes ?

Mon avis : J’ai reçu ce roman dans le cadre du Jury du Prix des Lecteurs du Livre de poche 2019 pour la sélection du mois de février. Je l’ai lu d’une traite car l’écriture est vraiment très belle, poétique et donc fluide. Malheureusement je n’ai pas été sensible au récit. Le personnage de Benjamin n’a jamais réussi à m’émouvoir malgré ses tourments. La fin ne m’a pas surprise, je m’y attendais. Il est par contre indéniable que Monica SABOLO a un réel talent pour décrire cette famille pleine de secrets et de mensonges dans une atmosphère particulière entre thriller et poésie.

Extrait : « J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terres jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée. »

Dernière sortie pour Wonderland

Dernière sortie pour Wonderland – L’inavouable histoire de la véritable Alice et de Lewis Carroll, son bourreau, est un roman de Ghislain GILBERTI, paru aux éditions RING en 2017 et réédité au format poche (La mécanique générale) en décembre 2018. 461 pages.

NB : La photographie qui illustre cet article a été réalisée par mes soins en utilisant en arrière plan une magnifique illustration de Benjamin LACOMBE.

L’auteur : Ghislain GILBERTI est né à Belfort en 1977. Il est l’auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes (Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Quelques romans noirs : Sa majesté des ombres (2017), Dynamique du chaos (2017), Le bal des ardentes (2015), Le baptême des ténèbres (2014), Le festin du serpent (2013 – Prix France Bleu des Lecteurs, Prix Découverte Polar Pourpre). En 2016 il a reçu le Lion d’or du meilleur auteur à Belfort pour l’ensemble de son travail et en 2018, le Prix Les Géants du Polar au Salon de Douai.

Le résumé : Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland. Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

Mon avis : Alice au pays des merveilles est dans nos esprits un joli conte pour enfant, de belles adaptations au cinéma par Disney et Tim Burton. J’avoue ne mettre jamais penchée sur la biographie de Lewis Carroll jusqu’à aujourd’hui. Le roman de Ghislain GILBERTI est vraiment étrange, je ne sais dans quelle catégorie le classer : fantastique ? Thriller ? Thriller fantastique peut-être ? L’auteur brise le mythe et dénonce dans ce livre un Lewis Carroll bègue, toxicomane, amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… J’ai aimé le dynamisme de la construction du roman. La jeune Alice bascule sans cesse au fil des chapitres du monde réel ou elle vit, au monde imaginaire déjanté et glauque puis à l’époque victorienne où elle est le témoin, en étant totalement invisible, de la perversion de Lewis Carroll . Les passages concernant l’auteur du conte d’Alice au pays des merveilles sont parfois plutôt crues et peuvent choquer. J’aurais aimé peut-être un peu plus d’analyse concernant la personnalité de Lewis Carroll. Le fantastique n’est pas trop ma tasse de thé mais c’est très bien construit. Ce livre n’est pas un coup de cœur mais il est tellement atypique que je ne vais pas l’oublier. J’ai aimé la fin, je me suis même demandé si Alice Price, n’avait pas rêvé, victime d’un bad trip dû à la drogue et j’ai adoré les dernières lignes du dernier chapitre avant l’épilogue qui laissent le lecteur en plein doute.

Sinestra

SINESTRA est un thriller d’Armelle CARBONEL, édité fin 2018 chez RING. 391 pages.

L’auteur : Armelle CARBONEL est née le 16 juillet 1975 à Paris. En parallèle de son activité littéraire, elle travaille pour le Ministère de la défense. Elle commence à écrire dès son plus jeune âge. A 8 ans, elle rédige des poèmes, puis à 11 ans, un roman fantastique. A 15 ans, elle se tourne vers le théâtre avec la composition de 3 pièces de théâtre, avant de revenir au roman à 20 ans. Elle remporte de nombreux prix Littéraires (Art et Lettre de France, Concours littéraire des Armées, concours de poésie de la ville de Rambouillet, Prix Calliope.) sous le pseudonyme de Rebecca Arque pour son roman Criminal Loft (publié en auto-édition en 2011) et devient membre du Collectif de la Plume Noire. Elle retravaille son thriller Criminal Loft dans une nouvelle version en 2015. Elle est également l’auteur de Les Marais funèbres et La Maison de l’ombre. En 2013, elle participe au recueil de nouvelles Santé, au profit de la fondation Maladies Rares. (source : Fnac).

Le résumé de l’éditeur : Suisse, 1942. Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la Vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le Mal a franchi la frontière avec eux.

Mon avis : Le titre, la couverture, le résumé, tout m’a attiré vers ce thriller. je ne connaissais pas cette auteure et quelle surprise ! Gros coup de cœur ! Un thriller comme je les aime, bien sombre, pas de surnaturel et un style d’écriture original que j’ai adoré. L’auteure a une façon de jouer avec la poésie des mots pour décrire l’indicible… La couverture est tout à fait représentative de l’ambiance du roman, noire et brumeuse. Je verrais bien une adaptation au cinéma et cela m’a fait penser à l’atmosphère de la saison 2 de la série American Horror Story : Asylum, pour ceux d’entres vous qui connaissent. Tout en lisant je visualisais tout à fait ce genre d’ambiance bien glauque, glaçante, tout comme les différents personnages. Jusqu’à la fin du livre cette ambiance perdure. Fin que j’avais hâte de connaitre et je n’ai pas été déçue ! Si vous aimez le suspense en huis clos bien maîtrisé, foncez !

Extrait :  » Elle se figura un paradis rempli de rires, de réglisses fondantes et de pommes d’amour, jusqu’à ce que l’haleine démoniaque du Val Sinestra effleurât sa nuque délicate tel un tisonnier labourant les cendres de l’innocence perdue. Alors, Ana sut que maman s’était trompée. Le Mal ne connaissait pas de frontière. Il était la frontière. »

Charlatans

Charlatans est un roman de l’écrivain américain Robin COOK, publié en octobre 2018 aux Editions Albin Michel.

L’auteur : Robin COOK est médecin de formation, diplômé de l’Université de Columbia et excelle dans l’art de manier la plume. Il écrit des récits policiers inspirés de ses expériences dans le milieu médical. Ecrire des thrillers n’est pas son seul objectif, il souhaite aussi faire prendre conscience aux gens des enjeux éthiques et des dangers de la médecine moderne. L’auteur cible des thèmes controversés qui deviennent sujets à effrayer le commun des mortels dans ses best-sellers. Dons d’organes, transplants, fertilité, fertilisations in vitro,. ., tout passe entre les mains expertes du docteur. Une marque de fabrique qui fonctionne, à en croire le franc succès que ses écrits remportent depuis plus de trente ans. L’écrivain explique l’engouement du public par la portée des thèmes abordés en comparaison à certains thrillers moins réalistes. Certaines de ses histoires se voient projeter à l’écran (Source Evène). Il est l’auteur de nombreux titres comme Cobaye, Prescription mortelle, Vertiges, Facteur risque etc…

Résumé de l’éditeur : A la pointe de la technologie, le Boston Memorial Hospital est réputé pour l’excellence et la fiabilité de ses praticiens. Jusqu’à un incident, fatal : le décès d’un patient lors d’une banale intervention. Tout juste nommé chef des internes en chirurgie, Noah Rothauser est déterminé à prendre ses responsabilités pour préserver la réputation de son service. Mais avant, il lui faut faire toute la lumière sur ce drame : simple négligence médicale, mauvaise coordination entre le chirurgien et l’anesthésiste ou geste malveillant ? Lorsqu’un nouveau décès survient, puis un autre, Noah se heurte à une vérité qui dépasse l’entendement. Et si les médecins n’étaient pas ceux que vous croyez ? Bienvenue dans l’enfer de l’hôpital. Un enfer qui pourrait bien être le vôtre…

Mon avis : J’ai dévoré les 567 pages de ce thriller médical. Le prologue met de suite dans l’ambiance et on est plongé dans l’intrigue au sein du Memorial Boston Hospital dès les premières pages. Ambiance Urgences garantie, la série, pour ceux qui ont connu. La lecture est addictive, l’auteur est médecin donc les descriptions des situations médicales, les termes utilisés, sont précis et réalistes. L’auteur met en lumière dans ce roman et il l’explique dans l’épilogue, le problème des charlatans dans le milieu médical, des personnes qui se font passer pour des médecins sans en avoir le diplôme et plus globalement il dénonce aussi les faux profils sur les réseaux sociaux. Je me suis bien laissée embarquée au fil des pages, en suivant Noah le chef des internes, le personnage principal et la mystérieuse Ava, l’anesthésiste, qui est présente au moment des trois décès en salle d’opération. Difficile d’en dire plus sans dévoiler une partie de l’intrigue. Pour avoir lu d’autres titres de Robin COOK, ce n’est à mon avis pas le meilleur mais j’ai passé un très bon moment.

Extrait : « Le premier signe que quelque chose ne tournait pas rond fut un éclat de voix du Dr Mason à la trentième minute : – Merde, merde, merde ! grogna-t-il, agacé. C’est invraisemblable, ce truc ! – Les deux chirurgiens n’avaient jusqu’alors rien dit qui pût indiquer qu’ils avaient un problème. Ava se redressa pour regarder la table d’opération par-dessus l’arc d’anesthésie; De l’endroit où elle se tenait, elle ne distinguait pas la fenêtre du champ opératoire, mais il était clair, vu les gestes du Dr Mason, qu’il était confronté à une difficulté. – Essaie de libérer cette foute tripe de ton côté, tu veux ? dit-il à Andrews. L’Australien inclina le buste au-dessus du patient pour glisser un doigt dans l’incision. Ava comprit qu’il était perplexe, lui aussi, et tâtonnait, au sens propre, dans l’aine de Bruce Vincent. »

Le Manufacturier

Le Manufacturier de Mattias KÖPING est édité aux Editions Ring le 25 octobre 2018, 549 pages.

L’auteur : Mattias KÖPING est français, vit en Normandie et partage son temps entre deux passions, les arts martiaux et la littérature. Le Manufacturier est son deuxième roman, en 2016 il a publié Les démoniaques, thriller doublement primé.

Sa  Page facebook Mattias KÖPING

Son compte Instagram @mattiaskoping

Résumé de l’éditeur : Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilic tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub. Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper. Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangréné par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

Mon avis : Un beau pavé, 549 pages que j’ai mis du temps à lire non pas parce que ce livre ne me plaisait pas mais par un manque de temps certain depuis quelques semaines. Je viens enfin de le terminer et quelle claque ! Gros coup de cœur pour ce thriller de dingue ! Je ne connaissais pas cet auteur et je vais m’empresser de me procurer son premier bouquin. J’en ai lu du thriller et du polar, j’en oublierai beaucoup mais celui-ci restera une lecture marquante. Il est addictif, violent, âme sensible s’abstenir, l’auteur ne nous épargne pas ! C’est très noir mais j’ai apprécié aussi le travail de documentation sur le conflit serbo-croate et la guerre des Balkans. J’ai parfois fait une pause dans cette lecture, l’auteur nous plonge dans une inhumanité totale et j’ai éprouvé le besoin de lire autre chose, de plus léger et joyeux. Mattias KÖPING est un indéniable grand auteur de thriller.

Extraits : « Lieu inconnu – vendredi 6 janvier 2017, 22h13 – Enfin seul ! Un tombereau d’heures supplémentaires s’était déversé sur sa tête au bureau. Toute la semaine, Serge Vivardoux avait aspiré à cette soirée et à ce long Week-end d’hiver, à l’abri des frimas, bien au chaud dans sa tanière. Vivardoux était en congé pour quatre jours. Il venait de toucher sa prime et il comptait en profiter à mort. Il entrait en immersion continue dans sa bulle. Il composa le code d’entrée de son antre. Sitôt la porte entrouverte, les remugles lui fouettèrent les narines. Des relents de pieds douteux et de sueur rance empuantissaient la chambre jamais aérée […] A une vitesse prodigieuse, ses courtes saucisses aux ongles en deuil tapaient les lignes des adresses qui le plongeraient dans les profondeurs les secrètes du dark net […] Le hardcore c’est déjà démodé […] il était désormais un habitué des sites les plus odieux de hurtcore. »

« L’espèce humaine admirait ses convulsions en direct , partout et tout le temps, filmant sa fin prochaine sans rien tenter pour l’empêcher. »

Le Signal

Le Signal est un roman de Maxime CHATTAM, édité aux Editions Albin Michel en octobre 2018. 740 pages.

L’auteur : Maxime CHATTAM est l’un de noms de plume de Maxime DROUOT, il est né en France en 1976. Il a publié plusieurs romans policiers et thrillers. Il est connu pour ses grands cycles de romans, dont La Trilogie du Mal. Il est le spécialiste du genre en France. Maxime CHATTAM fait partie du collectif d’écrivains La Ligue de l’Imaginaire, qui comporte notamment Franck THILLIEZ et Bernard WEBER. Il connaît rapidement le succès. Son premier thriller, Le Cinquième règne, publié en 2003 par les éditions du Masque sous le pseudonyme de Maxime WILLIAMS, remporte le prix Fantastic’Arts du festival de Gérardmer. Le premier volet de sa Trilogie du Mal, L’Âme du Mal, reçoit quant à lui le Grand Prix Sang d’Encre en 2002. Loué par les fans de thriller, il grimpe au sommet des ventes à la sortie de chaque nouveau roman. (Source : site Fnac).

Résumé de l’éditeur : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Mon avis : Il s’agit du premier roman de Maxime CHATTAM que je lis. C’est un auteur très connu, qui a du succès, mais jusqu’à présent je n’ai jamais été attirée, je ne sais pas pourquoi… Trop de fantastique peut-être, ai-je pensé ?  Le Signal m’a tenté après avoir vu un teaser sur le compte Instagram de l’éditeur et lu le résumé. Une fois en librairie, la belle couverture noire et argent et la relecture du résumé…et bien j’ai craqué et je me suis dit « pourquoi pas, je tente ». J’ai littéralement plongé dans ce thriller de plus de 700 pages dès les premières lignes et je l’ai dévoré ce week-end. Je suis fan de Stephen KING et je ne lui ai pas encore trouvé d’équivalent (je n’ai pas tout lu non plus !) mais l’objectif dès le départ était de ne surtout pas comparer. Stephen KING est le maître de l’horreur et de l’épouvante mais je ne suis pas du tout partie avec l’idée que Le Signal serait obligatoirement moins bien. Malgré les quelques clichés que l’on retrouve dans ce thriller j’ai adoré. Le thème de la maison hantée dans une petite ville repliée sur elle-même, la bande de copains ado… classique…  J’ai retrouvé aussi des détails qui m’ont fait penser à plusieurs romans de Stephen KING, je ne sais pas si c’est volontaire de la part de l’auteur… J’imagine que oui. On peut dire que Le Signal « fait le job » ! Je me suis attachée aux personnages, j’ai aimé le style de l’auteur et tout en lisant je visualisais les scènes comme au cinéma, je me suis laissée embarquée totalement dans l’histoire. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas. Le seul bémol, une scène censée être gore m’a fait sourire… et ce n’est en principe pas le but… (une scène dans une baignoire, je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler). En tous cas, Je lirai surement un autre roman, voir plusieurs, de cet auteur, reste à savoir lequel.

Extrait : « Quelque chose attira brusquement l’attention de Duane dans le rétroviseur intérieur. Il ne vit pourtant rien une fois les yeux levés dans sa direction. Qu’avait-il cru percevoir ? Le suivait-on ? Non, c’était impossible, il l’aurait repéré depuis longtemps, et puis rouler sans aucun phare, si rapidement, sur une route dangereuse, ce n’était pas possible… Un filet de sueur froide longea alors sa colonne vertébrale… Ses  pupilles passaient de l’asphalte craquelé devant lui aux rétroviseurs pour s’assurer qu’il n’y avait pas un autre véhicule dans son sillage. Rien. Seulement le vide obscur à trois cent soixante degrés… Puis il sentit de nouveau un mouvement dans le rétroviseur central. Il comprit. Tout son corps se tendit sur son siège. C’était à l’intérieur ! Quelqu’un derrière lui sur la banquette ou dans l’espace qui servait de coffre. »

Organigramme

Organigramme, de Jacques PONS est paru aux Editions HUGO THRILLER en septembre 2018.

L’auteur : Jacques PONS est né en 1981, vit à Paris et travaille dans le milieu de la mode. Il s’agit de son premier roman. Coup de cœur RTL 2018.

Le résumé de l’éditeur : Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion Week, ce ne sont pas les mannequins mais les cadavres qui défilent… L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous… Dans ce milieu hostile ou tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Lagneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ? Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

Mon avis : J’ai acheté ce livre suite à la lecture de la 4ème de couverture. Un thriller dans le milieu de l’entreprise, je me suis dit que c’était plutôt original. L’action se passe au départ au Maroc lors du séminaire puis à Paris et Région parisienne. Je n’ai pas lu les 380 pages d’une traite par manque de temps mais j’ai apprécié cette lecture. C’est bien écrit mais j’ai trouvé que par moment cela manquait de dynamisme, notamment vers le milieu du roman. Je n’ai cependant pas eu le temps de m’ennuyer car le rythme repart. Il y a du suspens et j’avais quand même hâte d’avancer pour connaître enfin l’instigateur de ces crimes. Une fois le livre refermé je reste cependant un peu sur ma faim. Il manque, à mon sens, un peu plus de tension et je ne me suis pas spécialement attachée aux personnages. Il s’agit d’une entreprise du milieu de la mode mais l’intrigue pourrait se dérouler dans n’importe quel autre secteur car le sujet  principal n’est pas la. Il s’agit d’un premier roman cependant prometteur et ce que l’on en retient c’est le thème de la souffrance au travail car c’est aussi une critique du monde du travail.

Extrait : « Ils n’ont plus leur téléphone. Coupés du monde par la vanité d’une poignée de dirigeants qui jouent aux héros. Une fois tout le monde à l’intérieur, il me sera facile de subtiliser la télécommande de verrouillage de la salle. Angelo, ce saltimbanque du leadership, prononcera le discours de sa vie. Grisé par l’attention dévote que lui offrira son auditoire terrorisé, il ne remarquera pas mon geste en direction de sa poche quand je l’aiderai avec déférence à retirer sa veste. »

Le Zoo

L’auteur : Gin PHILLIPS est l’auteur de 5 romans. Le Zoo est son premier thriller qui sera bientôt adapté au cinéma par Warner Bros. Elle vit à Birmingham en Alabama.

Le Zoo est traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pascale HAAS, édité en France aux éditions Robert Laffont en 2017 et en poche 10/18 en septembre 2018.

Ce livre a obtenu le prix Transfuge du meilleur polar étranger.

Le résumé de l’éditeur : Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de 4 ans, Lincoln, profitent des dernières minutes dans leur coin préféré, à l’écart des visiteurs. Mais quand Joan se décide à pousser gentiment Lincoln vers la sortie, ce qu’elle découvre la force à rebrousser chemin en courant et à s’enfoncer dans le zoo désormais désert, son fils dans les bras. Dans un parc d’attractions transformé en ménagerie mortelle, pendant les 3 plus longues heures de sa vie, Joan va découvrir jusqu’où elle est prête à aller pour sauver Lincoln…

Mon Avis : J’ai lu ce thriller en quelques heures (284 pages) et je suis déçue… Le résumé de la 4ème de couverture m’avait emballé, notamment l’originalité du lieu où se déroule tout le roman : un zoo. Les quelques premières pages sont prometteuses puis … c’est lent… trop lent… il faut attendre la page 180 pour que le rythme s’accélère enfin mais sans pour autant m’avoir vraiment embarquée. Je n’ai pas souhaité lâcher le livre (je n’aime pas ça !) et la curiosité de connaître la fin m’a fait aller jusqu’au bout. Malgré tout j’ai refermé ce thriller en restant sur ma faim. Peu de suspense alors que le sujet et les situations décrites s’y prêtent… Il y avait les ingrédients de base, à mon avis, pour faire une petite bombe. Il va être adapté au cinéma et je suis vraiment curieuse de voir ce que le réalisateur va en faire. Je suis rarement emballée de regarder les adaptations de livres sur petit ou grand écran mais là … à voir… Le résumé pouvait laisser aussi supposer une part de surnaturel dans les événements qui allaient se produire mais il n’en est rien. Je ne suis pas à la recherche de ça dans un thriller, au contraire, mais là elle aurait peut-être été bienvenue. Je ne peux pas en dire plus pour ne pas spoiler l’intrigue mais le fait que l’action se passe dans un zoo n’a finalement pas d’intérêt, les animaux n’ont pas de rôle dans ce livre. Cela aurait pu se passer dans un parc d’attractions, un supermarché ou un centre commercial… Dommage…

Helena

L’auteur : Jérémy FEL est un écrivain français dont le premier roman, Les loups à leur porte, est paru en 2015 (Rivages). Avant la parution de son premier roman, l’auteur était scénariste de courts-métrages. Helena est paru fin août 2018 chez le même éditeur.

Le résumé de l’éditeur : Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, 17 ans, il ne parvient pas à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena…

Mon avis : 732 pages que j’aurais pu dévorer d’une traite si j’en avais eu le temps tellement ce thriller est prenant. Il démarre très fort avec les 5 premières pages, puis il faut attendre un peu plus d’une centaine de pages plus calme, le temps de la mise en place des personnages, leur vie, leur environnement dans l’Amérique profonde. Malgré ce calme apparent le lecteur est dès le départ plongé dans une atmosphère trouble et avancer coûte que coûte dans la lecture est une évidence. Fan de Stephen King, j’y ai retrouvé avec délectation cette atmosphère particulière. Le thème principal est jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Le hasard va faire que les personnages vont se rencontrer et à partir de là tout explose. Les retournements sont surprenants, les victimes deviennent bourreaux, certaines scènes sont très violentes. Wahouuu … Après le drame, si on peut nommer les événements ainsi, le rythme retombe un peu mais l’auteur a créé une telle atmosphère et des personnages tellement instables psychologiquement que le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin. Fin où l’on découvre qui est Helena… Car le titre de chaque chapitre est le prénom de l’un des personnages mais jamais d’Helena… Habile car là encore on se demande tout au long de la lecture mais qui est Helena ? Pourquoi ce titre ?

C’est glauque, c’est morbide mais c’est du grand thriller ! Je le recommande vivement et je suis d’ores et déjà cliente du prochain roman de Jérémy Fel.

Extrait : « Une série de détonations se firent entendre à l’extérieur. Des coups de fusil. Tommy jeta un regard vers l’entrée où l’on voyait, par-delà un espace juste assez large pour qu’il puisse s’y faufiler, les champs de blé déformés par des vaguelettes de chaleur. Il ne bougea plus et tendit l’oreille pour discerner quelque éclat de voix qui trahirait la présence d’étrangers dans les parages. Une fois certain qu’il ne risquait rien, il sortit un couteau de son sac à dos et en caressa la lame avec l’index, ressentant l’envie soudaine, devant tant de netteté, de la lécher pour y laisser l’empreinte de sa salive. Puis, ne parvenant plus à se contenir, il la pressa contre la gorge du chien, qu’il trancha d’un geste sec, le sang qui gicla de la blessure lui éclaboussant les cuisses. Il ne s’était pas attendu à ce qu’il en sorte autant en une seule fois, comme s’il avait été concentré dans la partie supérieure de l’animal. Tommy retira son T-shirt à l’effigie des Royals et le balança un peu plus loin, près de son jean et de ses baskets brunies par la terre. Il était maintenant entièrement nu. C’était ainsi qu’il se sentait le plus à l’aise pour mutiler la chair, et sa mère ne le laisserait plus jamais en paix si elle découvrait des taches de sang sur ses vêtements ».